{"135138":{"id":"135138","parent":"134772","time":"1510778300","url":"http:\/\/www.legrandsoir.info\/ce-n-est-pas-la-premiere-fois-que-l-arabie-saoudite-menace-la-stabilite-du-liban-the-independent.html","category":"documentaires","title":"Ce n'est pas la premi\u00e8re fois que l'Arabie Saoudite menace la stabilit\u00e9 du Liban (The Independent)","lead_image_url":"http:\/\/w41k.com\/img\/newsnet_135138_4a485d.png","hub":"newsnet","url-explicit":"","admin":"newsnet","views":"606","priority":"2","length":"11040","lang":"fr","content":"\u003Cimg style=\" width:350px;\" src=\"http:\/\/w41k.com\/\/img\/newsnet_135138_4a485d.png\" \/\u003E\u003Cp\u003ERobert FISK\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ESaad Hariri a d\u00e9clar\u00e9 qu'\u00e0 son retour au Liban, il confirmerait sa \"d\u00e9mission\" conform\u00e9ment \u00e0 la constitution du pays. Mais comment diable a-t-il pu croire qu'il pouvait \"choquer\" le Liban en d\u00e9missionnant dans la capitale saoudienne de Riyad ?\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EUne \u00e9trange et tr\u00e8s encadr\u00e9e \"interview\" sur sa cha\u00eene de t\u00e9l\u00e9vision personnelle par le Premier Ministre libanais Saad Hariri a \u00e9t\u00e9 faite sous la contrainte saoudienne \u00e0 Riyadh. L'\"interview\", dans laquelle Hariri - qui pr\u00e9tendait avoir d\u00e9missionn\u00e9 la semaine derni\u00e8re et qui, le dimanche, d\u00e9clarait qu'il jouissait d'une \"libert\u00e9 totale\" en Arabie saoudite, mais souhaitait \"s'occuper \u00e9galement de sa famille\" - a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e apr\u00e8s que les Saoudiens ont refus\u00e9 d'inviter une \u00e9quipe de \u003Ci\u003EFuture TV\u003C\/i\u003E bas\u00e9e \u00e0 Beyrouth en Arabie saoudite et ont insist\u00e9 pour que leur propre personnel de t\u00e9l\u00e9vision le filme.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAinsi, lorsqu'il a \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9 par la populaire pr\u00e9sentatrice libanaise Paula Yakoubian en pr\u00e9sence du futur directeur libanais de l'information, Nadim Koteich, \u00e0 Riyad, les Saoudiens \u00e9taient en mesure de l'interrompre ou de modifier les paroles de Hariri s'il s'\u00e9loignait de ce qui \u00e9tait tr\u00e8s probablement un script approuv\u00e9. Car l'\"interview\" elle-m\u00eame refl\u00e9tait non pas les points de vue que Hariri a constamment rendus publics chez lui au Liban, mais ceux du gouvernement saoudien sous la direction effective du de plus en plus aberrant prince h\u00e9ritier Mohamed bin Salman.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EHariri, qui est apparu souriant \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision (il sourit toujours lorsqu'il est interview\u00e9) a d\u00e9clar\u00e9 qu'il avait \u00e9crit son propre discours de d\u00e9mission il y a plus d'une semaine - bien qu'aucun parti politique libanais ne le croit - et qu'il reviendrait au Liban \"tr\u00e8s bient\u00f4t\" (dans quelques jours, a-t-il affirm\u00e9) en ajoutant la remarque extr\u00eamement \u00e9trange que \"je voulais provoquer un choc positif [sic] chez le peuple libanais afin qu'il sache \u00e0 quel point la situation est dangereuse\". Mais comment diable a-t-il pu croire qu'il pouvait \"choquer\" le Liban en d\u00e9missionnant dans la capitale saoudienne de Riyad ?\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECela pourrait-il tout ceci a quelque chose \u00e0 voir avec l'\u00e9tat des finances - ou presque - de sa soci\u00e9t\u00e9 Saudi Oger, qui est cens\u00e9e \u00eatre redevable de 9 milliards de dollars \u00e0 l'\u00c9tat saoudien et dont les propres employ\u00e9s en Arabie saoudite (y compris de nombreux citoyens fran\u00e7ais) tentent maintenant de le poursuivre pour des mois de salaire impay\u00e9s ? Fait inqui\u00e9tant, les responsables libanais ont re\u00e7u des copies de documents gouvernementaux apparemment saoudiens montrant que Hariri, qui d\u00e9tient \u00e9galement la nationalit\u00e9 saoudienne, devrait compara\u00eetre devant un tribunal de Riyad pour r\u00e9pondre aux travailleurs impay\u00e9s d'Oger. Il est cit\u00e9 dans les documents judiciaires saoudiens sous le nom de Saadedin Rafiq al-Hariri - Rafiq, bien s\u00fbr, \u00e9tait le pr\u00e9nom de son p\u00e8re, ex-premier ministre assassin\u00e9 - o\u00f9 figure son num\u00e9ro d'identification saoudien.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPourtant, la date de comparution de Hariri devant la cour est donn\u00e9e dans les journaux comme le 24\/2\/1438 dans le calendrier islamique, ce qui correspond au 25 novembre 2016, il y a presque exactement un an. Les documents judiciaires en Arabie saoudite peuvent \u00eatre retard\u00e9s ind\u00e9finiment - mais ils peuvent ensuite ressortir. Cette comparution \u00e0 Riyad est donc d\u00e9j\u00e0 suspendue au dessus de la t\u00eate de Hariri depuis un an. Fait inqui\u00e9tant, le m\u00eame tribunal avait demand\u00e9 la comparution deux jours plus t\u00f4t (le 23 novembre) d'Al-Waleed bin Talal, l'un des plus riches des prisonniers princiers d\u00e9j\u00e0 d\u00e9tenus pour \"corruption\". Comme Saad Hariri, al-Talal est \u00e9galement d'origine libanaise. Plus inqui\u00e9tant encore, l'h\u00f4tel Riyadh Ritz, dans lequel se trouvent un grand nombre des 200 personnes arr\u00eat\u00e9es - princes, ex-ministres et hommes d'affaires - pour des enqu\u00eates sur la corruption, est presque d\u00e9bord\u00e9 et le gouvernement saoudien aurait r\u00e9serv\u00e9 d'autres chambres \u00e0 l'h\u00f4tel Riyad Marriott. En d'autres termes, il faut s'attendre \u00e0 d'autres arrestations, dont sans doute certains ennemis politiques du prince h\u00e9ritier.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EMais d'autres pi\u00e8ges se dressent au coin de la rue. Le Patriarche catholique libanais, Bechara Rai, part en visite officielle d'une journ\u00e9e \u00e0 Riyad aujourd'hui (lundi) et on lui a dit qu'il pouvait rencontrer Hariri. Le Pr\u00e9sident Michel Aoun a toutefois rencontr\u00e9 Rai dimanche dernier pendant deux heures pour lui dire qu'il craignait que les Saoudiens ne lui remettent une lettre de d\u00e9mission sign\u00e9e par Hariri et lui disent de la ramener \u00e0 Beyrouth - pour que la d\u00e9mission de Hariri devienne \"officielle\". Aoun a dit \u00e0 Rai qu'il ne pourrait pas accepter la lettre s'il l'apportait - mais on ne sait toujours pas si Rai l'accepterait ou non. La visite d'un eccl\u00e9siastique chr\u00e9tien libanais d'un tel rang est sans pr\u00e9c\u00e9dent. Lequel des personnages de Rai gagnera : l'eccl\u00e9siastique ou le politicien extr\u00eamement rus\u00e9 qu'il est aussi ?\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAlors que le \"retour\" de Hariri est d\u00e9battu, les autorit\u00e9s libanaises sont extr\u00eamement troubl\u00e9es par le fait que le Prince h\u00e9ritier non seulement renverra \u00e0 Beyrouth tous les expatri\u00e9s libanais travaillant dans le Royaume - ils sont bien plus de 200 000 - mais retirera tous les investissements saoudiens du Liban. Plus inqui\u00e9tant encore est une menace - que le gouvernement de Beyrouth est enclin \u00e0 croire - selon laquelle les Saoudiens tenteront de faire suspendre le Liban de la Ligue arabe. Ce qui d\u00e9plaira aux \u00c9gyptiens, aux Jordaniens et aux Irakiens. Mais c'est au Moyen-Orient que le vieil adage est le plus vrai : celui qui paie les violons choisit la musique. Et nous savons tous qui paie les violons dans cette partie du monde.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEt il est int\u00e9ressant de noter l'immense puissance \u00e9conomique saoudienne au Liban. Les autorit\u00e9s de Beyrouth ont calcul\u00e9 que les r\u00e9serves de p\u00e9trole en M\u00e9diterran\u00e9e qui appartiennent au Liban valent au moins 600 milliards de dollars US et que les Saoudiens pourraient bien vouloir une part. Et malgr\u00e9 la promesse de l'Iran de soutenir \u00e9conomiquement le Liban, les chiffres sugg\u00e8rent que ce sera impossible. Chaque ann\u00e9e, les 1 200 Libanais r\u00e9sidant en Iran renvoient 300 000 $ au Liban. Le Libanais en Arabie Saoudite renvoie 4,5 milliards de dollars. Les expatri\u00e9s libanais d'Arabie saoudite ont d\u00e9pens\u00e9 70 milliards de dollars au Liban au cours des 25 derni\u00e8res ann\u00e9es. Les exportations libanaises vers l'Iran ne valent actuellement que 3 millions de dollars. Pour l'Arabie saoudite, elles repr\u00e9sentent 378 millions de dollars par an, dont une grande partie des produits agricoles. Les compromis dont parlait Hariri concernaient-ils une tentative de sauvetage de l'\u00e9conomie libanaise si le Hezbollah refuse de se soumettre ?\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPourtant, le pays du Golfe immens\u00e9ment riche que les Saoudiens essaient d\u00e9j\u00e0 de d\u00e9truire, le Qatar, pourrait venir \u00e0 la rescousse. Le Qatar vient d'annoncer discr\u00e8tement que les Libanais n'auront plus besoin de visas pour entrer dans l'\u00e9mirat et pourront simplement pr\u00e9senter leur passeport pour obtenir un timbre d'entr\u00e9e \u00e0 l'a\u00e9roport de Doha. Cette d\u00e9cision extraordinaire s'est accompagn\u00e9e de quelques suggestions discr\u00e8tes des Qataris selon lesquelles, si les Saoudiens retirent leur argent de Beyrouth, le Qatar comblera la diff\u00e9rence avec ses propres fonds - et ainsi d\u00e9piter l'Arabie saoudite.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EIl faut aussi se rappeler qu' \u00e0 ce stade, le but de cette attaque contre l'int\u00e9grit\u00e9 souveraine du Liban est de provoquer la chute du gouvernement, de nouvelles \u00e9lections et l'expulsion des ministres chiites du Hezbollah membres du gouvernement, brisant ainsi le pouvoir de l'Iran au Liban. Il semble que ce soit l\u00e0 le v\u00e9ritable objectif du prince h\u00e9ritier. Dans son \"entretien\" de dimanche soir, Hariri a appel\u00e9 le Hezbollah au compromis \u00e0 son retour \u00e0 Beyrouth s'il devait retirer sa d\u00e9mission, sugg\u00e9rant pour la premi\u00e8re fois qu'il pourrait invalider cette fameuse lettre de d\u00e9mission. Mais de quel type de \"compromis\" parlait-il ? Mais le Hezbollah, qui est en effet financ\u00e9 par le gouvernement iranien, ne va pas d\u00e9sarmer ou se retirer du gouvernement libanais - un acte qui ferait effectivement tomber le gouvernement \u00e0 Beyrouth.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab Ma vie ne signifie rien pour moi \u00bb, a dit Hariri aux Libanais dimanche soir. \u00ab Mon souci est l'unit\u00e9 du pays. \u00bb Peut-\u00eatre bien.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EAlors pourquoi ne pas prendre le premier avion pour Beyrouth ? Tout cela - au royaume de l'ironie politique - a provoqu\u00e9 beaucoup d'amusement chez les Libanais qui se sont envoy\u00e9s la page cinq du d\u00e9funt journal \u003Ci\u003EHadaf\u003C\/i\u003E de Beyrouth (qui signifie \"but\" ou \"cible\"), dont l'\u00e9dition du 28 f\u00e9vrier 1967 titrait : \u00ab La menace saoudienne contre le Liban provoque diverses r\u00e9actions \u00bb. La \"menace\" incluait l'expulsion des travailleurs libanais d'Arabie Saoudite et le retrait des fonds saoudiens de Beyrouth - exactement les m\u00eames mesures auxquelles le gouvernement libanais craint aujourd'hui de faire face. \u00c0 l'\u00e9poque, les Saoudiens tentaient de dissuader les Libanais de soutenir l'ennemi nationaliste \u00e9gyptien de l'Arabie saoudite sunnite, Gamal Abdul Nasser, tout comme aujourd'hui, ils tentent de les persuader d'abandonner le Hezbollah et l'Iran. H\u00e9las, les Libanais, y compris les sunnites, ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 Nasser. Le journal \u003Ci\u003EHadaf\u003C\/i\u003E a d\u00e9clar\u00e9 que certains Libanais soutenaient la \"mod\u00e9ration\", d'autres la \"neutralit\u00e9\" - la politique m\u00eame que le gouvernement de Beyrouth a essay\u00e9 de suivre dans la crise actuelle.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEt il y a une derni\u00e8re ironie historique dans cette dangereuse farce moderne, red\u00e9couverte par Nicholas Noe, un de mes coll\u00e8gues am\u00e9ricains qui \u00e9crit pour \u003Ca href=\"https:\/\/www.mideastwire.com\/page\/index.php\"\u003EMideastwire.com\u003C\/a\u003E. Il y a exactement 74 ans, la semaine derni\u00e8re, il s'est av\u00e9r\u00e9 que les autorit\u00e9s fran\u00e7aises libres, sous Charles de Gaulle, avaient enlev\u00e9 Riyad al-Solh, l'homme d'\u00c9tat qui allait devenir le premier Premier ministre du Liban - dans une tentative d'emp\u00eacher l'ind\u00e9pendance du Liban. Encore plus piquant est le fait qu'al-Solh \u00e9tait le grand-p\u00e8re du beau-p\u00e8re d'Al-Waleed bin Talal, le riche prince saoudien qui a \u00e9t\u00e9 assign\u00e9 \u00e0 r\u00e9sidence par le prince h\u00e9ritier Mohamed bin Salman. Peut-\u00eatre que les Fran\u00e7ais - dont le premier ministre Emmanuel Macron essaie actuellement de persuader le prince h\u00e9ritier de renvoyer Hariri \u00e0 Beyrouth - ont plus en commun avec les Saoudiens que nous (ou eux) ne l'avions cru.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003ERobert Fisk\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ci\u003ETraduction \"il est rare qu'un Saoudien me fasse rire\" par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles\u003C\/i\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"http:\/\/www.independent.co.uk\/voices\/lebanon-saad-hariri-saudi-arabia-crown-prince-mohamed-bin-salman-lebanese-government-a8052246.html\"\u003Eindependent.co.uk\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"http:\/\/www.legrandsoir.info\/ce-n-est-pas-la-premiere-fois-que-l-arabie-saoudite-menace-la-stabilite-du-liban-the-independent.html\"\u003Elegrandsoir.info\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E"}}