Le Pentagone teste des ballons de surveillance de masse dans six États

11-08-2019 tlaxcala-int.org 7 min #160256

 Justyne Stengel

L'armée américaine effectue des tests de surveillance de masse dans six États du Midwest à l'aide de ballons expérimentaux à haute altitude, selon des documents déposés à la  Federal Communications Commission (FCC).

Big brother is watching you ! Six états américains du Midwest sont sous « surveillance militaire » depuis mi-juillet, rapporte  The Guardian. Au total, 25 ballons autonomes propulsés à l'énergie solaire survolent le Dakota du Sud, le Minnesota, l'Iowa, le Wisconsin, le Missouri et l'Illinois. Ils se déplacent dans la stratosphère à près de 20 km d'altitude et, dotés d'un système de radar à la pointe de la technologie, peuvent suivre simultanément plusieurs véhicules, quelles que soient l'heure ou les conditions météorologiques.

Ils sont destinés à « fournir un système de surveillance permanent pour localiser et dissuader le trafic de stupéfiants et les menaces à la sécurité intérieure », selon les documents  déposés sur la plateforme de la FCC (l'agence chargée de réguler les télécommunications), par la Sierra Nevada Corporation. Cette entreprise, spécialisée dans la conversion d'aéronefs pour l'armée ou l'industrie aérospatiale, est chapeautée par  la Southcom, une division du ministère de la Défense. La FCC leur a accordé une licence pour que les tests se poursuivent jusqu'en septembre.

Souriez, vous êtes filmés !

L'armée américaine a sorti l'artillerie lourde en terme de technologie dernier cri pour mener à bien ses expérimentations. Les ballons sont munis d'un système de réseau maillé avancé qui leur permet de communiquer entre eux, de partager des données et de les transmettre à des récepteurs situés sur terre. Les ingénieurs les ont dotées de neuf caméras haute définition, capables d'enregistrer simultanément des images panoramiques à l'échelle d'une ville entière.

Neuf caméras enregistrent simultanément des images panoramiques à l'échelle d'une ville entière © Dan Sedran

« Les villes américaines ne devraient pas être soumises à une surveillance aussi étendue, où chaque véhicule peut être suivi »,  déplore auprès du Guardian Jay Stanley, analyste politique à l'American Civil Liberties Union. « Ils collectent énormément de données personnelles sur les Américains : ils peuvent savoir qui se rend au siège d'un syndicat, à l'église, à la mosquée, à une clinique spécialisée pour traiter Alzheimer... Nous ne devrions pas leur laisser la possibilité d'utiliser ce système aux États-Unis. »

Ni la Sierra Nevada, ni la Southcom n'ont répondu aux sollicitations des journalistes. Ryan Hartman, le PDG de la société concurrente Worldview, qui a effectué des tests similaires, affirme au Guardian qu'il « existe des lois pour protéger la vie privée des citoyens américains, et nous sommes respectueux de toutes ces lois. Nous comprenons l'importance d'une conduite éthique en ce qui concerne la protection de la vie privée des personnes. »

Un système de surveillance bon marché

Selon  le Guardian, la Sierra Nevada Corporation fournit depuis de nombreuses années à la Southcom des avions légers de surveillance d'une valeur de plusieurs millions de dollars. Mais les appareils nécessitent des pilotes qui ne peuvent voler que quelques heures par jour. Les nouveaux ballons, quant à eux, se révèlent être des plateformes de surveillance peu coûteuses. Comme ils sont munis de panneaux solaires, la question du ravitaillement en carburant est exclue. Parfaitement autonomes, ils peuvent se déplacer durant un mois dans la stratosphère, en suivant les variations et les déplacement des masses d'air.

L'utilisation des ballons est moins régulée que celle des drones © Leo Lintang

La surveillance à partir de ballons stratosphériques, relativement nouvelle, profite de vides juridiques les concernant, s'inquiète Arthur Holland Michel Michel, auteur du livre  Eyes in the Sky (paru en anglais aux éditions Houghton Mifflin Harcourt en 2019). Les ballons sont pour l'instant soumis à moins de restrictions et de réglementations que les drones, par exemple. En outre, aucune des parties impliquées n'a expliqué clairement si les données collectées sont supprimées, stockées ou transmises à d'autres agences fédérales ou locales. Seule certitude : d'après  le média Quartz, les experts du Pentagone affirment qu'ils pourront en cas d'événements exceptionnels « rembobiner la bande pour voir exactement ce qu'il s'est passé, et remonter encore plus loin pour voir qui était impliqué et d'où il venait. »

Courtesy of  Usbek & Rica
Source:  usbeketrica.com
Publication date of original article: 08/08/2019

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newsnet 19/08/11 22:58

oh dis donc ils sont pressés de l'instaurer leur dictature mondiale
la guerre des datas a une faille, l'obsolescence des données
donc changez souvent d'apparence

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