En 1851 à Nantes, les Bretons étaient des migrants sales, coupables de vols et générateurs de maladie.

09-09-2019 legrandsoir.info 5 min #161405

Jacques-Marie BOURGET

L'histoire n'apprend rien aux crétins. Alors qu'un site d'extrême droite "Breton" passe son temps à décrire ses fantasmes, celui d'une immigration qui nous conduit à la mort, il suffit de quelques clics pour nous rappeler qu'au XXI e siècle et au début du XXe, les Bretons étaient le "nègres blancs" du capitalisme français.

C'est agréable d'écrire un article facilement, sans avoir à se creuser plus creux le fond de l'âme, ni à devoir ouvrir un opus de BHL ou d'Onfray. Un papier qui tombe tout cuit. Sur Internet je découvre un interminable baratin publié il y a un an sur le site de bretons d'extrême droite, Breizh-info.com. Entre deux séquences d'admiration des sculptures de Yann Goulet, l'auteur de la chose nous décrit l'origine du mal qui nous ronge : l'immigration. Mais qui nous ronge vraiment la peau puisqu'il s'agit de maladies. Pour faire court les migrants sont responsables d'un tas de morbidités incroyables. Pas une seule seconde le titulaire du plumier de Breizh n'a quitté ses lunettes à verres de bois pour imaginer que si nous attrapions le palu, par exemple, c'est que des citoyens français, et même Bretons prenaient l'avion pour rencontrer un exotisme parfois mortifère. Non c'est le migrant qui rend malade. Et bientôt, en sa compagnie, nous serons tous morts.

Voilà le titre de cet article de bazar destiné à répandre haine et trouille :

« Le corps médical sait parfaitement que le retour de certaines maladies en France est lié en partie à l'immigration »

Ces propos, peu surprenants, sortent de la bouche d'un dermatologue nantais... »

Il faut que vous sachiez que le thème du migrant est obsessionnel à Breizh, et qu'à côté Marine Le Pen c'est Karl Marx.

Je connaissais très bien un petit texte qui m'amuse depuis longtemps, auquel je pense quand Nantes demande à être rattaché à la Bretagne...C'est le rapport réalisé par Auguste Cherot, industriel, élu nantais et hygiéniste en 1851. Cet aspect des Bretons jadis traités comme des « Nègres blancs français » a été assez bien développé par des universitaires. Et leur littérature existe sur Internet. Mais c'est encore sur ici que j'ai retrouvé ce monument grâce à un site « Breton » qui ne confond pas Bretagne et Révolution Nationale à l'eau de Vichy.

Voici des extraits du rapport de l'admirable Cherot, en plus bon chrétien, tel que le site « Ur Skop War Ar Plastr » l'a lui-même publié (merci à eux). Titre compris.

LE BRETON, UN BOUGNOULE COMME LES AUTRES
17 Février 2010
Rédigé par Torr e Benn et publié depuis Overblog

"RAPPORT SUR LES IMMIGRATIONS BRETONNES DANS LA VILLE DE NANTES".

Monsieur le Maire,

Dans son rapport du 11 janvier, la commission pour l'assainissement des logements insalubres vous signalait ce fait : que l'insalubrité des logements, dont la raison principale était la malpropreté avait souvent pour cause première des habitudes de malpropreté invétérés chez les personnes.(...) nous devons le reconnaître, nos espérances se décourageraient, si les quartiers misérables, dont nous poursuivions l'assainissement, devaient être régulièrement infectés, le mot n'est pas trop fort, par ces invasions de mendiants qui nous viennent des campagnes de Bretagne.
Ces populations étrangères à notre département, chez lesquelles la malpropreté la plus repoussante est une seconde nature, et dont la dégradation morale est descendue à un niveau effrayant, viennent périodiquement encombrer nos quartiers les plus pauvres et les plus insalubres.

(...) Ajoutons que la plupart de ces malheureux ne comprennent que le bas-breton, et qu'il est presque impossible aux agents de l'autorité de s'en faire comprendre.
Nous ne saurions trop insister sur ce point, monsieur le maire ; chacun de leurs séjours est une véritable infection des habitations, qui doit paralyser tous nos efforts et les vôtres, si on n'apporte un remède énergique à ce fléau.
Car c'est un véritable fléau, une plaie déplorable que la présence, parmi nos populations, de ces pauvres gens, dont la dégradation morale égale la dégradation physique.

(...) les archives judiciaires révéleraient qu'ils entrent pour les trois quarts dans la population qui alimente les bancs des tribunaux de police. En général, ces ménages sont encombrés d'enfants dont l'aspect est navrant.

(...) Ces hordes nomades, [sont] une concurrence désastreuse à notre population ouvrière à la recherche du travail.

(...) La plupart ne comprennent pas ou ne parlent que leur patois breton : ils sont donc dans l'impossibilité de pouvoir s'employer utilement, sauf le cas exceptionnel de grands travaux de terrassement. (...) Enfin, ils ont, outre la tentation, toute facilité, dans une grande ville, de s'abandonner à tous les vices auxquels les laisse en pâture l'absence du sens moral, à peu près étouffé chez eux, si jamais il y a été développé.

Nous pensons qu'à tous égards, il importe que cette facilité de quitter les campagnes pour venir croupir dans la misère d'une grande cité comme la nôtre, soit refusée à ces populations.

L'administration doit les retenir dans les campagnes. Elles y seront aussi, près du pasteur de leur paroisse, à la portée des enseignements de la religion et de la morale, dont elles n'ont pas moins besoin que de pain.
Nantes, 25 avril 1851.

Le vice-président de la commission, A. Cherot

Pourvu que les travailleurs du chapeau rond, qui publient dans Breizh, ne lisent pas ce texte, le taux de suicide est déjà assez important en Bretagne.

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