Qui a volé les rêves de Greta?

26-09-2019 reseauinternational.net 7 min #162143

par Robert Bibeau

Le talkshow onusien

Le talkshow onusien sur l'hystérie climatique a pris fin à New York. Mais ce n'est que partie remise puisque les guignols politiques des pays occidentaux poursuivent leur croisade urgentiste populiste. Ils se sont soumis de bonne grâce aux rodomontades de Greta la « pétroleuse ». (1)

Dans sa harangue, Greta s'est attaquée violemment à l'obsession de la croissance économique éternelle (sic), demandant, d'un ton virulent, aux membres de l'assemblée, comment ils avaient osé : « détruire les rêves des jeunes avec leur course à la croissance économique perpétuelle?» (2) Avec la récession économique qui menace et la décroissance du PIB qui frappe, les opportunistes politiques en conviennent: « il faut mettre fin à la croissance! » (sic).

Voilà qu'une gamine est allée ennoblir la faillite de leur système à nourrir, vêtir, loger, éduquer, soigner et faire travailler la population mondiale. Leur égérie les a semoncés : «Comment osez-vous détourner le regard et venir dire que vous en faites assez, quand les solutions et les politiques ne sont pas du tout sur la table? (sic) Malgré le début d'une extinction massive d'espèces ». Greta Thunberg ne semble pas comprendre que la première espèce menacée par la stagnation de la production et la décroissance économique en cours, c'est l'espèce humaine elle-même. Évidemment, pour qui se balade entre Stockholm, Copenhague, New York et Montréal il est difficile d'imaginer la détresse du tiers-monde sous-développé, saccagé par les guerres impérialistes. Si Greta voguait jusqu'au Moyen-Orient elle pourrait s'enquérir de qui, du climat ou des États-Unis, a détruit ces pays... de la Méditerranée jusqu'aux Indes. Puis, poussant une pointe jusqu'au Bengladesh elle pourrait s'informer pourquoi ces Hindous surexploités se sont retrouvés entassés dans le delta du Gange inondé, suite au pseudo « libération » du sous-continent indien par le pacifiste Ghandi. Et que dire de l'Afrique exsangue - pleine de ressources et pourtant affamée ? Est-ce vraiment le climat qui pille ce continent depuis des siècles?

À la gloire de la crise économique et de l'austérité

Bref, ça tombe pile, Greta chante les louanges de la décroissance, de la pénurie, des restrictions et de l'austérité et c'est justement les remèdes que nous réservent les plouks réunis à l'ONU.

Dans la harangue qu'on lui a composée, Greta s'est exposé : « Vous dites que vous entendez et que vous comprenez l'urgence, mais... je ne veux pas le croire, car si vous compreniez réellement la situation et que vous continuiez à agir ainsi, vous seriez l'incarnation du mal. Et je refuse de le croire.» Pourquoi douter de tes intuitions Greta ? Tu dois croire ce que tu vois. «Comment osez-vous? Vous avez volé mes rêves et mon enfance avec vos paroles creuses.» - Alors pourquoi crédibiliser ces meneurs de claque qui ont pris des engagements à Rio, à Kyoto, à Copenhague, à Paris et qui s'apprêtent à rejouer du pipo pour la galerie des petits-bourgeois écohystériques que tu représentes ?

À la tribune, le secrétaire général de l'ONU quémande son obole

Ne voulant pas être en reste, le grand prestidigitateur Antonio Guterres, secrétaire général du burlesque, s'est commis lui aussi de ces paroles creuses : «Est-ce que ça vous semble logique d'attribuer à l'industrie des combustibles fossiles [en la subventionnant] des centaines de milliards de l'argent durablement gagné par les contribuables, pour que nous ayons des maladies tropicales, des ouragans et des conflits sociaux? Est-ce logique d'avoir de plus en plus de centrales au charbon qui nous étouffent?» Le larbin admettait ainsi que les sommets climatiques urgentistes antérieurs n'avaient été que veines activités de propagande étatique.

Poursuivant sous le registre des phrases creuses, le servant grandiloquent de prophétiser : «des transformations en profondeur [devront] se produire au sein de nos sociétés. Il s'agit notamment de changer notre façon de produire des denrées alimentaires, d'utiliser les sols, de consommer des carburants pour se déplacer et d'alimenter nos économies en énergie.» Pourquoi s'arrêter en si bon chemin et le Secrétaire de déclamer : «Avançons vers une transformation planétaire de la finance compatible avec un monde neutre en carbone.» CQFD. C'est justement ce qui se trame aux réunions - beaucoup moins médiatisées - des banquiers, des financiers et des ministres de l'économie des pays faillis. C'est à cette « transformation planétaire de la finance » que nous préparent ces incantations climatiques ubuesques.

Finalement, le spectacle s'éternisant, le Secrétaire compassé a sorti le chat onusien du sac : «Il a affirmé qu'il était « indispensable » de reconstituer les ressources du Fonds vert pour le climat de l'ONU et de respecter l'engagement de financement pris par les pays développés afin de soutenir les pays en développement dans leurs efforts d'atténuation et d'adaptation».

La véritable question n'est pas de savoir qui a volé le rêve de Greta, mais de savoir pour qui roule Greta. Malgré le soutien massif des gouvernements, des ONG et des médias mainstream, nous ne croyons pas que la petite-bourgeoisie, même en formatant la jeunesse des pays d'Occident, parviendra à embrigader les prolétaires sous la bannière du capital occidental et à lui faire accepter les mesures d'austérité sous prétexte climatique, et encore moins à la mobiliser pour la guerre. Les Gilets jaunes français nous ont tracé la voie de la résistance e ce sens. (3)

----- Notes

  1.  les7duquebec.com
  2.  msn.com
  3. Bibeau Robert. Khider Mesloub. (2019) Autopsie du Mouvement des Gilets Jaunes. Paris. L'Harmattan.  editions-harmattan.fr

source: les7duquebec.com

 reseauinternational.net

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newsnet 19/09/26 10:21

je trouve que robert manque d'analyser assez soigneusement les mots prononcés et les intentions,
le "how you dare" était adressé au fait de continuer comme si rien n'était.
La question se pose et relève du sens de la politique.
Elle n'est qu'une réaction voire un profit de situations, pas, et surtout pas un créateur de situations. En gros c'est "comment osez-vous ne pas être une bonne dictature". Et ce reproche est pour le moins trop enfantin, il ne mérite pas d'être affiché "mondialement".
Le seul reproche à faire est que la jeune citoyenne parle un peu sans savoir de quoi elle parle, et les explications qu'il faudrait fournir sont un peu intempestives.
Une vraie critique radicale n'est pas aussi vociférante, elle est plutôt plombante de vérité.
Et un vrai scientifique qui étudie le sujet, lui, s'armerait d'humilité pour exposer ses travaux.

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