{"134989":{"id":"134989","parent":"134772","time":"1510423935","url":"http:\/\/arretsurinfo.ch\/arabie-saoudite-et-israel-une-conjonction-dinterets\/","category":"documentaires","title":"Arabie saoudite et Isra\u00ebl - Une conjonction d'int\u00e9r\u00eats","lead_image_url":"http:\/\/w41k.com\/img\/","hub":"newsnet","url-explicit":"","admin":"newsnet","views":"637","priority":"3","length":"7379","lang":"fr","content":"\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EAlors que le ton monte entre Riyad et T\u00e9h\u00e9ran, la conjonction d'int\u00e9r\u00eats entre l'\u00c9tat h\u00e9breu et le royaume wahhabite se confirme.\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPar \u003Ca href=\"https:\/\/www.lorientlejour.com\/author\/6206-Philippe-PERNOT\"\u003EPhilippe PERNOT\u003C\/a\u003E | 10\/11\/2017\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u00ab Lorsque les Isra\u00e9liens et les Arabes sont d'accord sur une chose, il faut que le monde soit attentif \u00bb, d\u00e9clarait Benjamin Netanyahu, Premier ministre isra\u00e9lien, le 5 novembre. Prononc\u00e9e dans le cadre des d\u00e9bats suscit\u00e9s par le centenaire de la d\u00e9claration Balfour, cette phrase traduit un changement g\u00e9opolitique majeur dans la r\u00e9gion.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EC'est l'une des premi\u00e8res fois, dans l'histoire, qu'un dirigeant isra\u00e9lien vante une pr\u00e9tendue \u00ab alliance \u00bb avec des pays du Golfe, comme l'Arabie saoudite. La cause de ce rapprochement n'est pas nouvelle : car c'est bien l'Iran chiite, ennemi \u00e0 la fois de l'\u00c9tat h\u00e9breu et du royaume sunnite, qui en est la cible.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa d\u00e9mission surprise, annonc\u00e9e samedi dernier depuis Riyad, du Premier ministre libanais Saad Hariri a \u00e9t\u00e9 comme un d\u00e9tonateur de plus dans ce conflit, entra\u00eenant une dangereuse escalade verbale entre les deux puissances r\u00e9gionales. M. Netanyahu, alli\u00e9 fortuit voire potentiel du prince h\u00e9ritier Mohammad ben Salmane (MBS) dans ce bras de fer, ne peut que profiter du conflit entre T\u00e9h\u00e9ran et Riyad.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ECe d\u00e9gel officieux entre Isra\u00ebl et l'Arabie saoudite n'est pas nouveau. Car si les deux pays n'ont pas d'ambassades ou de liens diplomatiques, ils partagent une (courte) histoire de coop\u00e9rations secr\u00e8tes autour de dossiers pr\u00e9cis.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'Arabie saoudite a souvent tenu une position ambivalente quant au conflit isra\u00e9lo-palestinien : elle n'a jamais particip\u00e9 aux guerres arabes contre Isra\u00ebl, tout en soutenant la cause palestinienne. Riyad a longtemps \u00e9t\u00e9 l'un des principaux soutiens de l'OLP et par la suite de l'Autorit\u00e9 palestinienne, et a souvent critiqu\u00e9 les interventions militaires isra\u00e9liennes \u00e0 Gaza. Toutefois, les ann\u00e9es 1990-2000 ont vu un changement de paradigme, surtout apr\u00e8s l'arriv\u00e9e au pouvoir d'Abdallah ben Abdelaziz al-Saoud. Menant une politique de r\u00e9formes mod\u00e9r\u00e9es, il \u00e9tablit des liens officieux avec Isra\u00ebl.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EEn 2002, Abdallah, alors prince h\u00e9ritier et homme fort du royaume, propose une \u00ab initiative de paix arabe \u00bb, adopt\u00e9e lors du sommet arabe de Beyrouth, et qui est toujours de mise. Ce texte, qui pr\u00e9voit la reconnaissance de l'\u00c9tat h\u00e9breu par les Arabes en \u00e9change du retour aux fronti\u00e8res de 1967, aurait permis un d\u00e9but de normalisation des relations, si Isra\u00ebl avait accept\u00e9 le plan.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EUne d\u00e9cennie plus tard, Riyad aurait donn\u00e9 son feu vert tacite \u00e0 l'op\u00e9ration Bordure protectrice de l'\u00e9t\u00e9 2014 \u00e0 Gaza contre le Hamas. Il a m\u00eame \u00e9t\u00e9 accus\u00e9 de financer une partie de l'armement isra\u00e9lien. Selon David Hearst, journaliste au Guardian, le Mossad et les services secrets saoudiens se seraient souvent rencontr\u00e9s afin de coop\u00e9rer autour de la destitution des Fr\u00e8res musulmans en \u00c9gypte un peu auparavant.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EQuoi qu'il en soit, les signes d'une coop\u00e9ration entre les deux pays se sont multipli\u00e9s depuis que MBS est devenu l'homme fort du royaume. L'ancien g\u00e9n\u00e9ral saoudien Anwar Eshki aurait rendu visite \u00e0 l'ex-ambassadeur Dore Gold, proche de Benjamin Netanyahu, \u00e0 plusieurs reprises en 2015 et 2016 \u00e0 J\u00e9rusalem. \u00c0 l'occasion, il aurait rencontr\u00e9 le g\u00e9n\u00e9ral isra\u00e9lien Yoav Mordechai, soulignant la convergence d'int\u00e9r\u00eats strat\u00e9giques entre Isra\u00ebl et le royaume wahhabite. Et en mai dernier, l'Arabie saoudite proposait une normalisation des relations avec Isra\u00ebl en \u00e9change d'avanc\u00e9es sur le dossier palestinien.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Cb\u003EPousser l'Iran \u00e0 la faute\u003C\/b\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EL'escalade des tensions entre l'Arabie saoudite et l'Iran a grandement favoris\u00e9 ce rapprochement en coulisse. Les deux puissances r\u00e9gionales s'accusent mutuellement de nourrir le terrorisme et de d\u00e9stabiliser la r\u00e9gion, et se livrent une guerre par procuration en Syrie, au Y\u00e9men et au Liban. \u00c0 chaque fois que les tensions s'accroissent, l'alliance tacite se renforce davantage.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EFace \u00e0 l'Iran, une coop\u00e9ration est tout \u00e0 fait plausible, selon Olivier da Lage, journaliste et professeur \u00e0 l'Institut de relations internationales et strat\u00e9giques \u00e0 Paris : \u00ab Isra\u00ebl et l'Arabie saoudite coordonnent leurs strat\u00e9gies afin de plonger l'Iran et ses alli\u00e9s dans le pi\u00e8ge de l'escalade. La d\u00e9mission de Hariri, accompagn\u00e9e d'une violente rh\u00e9torique anti-Iran, en fait partie. L'Arabie saoudite cherche \u00e0 pousser l'Iran \u00e0 la faute. En provoquant T\u00e9h\u00e9ran, les Saoudiens esp\u00e8rent le rendre responsable d'une r\u00e9action d\u00e9mesur\u00e9e qui justifierait une intervention militaire ou un isolement diplomatique. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa publication, lundi, d'un c\u00e2ble diplomatique par la cha\u00eene isra\u00e9lienne Channel 10 semblerait mettre en \u00e9vidence cette coordination. Le minist\u00e8re isra\u00e9lien des Affaires \u00e9trang\u00e8res aurait demand\u00e9 \u00e0 ses ambassadeurs de \u00ab d\u00e9marcher les pays h\u00f4tes afin de souligner le danger que posent l'Iran et le Hezbollah au Liban \u00bb et \u00e0 \u00ab faire du lobbying pour l'Arabie saoudite \u00bb.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ELa nature d'une telle coop\u00e9ration reste floue, mais l'ancien ambassadeur am\u00e9ricain en Isra\u00ebl Daniel B. Shapiro a \u00e9crit mardi dernier, dans un article paru dans le quotidien isra\u00e9lien Haaretz, que l'Arabie saoudite cherche \u00e0 provoquer une guerre au Liban : \u00ab Les dirigeants isra\u00e9liens pr\u00e9parent la prochaine guerre contre le Hezbollah depuis 2006. Le renforcement de l'influence iranienne en Syrie et au Liban indique qu'elle sera men\u00e9e pour diminuer la menace iranienne aux fronti\u00e8res isra\u00e9liennes. Isra\u00ebl et l'Arabie saoudite sont pleinement align\u00e9s \u00e0 ce sujet, et les Saoudiens veulent profiter de la volont\u00e9 isra\u00e9lienne de cibler les troupes pro-iraniennes. \u00bb \u00c9tant donn\u00e9 qu'il serait exclu que l'Arabie saoudite frappe directement le Hezbollah au Liban, c'est l'\u00c9tat h\u00e9breu qui pourrait se charger de le faire.\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003EPlus nuanc\u00e9, Ali Nejad, associ\u00e9 \u00e0 l'\u00e9cole Kennedy de l'Universit\u00e9 de Harvard, juge une guerre improbable. \u00ab \u00c0 la fois le Hezbollah et Isra\u00ebl ont, depuis la derni\u00e8re guerre de 2006, perfectionn\u00e9 leurs armements, rendant une confrontation militaire bien plus co\u00fbteuse. Isra\u00ebl, ayant tir\u00e9 les le\u00e7ons de sa d\u00e9faite en 2006, n'agira pas de mani\u00e8re pr\u00e9matur\u00e9e, m\u00eame si l'Arabie saoudite le lui demandait. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003ESi une alliance militaire isra\u00e9lo-saoudienne contre l'Iran n'est donc pas imminente, nul doute que les relations entre les deux pays sont tonifi\u00e9es par la crise. Mais une prise de contacts officielle reste improbable, du fait de l'impopularit\u00e9 d'Isra\u00ebl parmi la population saoudienne. Olivier da Lage r\u00e9sume : \u00ab La volont\u00e9 am\u00e9ricaine, v\u00e9hicul\u00e9e par les pr\u00e9sidents Bush et Trump, de voir une alliance na\u00eetre entre ses deux meilleurs alli\u00e9s au Moyen-Orient reste un r\u00eave \u00e9veill\u00e9. Ce n'est pas demain que le drapeau isra\u00e9lien flottera \u00e0 Riyad. \u00bb\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"https:\/\/www.lorientlejour.com\/author\/6206-Philippe-PERNOT\"\u003EPhilippe PERNOT\u003C\/a\u003E | 10\/11\/2017\u003Cbr \/\u003E\nTitre original : Arabie saoudite et Isra\u00ebl : l'ennemi de mon ennemi est-il mon ami ?\u003Cbr \/\u003E\nSource: \u003Ca href=\"https:\/\/www.lorientlejour.com\/article\/1083211\/arabie-saoudite-et-israel-lennemi-de-mon-ennemi-est-il-mon-ami-.html\"\u003EOLJ\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E\u003Cp\u003E\u003Ca href=\"http:\/\/arretsurinfo.ch\/arabie-saoudite-et-israel-une-conjonction-dinterets\/\"\u003Earretsurinfo.ch\u003C\/a\u003E\u003C\/p\u003E"}}