Drogues : une menace pour la sécurité internationale extraits de Delovoï vtornik *
< 100728:1827 Une 4 min socio13 rss
Selon les derniers chiffres de l'ONU qui datent de décembre 2009, le mot fléau employé par l'hebdomadaire russe est aproprié. La culture du pavot en Afghanistan entretient un marché de l'héroïne et de l'opium représentant 65 milliards de dollars par an. Avec 92 % de l'opium produit dans le monde, le pays alimente un marché finançant insurgés et groupes criminels, notamment en Asie centrale, en Russie et dans les Balkans, selon le rapport. Consommée par 15 millions de toxicomanes, cette drogue fait quelque 100 000 morts par an et accentue la progression du virus du sida,selon un rapport des Nations unies rendu public mercredi 21 octobre 2009.Moins de deux pour cent de l'opium et de l'héroïne est saisi par les autorités avant de quitter l'Afghanistan. 40 % de l'héroïne sont écoulés via le Pakistan, 30 % via l'Iran et 25 % environ via l'Asie centrale. « La région de la frontière afghano-pakistanaise est devenue la plus grande zone au monde où les trafics s'exercent sans contrôle, pour tout ce qui est illicite - les stupéfiants naturellement, mais aussi les armes, le matériel pour faire des bombes, l'argent de la drogue, mais aussi pour ce qui est du trafic humain et des émigrants », déclare Antonio Maria Costa, directeur exécutif de l'ONUDC (Office des Nations unies contre la drogue et le crime).En Russie des voix ne cessent de s'élever contre la manière dont l'OTAN et les Etats-Unis sont pour le moins « coulant » face au trafic de drogue et le fait qu'il est impossible d'avoir sur ce problème une véritable coopération avec les troupes d'occupation de l'Afghanistan. note de danielle Bleitrach
Drogues : une menace pour la sécurité internationale
Les répercussions du trafic de stupéfiant à l'échelle internationale témoignent de la nécessité pour la communauté internationale de se mobiliser pour lutter contre ce fléau.
Le Département d'Etat américain et le siège de l'OTAN ont une théorie pour protéger les intérêts du simple paysan en Afghanistan qui, en cas de destruction des plantations de pavot, ne pourrait plus nourrir sa famille et, par conséquent, s'en irait chez les talibans. Mais Antonio Costa, Directeur exécutif de l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime, réfute facilement cette théorie : les paysans afghans ne reçoivent pas plus de 5% du prix final du « produit », écrit mardi l'hebdomadaire Delovoï vtornik.
Le vice-premier ministre russe Sergueï Ivanov a rappelé récemment l'expérience soviétique dans la lutte contre la menace de la drogue, lors d'une conférence à Singapour. Il estime que malgré la considération négative de la présence militaire soviétique en Afghanistan, personne ne conteste le fait que le problème de la drogue dans ce pays n'existait pratiquement pas à l'époque. L'explication est simple : malgré la confrontation militaire, le gouvernement de l'Afghanistan, avec le soutien actif de l'URSS, accordait principalement de l'attention aux besoins sociaux et économiques de la population afghane. 142 entreprises crées en Afghanistan par l'URSS restent toujours les piliers de l'économie d'un pays à moitié détruit. Rien d'autre n'a été créé dans les dix dernières années.
Viktor Ivanov, le chef du Service fédéral russe de contrôle des stupéfiants (FSKN), souligne que la Russie reste pratiquement la seule à lutter conte l'héroïne afghane. Au premier semestre 2010, près de 4 000 livraisons en gros d'opiacés et de haschisch en provenance d'Afghanistan ont été interceptées. Mais Viktor Ivanov souligne que la lutte contre le trafic des stupéfiants est inefficace sans suppression de la cause principale : les plantations de pavot à opium en Afghanistan. La mission principale consiste en l'enraiement de la production de stupéfiants dans les champs afghans, de la même manière que les Américains l'ont fait en Colombie.
L'expérience de la lutte contre les stupéfiants dans le cadre de l'ONU a montré que les efforts individuels des pays dans la lutte contre la criminalité internationale liée aux stupéfiants étaient insuffisants. Il est nécessaire de concentrer les activités et de mener des actions conjointes concrètes. Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires Étrangères, estime que la production des opiacés en Afghanistan devrait être reconnue en tant que menace pour la sécurité internationale. Selon le ministre, depuis six ans déjà la Russie tente de trouver un accord pour mettre en place une coopération internationale en temps réel, en vain. De même que lors de la dernière réunion du Conseil OTAN-Russie en juin, aucune solution n'a été trouvée. Moscou a de nouveau entendu des promesses de coopération mais rien de plus. James Appathurai, le porte-parole de l'OTAN, a déclaré que celle-ci désire fortement développer la coopération avec la Russie dans les domaines qui ont de l'importance aussi bien pour l`OTAN que pour la Russie. Dans les faits, rien n'a changé.
* En comptant NTV, Gazprom (le géant du Gaz) Media se compose de 24 entités possédant plus de cent publications régionales et une quinzaine de chaînes de télévision régionales. Ses principaux titres sont le quotidien Troud (le travail), Rabotchnaïa Tribuna (La Tribune du travail), Delovoï Vtornik (Le Mardi des affaires), la revue professionnelle Faktor, la compagnie de ratio-télévision Prométhée (documentaires) la télévision par satellite . Le groupe considéré à la fois comme indépendant et dans le même temps très lié aux cercles du pouvoir du Kremlin.
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