{"80618":{"id":"80618","parent":"79903","time":"1369335365","url":"http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=9736","category":"documentaires","title":"La Syrie et Israël: Un couple mal assorti","lead_image_url":"http://w41k.com/img/","hub":"newsnet","url-explicit":"","admin":"newsnet","views":"407","priority":"2","length":"0","lang":"fr","content":"<p><a href="http://www.tlaxcala-int.org/biographie.asp?ref_aut=104&lg_pp=fr">Santiago Alba Rico</a></p><p><i>Apr&egrave;s le bombardement isra&eacute;lien de la Syrie, toute analyse de la situation doit &ecirc;tre fond&eacute;e sur la mise en avant des deux uniques donn&eacute;es sur lesquelles il est impossible d'avoir des doutes. La premi&egrave;re est que, de tous les acteurs impliqu&eacute;s dans la r&eacute;gion, le plus irresponsable, le plus irrationnel, le plus dangereux, plus m&ecirc;me que le r&eacute;gime syrien ou Al Qa&iuml;da, est certainement Isra&euml;l.</i></p><p>La seconde est que, quel que soit le degr&eacute; de complicit&eacute; et de coordination entre les deux pays et au-del&agrave; de la logique &eacute;troite des int&eacute;r&ecirc;ts usam&eacute;ricains, la responsabilit&eacute; indirecte des USA dans les attaques de la semaine derni&egrave;re est ind&eacute;niable. Que cela contredise ou non la politique &eacute;trang&egrave;re usam&eacute;ricaine dans la r&eacute;gion, les bravades meurtri&egrave;res d'Isra&euml;l continuent &agrave; b&eacute;n&eacute;ficier du soutien public inconditionnel de Washington.</p><p>L'avantage d'Isra&euml;l, en tout cas, c'est qu'il ne triche jamais sur les motifs de ses exactions. Il ne bombarde jamais pour des raisons humanitaires, pour d&eacute;fendre la d&eacute;mocratie ou pour faire progresser l'humanit&eacute;. Il dit toujours la v&eacute;rit&eacute;. Sans avoir &eacute;t&eacute; officiellement assum&eacute;e, la raison des attaques contre la Syrie attribu&eacute;e au gouvernement &eacute;tait l'intention de l'&Eacute;tat d'Isra&euml;l d' emp&ecirc;cher la fourniture de nouvelles armes puissantes au Hezbollah au Liban. Nasrallah [le secr&eacute;taire g&eacute;n&eacute;ral du Hezbollah] en personne, dans son discours du 8 mai, a confirm&eacute; cet objectif, tout en assurant que de telles armes - qui sont toujours parvenues d'Iran via la Syrie -finiront t&ocirc;t ou tard par se retrouver dans les mains du Parti de Dieu.</p><p>En outre, la ti&eacute;deur des r&eacute;actions des puissances interpell&eacute;es par cette op&eacute;ration, y compris la Russie, ne laisse gu&egrave;re de doutes, si ce n'est sur les intentions isra&eacute;liennes, sur la volont&eacute; de riposte de la Syrie et de ses alli&eacute;s, qui auraient bien re&ccedil;u le &quot;message secret&quot; envoy&eacute; par Netanyahou &agrave; Bachar Al Assad visant &agrave; rassurer l '&laquo;axe chiite&raquo; sur la port&eacute;e des op&eacute;rations. Une promesse de &laquo;riposte imm&eacute;diate&raquo; pour la prochaine fois - et y en a tant -et l'appel au djihad pour la lib&eacute;ration des Hauteurs du Golan semble &ecirc;tre une r&eacute;action de profil tr&egrave;s bas, pour ne pas dire de vierge effarouch&eacute;e, de la part de celui qui se pr&eacute;tend champion de la &quot; r&eacute;sistance &quot;.</p><img src="http://w41k.com//img/newsnet_80618_2d386c.jpg" /><p><b>Assad &eacute;poussetant le &quot;droit de riposte&quot;</b></p><img src="http://w41k.com//img/newsnet_80618_3a0bf5.jpg" /><p><b>La &quot;riposte&quot; d'Assad &agrave; l'attaque isra&eacute;lienne&nbsp;: des mots</b></p><p><b>Isra&euml;l prudent avec la Syrie</b></p><p>Isra&euml;l, en effet, s'est montr&eacute; d&egrave;s le d&eacute;but tr&egrave;s prudent avec la Syrie. Inquiet face aux secousses populaires dans la r&eacute;gion, il sait tr&egrave;s bien que toute alternative &agrave; la dynastie Assad menace le statu quo rassurant des derni&egrave;res d&eacute;cennies. Ce ne sont pas des trotskystes cingl&eacute;s ou des rebelles suspects qui l'affirment. &Eacute;phra&iuml;m Hal&eacute;vy, ancien directeur du Mossad et du Conseil national de s&eacute;curit&eacute; isra&eacute;lien, l'a exprim&eacute; tout naturellement dans un article r&eacute;cent au titre d&eacute;j&agrave; tr&egrave;s &eacute;loquent&nbsp;: &laquo;L'homme d'Isra&euml;l &agrave; Damas.&quot;</p><p>Cet homme est Bachar Al Assad, le meilleur ennemi possible, avec qui les n&eacute;gociations sur le Golan pouvaient &ecirc;tre renvoy&eacute;es aux calendes grecques et qui assurait la s&eacute;curit&eacute; des fronti&egrave;res. Des deux menaces les plus redout&eacute;es par Isra&euml;l apr&egrave;s le d&eacute;but de la r&eacute;volution en Syrie, la plus dangereuse semble d&eacute;sormais malheureusement conjur&eacute;e&nbsp;: une d&eacute;mocratie souveraine. Au fur et &agrave; mesure que celle-ci a &eacute;t&eacute; jugul&eacute;e, l'autre, en revanche, se fait toujours plus pr&eacute;sente: celle des deux jihadismes -sunnite et chiite - que seul unit leur rejet visc&eacute;ral de &laquo;l'entit&eacute; sioniste&raquo;. Isra&euml;l a tr&egrave;s peur de ce chaos effervescent d'armes incontr&ocirc;l&eacute;es et de forces ennemies.</p><p>Tout semble en effet indiquer que ses attaques, plut&ocirc;t que de chercher &agrave; intervenir dans la guerre civile syrienne, se sont limit&eacute;es &agrave; profiter de l'occasion, sachant qu'il n'y aurait pas de riposte (ou alors une riposte qui ouvrirait le jeu vers la pi&egrave;ce la plus convoit&eacute;e: le programme nucl&eacute;aire iranien).</p><p>Mais il est &eacute;vident - et sans nul doute cela entrait dans ses calculs - que ces attaques ont des cons&eacute;quences sur le fragile &eacute;chiquier g&eacute;ostrat&eacute;gique de la r&eacute;gion&nbsp;:<br /> - L'accord entre la Russie et les USA pour tenir &agrave; la fin du mois de mai une conf&eacute;rence sur la Syrie qui ressuscite la D&eacute;claration de Gen&egrave;ve afin d'engager ensuite des n&eacute;gociations entre le r&eacute;gime et l'opposition sans conditions pr&eacute;alables. C'est sans doute une grande victoire russe sur les USA, qu'Abdelbari Atwan, l'&eacute;ditorialiste d'Al Qods Al Arabi, qualifie ainsi&nbsp;: &laquo;Des lignes rouges au drapeau blanc.&quot;</p><p>- L'annonce d'une nouvelle livraison de missiles S-300 &agrave; Bachar Al Assad par la Russie, qui maintenant, apr&egrave;s l'attaque isra&eacute;lienne, peut all&eacute;guer des &quot;besoins de d&eacute;fense a&eacute;rienne&quot;.</p><p>- Un certain accord tacite entre tous les acteurs ext&eacute;rieurs que l'ennemi commun est le Front Nousra &laquo;associ&eacute;&raquo; &agrave; Al Qa&iuml;da.</p><p>- Le renforcement &eacute;vident et paradoxal du r&eacute;gime syrien, qui a vu augmenter sa l&eacute;gitimit&eacute; et se sent maintenant beaucoup plus s&ucirc;r. La dictature syrienne, &quot; qui s'incline devant l'ennemi et s'enhardit contre son peuple&quot;, pour citer Elias Khoury, a re&ccedil;u une tape rassurante de son ennemi isra&eacute;lien. Les bombardements isra&eacute;liens font oublier les bombardements ininterrompus du r&eacute;gime sur sa propre population.</p><p>- Les difficult&eacute;s, en revanche, de l'opposition arm&eacute;e et politique. Les d&eacute;clarations fermes de l'Arm&eacute;e syrienne libre, de la gauche anti-r&eacute;gime ou de la Coordonnation pour le changement n'a pas emp&ecirc;ch&eacute; la criminalisation des opposants comme des &laquo;complices&raquo; de l'agression. Une partie du camp anti-imp&eacute;rialiste arabe et europ&eacute;en a contribu&eacute; &agrave; cette criminalisation, aggravant une division qui ne convient qu'&agrave; l'&Eacute;tat d'Isra&euml;l.</p><p>Dans un contexte si volatile, travers&eacute;e par tant d'int&eacute;r&ecirc;ts sordides et peupl&eacute; par tant de fous et d'assassins, on ne peut rien exclure. Mais il ne semble pas qu'Isra&euml;l, au moins directement, jouera un r&ocirc;le important - sauf &agrave; titre de b&eacute;n&eacute;ficiaire passif &ndash; dans l'agonie syrienne, dont la douloureuse complexit&eacute; ne doit pas nous faire oublier, cependant, les milliers d'hommes et de femmes tortur&eacute;s et assassin&eacute;s pour avoir aspir&eacute; &agrave; la dignit&eacute;, &agrave; la justice et &agrave; la d&eacute;mocratie.</p><p><b>La tuerie de Banyas</b></p><p>Les attaques isra&eacute;liennes ont &eacute;clips&eacute; les massacres de la ville de Banyas, o&ugrave;, le 4 mai, des familles enti&egrave;res, y compris de nombreux enfants, ont &eacute;t&eacute; sauvagement assassin&eacute;es par les forces fid&egrave;les au r&eacute;gime, dans ce qui semble avoir &eacute;t&eacute; une op&eacute;ration pr&eacute;m&eacute;dit&eacute;e de &quot;nettoyage ethnique&quot; visant &agrave; d&eacute;placer des Sunnites loin de la bande c&ocirc;ti&egrave;re et &agrave; alimenter la dimension &laquo;sectaire&raquo; du conflit.</p><p>Il est terrible de lire l'article d'<i>Al Hayat</i> dans lequel Wael Suyah rapporte avec douleur certains des commentaires &agrave; l'appui de ces tueries&nbsp;: &quot;Il vaut mieux les tuer quand ils sont petits que grands parce qu'en grandissant, ils seront terroristes comme leurs parents&quot;. Ce climat d'acharnement &quot;sectaire&quot; rend toujours plus difficile un r&egrave;glement n&eacute;goci&eacute; et, bien s&ucirc;r, le succ&egrave;s de la r&eacute;volution originale, incrust&eacute;e et devenue presque clandestine dans la violence arm&eacute;e.</p><p>Les fameuses &laquo;lignes rouges&raquo; &eacute;dict&eacute;es par Obama et destin&eacute;e plut&ocirc;t &agrave; donner carte blanche aux bombardements et aux tueries sont redevenues actuelles &agrave; la suite des d&eacute;clarations de Carla del Ponte, membre de la commission de l'ONU charg&eacute;e de l'enqu&ecirc;te, selon lesquelles il y aurait des preuves de leur utilisation par les &laquo;rebelles&raquo;. Carla del Ponte, pr&eacute;sidente controvers&eacute;e du Tribunal de La Haye pour l'ex-Yougoslavie, a &eacute;t&eacute; d&eacute;mentie par la commission elle-m&ecirc;me, qui affirme n'avoir trouv&eacute; aucune preuve incriminant contre aucun des camps. Ce message semble bien s'ajuster &agrave; la strat&eacute;gie usam&eacute;ricaine consistant &agrave; combiner les d&eacute;clarations rh&eacute;toriques avec le &quot; respect du droit international&quot;, qui ne lui permettrait pas de faire ce que les USA ne veulent vraiment pas faire: intervenir.</p><img src="http://w41k.com//img/newsnet_80618_a48277.jpg" /><p><b>Assad&nbsp;:&quot;Je me r&eacute;serve le droit de riposter&quot;</b></p><img src="http://w41k.com//img/newsnet_80618_4c55ae.jpg" /><p><b>Assad brandit d'une part une pancarte &quot;r&eacute;sistance&quot; et baise la main isra&eacute;lienne de l'autre</b></p><img src="http://w41k.com//img/newsnet_80618_97f9d8.jpg" /><p><b>Normal 0 21 false false false FR X-NONE AR-SA MicrosoftInternetExplorer4</b></p><p><b>Assad &eacute;crivant &quot;Mort &agrave; Isra&euml;l&quot; assis sur un tas de cadavres syriens</b></p><p><a href="http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=9736">tlaxcala-int.org</a></p>"}}