Quand l'irrationnel Trumpe le rationnel - et entretient notre marche vers la guerre. Par Alastair Crooke

18-07-2019 les-crises.fr 25 min #159326

Source :  Strategic Culture, Alastair Crooke,

L'instinct de Trump lui dit toujours qu'un canal avec M. Poutine est essentiel. Mais la diabolisation de la Russie ne s'arrêtera pas avec la publication de l'enquête Mueller. Un nouveau récit va simplement être produit.

Le 14 mars, le Conseil national de sécurité de la Russie, dirigé par le président Poutine, a officiellement fait part de sa perception des intentions américaines à l'égard de la Russie, allant des « dangers militaires » (opasnosti) aux « menaces militaires » directes (ugrozy). Bref, le Kremlin  se prépare à la guerre, aussi défensive que soit son intention.

Pourquoi ? Pourquoi Poutine ferait-il cela ? Trump ne veut plus de guerres... Il n'a cessé de réclamer de bonnes relations avec Moscou. Et maintenant que Mueller n'a pas trouvé la moindre chose...

C'est le refrain familier qui suggère qu'une confrontation avec la Russie ne peut tout simplement pas avoir lieu : « Ça n'aurait aucun sens : ce ne serait pas rationnel ». Eh bien, peut-être la Russie lit-elle les feuilles de thé différemment, et peut-être comprennent-ils simplement que lorsqu'il s'agit de guerres, c'est souvent le non-rationnel qui l'emporte sur le rationnel.

D'une perspective russe, les signes avant-coureurs d'un conflit au Moyen-Orient se mettent rapidement en place. D'un côté, nous avons un Israël très belliciste, complètement beurré suite aux grandes rasades de Cool-aid au « Grand Israël » que lui verse l'équipe de Trump ; puis nous avons Bolton poursuivant sa haine ancienne pour l'Iran - en essayant de coincer la République, et de la faire imploser.

Cela représente des chocs majeurs entre plaques tectoniques, d'autant plus que l'étage nord de la région (comprenant la Turquie) est maintenant avec l'Iran (dans une certaine mesure). Moscou sait que les plaques tectoniques qui entrent en collision libèrent du plasma chaud, qui peut trop facilement se propager et embraser la Russie.

Et puis, nous avons d'autres mouvements de plaques tectoniques : la Turquie se rapproche de la Russie et de la Chine, et c'est peut-être  aussi le cas de l'Égypte (après la récente altercation de Al-Sissi à Washington). En clair, tout cela montre que les États-Unis sont en train de perdre rapidement leur emprise sur le Moyen-Orient. Et la Russie, intentionnellement ou pas (plutôt « pas » que dans une « intention » active), augmente sa portée.

Habituellement, quand de tels cas se produisent, Washington décrète de mettre une forte baffe à Moscou, en réponse à son « impudence » prométhéenne. Mais... en fait, l'Amérique n'a presque plus d'alliés substantiels au Moyen-Orient - à l'exception de « celui-là ».

Oui, en effet - jusqu'ici, il s'agit de l'échiquier rationnel. Alors, qu'en est-il du « non rationnel » ?

Commençons par les fondamentaux : 80 % des évangélistes blancs ont voté pour Trump en 2016, et sa popularité parmi eux reste élevée - dans les 70 %. Alors que d'autres électeurs blancs ont pu être découragés par la politique étrangère de Trump (l'étreinte saoudienne), les évangélistes blancs sont devenus son dernier et solide bastion. Ils ne sont pas insignifiants non plus : ils représentent environ 25 % de tous les américains.

Andrew Chesnut, professeur d'études religieuses,  nous dit que le sionisme chrétien est devenu la « théologie majoritaire » parmi les évangélistes blancs américains. Dans un sondage de 2015, 73 % des chrétiens évangélistes ont déclaré que les événements en Israël sont prophétisés dans le livre de l'Apocalypse. Pour les sionistes chrétiens, la réalisation d'un « Grand Israël » est l'une des conditions préalables majeure au « ravissement en Dieu ». C'est une croyance, connue sous le nom de dispensationalisme pré-millénaire ou sionisme chrétien, dit Chesnut.

« Trump lui-même incarne le contraire d'un pieux idéal chrétien. Trump n'est pas un pratiquant. C'est un profane, deux fois divorcé, qui s'est vanté d'avoir agressé sexuellement des femmes. Mais les évangélistes blancs l'ont adopté », écrit Julian Borger.

« Certains grands évangélistes considèrent Trump comme l'avatar moderne du roi Cyrus, l'empereur persan du VIe siècle avant J.-C. qui a libéré les Juifs de la captivité babylonienne. La comparaison est faite explicitement dans The Trump Prophecy [La prophétie de Trump, NdT], un film religieux projeté dans 1 200 salles de cinéma [l'an dernier], qui met en scène un pompier à la retraite qui prétend avoir entendu la voix de Dieu, et qui dit : "J'ai choisi cet homme, Donald Trump, pour une période comme celle-ci..."

« Cyrus est le modèle d'un non-croyant, affrété par Dieu comme un navire pour les desseins des fidèles » dit Katherine Stewart, qui écrit beaucoup sur la droite chrétienne. Elle a ajouté qu'ils se félicitent de la volonté [de Trump] de briser les normes démocratiques, de combattre les menaces perçues contre leurs valeurs et leur mode de vie.

Mike Pompeo et le vice-président Pence sont fortement attachés à cette orientation évangéliste. C'est quelque chose qui a une réelle importance pour la politique étrangère : au cours de son mandat en tant que directeur de la CIA, et avant cela, en tant que membre de la Chambre des représentants, Pompeo a toujours utilisé un langage qui présente la guerre contre le terrorisme comme une bataille cosmique et divine du bien contre le mal. Il  a déclaré que les terroristes islamiques étaient à « continuer de faire pression sur nous jusqu'à ce que nous soyons sûrs de prier, de nous lever pour nous battre et de savoir que Jésus Christ est notre sauveur et qu'il est vraiment la seule solution pour notre monde ».

L'interdiction de l'IRGC iranien [corps des Gardiens de la révolution islamique, NdT] par Pompeo était formulée exactement dans cette façon de parler du terrorisme, avec la connotation claire que l'Iran est le « mal » cosmique. Ce style de langage apocalyptique ou de ravissement en Dieu a été adopté en bloc par Trump et son administration. « Adorer notre Seigneur et célébrer notre nation en même temps, ce n'est pas seulement notre droit », a déclaré M. Pompeo aux participants d'un rassemblement au Kansas en 2015 : « C'est notre devoir ». « Nous continuerons à mener ces batailles », a ajouté le membre du Congrès de l'époque dans une église de Wichita. « C'est une lutte sans fin... jusqu'au ravissement en Dieu. Faites-en partie. Soyez dans le combat ! »

La référence de Pompeo au ravissement en Dieu est importante : Le ravissement en Dieu,  note Tara Burton, « est une théologie typiquement américaine qui dit que les chrétiens seront emmenés, ou "enlevés", au ciel, à l'aube de la fin des temps... et un certain nombre de politiciens du GOP [Grand Old Party, le parti républicain américain, NdT] laissent leur foi en cette théologie influencer leur vision politique du monde. Parce que le ravissement en Dieu est finalement désirable - il marque le retour de Jésus-Christ - tout ce qui l'accélère est désirable aussi. Pour beaucoup d'évangélistes, les batailles apocalyptiques du "bien contre le mal", particulièrement centrées sur la "Terre Sainte" du Moyen-Orient, sont des signes que la fin tant attendue est proche. »

Alors, comment tout cela s'équilibre-t-il ? Le pivot est le milliardaire du casino de Las Vegas, Sheldon Adelson. Il a donné 82 millions de dollars à Trump et à d'autres candidats républicains lors des élections de 2016. Trump a consciemment courtisé la droite de la diaspora juive fortunée, mais l'importance d'Adelson réside davantage dans son engagement passionné envers l'agenda politique du  « Grand Israël » de Netanyahou et dans le renforcement des liens entre la base évangéliste républicaine et Israël.

Et juste pour être clair, la mission du « Grand Israël » est tout autant enracinée dans la théologie biblique de la « Fin des Temps ». David Ben Gourion, le « père de la nation », croyait fermement en la « mission » et déclarait : « Je crois en notre supériorité morale et intellectuelle et en notre capacité à servir de modèle pour la rédemption du genre humain ». Lors du « Sommet de Jérusalem » de 2003, dont les participants comprenaient trois ministres israéliens par intérim (dont Netanyahou, et Richard Perle du Gouvernement des États-Unis), le groupe a fait  profession solennelle : « Nous croyons que l'un des objectifs de la renaissance d'Israël, inspirée par Dieu, est d'en faire le centre de la nouvelle unité des nations, qui conduira à une ère de paix et de prospérité, comme l'ont annoncé les prophètes ».

Comme le fait  remarquer Laurent Guyénot, le sionisme, en fait, a toujours été attaché à un nouvel ordre mondial, sous le masque du « nationalisme ». C'est aussi avec la charnière Adelson que John Bolton s'articule. Bolton n'est pas un évangéliste. Il dit que le qualifier de néoconservateur « n'est manifestement pas exact », exprimant ainsi explicitement qu' il n'a jamais partagé le désir de « répandre la démocratie » comme d'autres néoconservateurs du courant dominant. Il croit cependant que l'Amérique (et Israël) sont « choisis » pour diriger et façonner l'ordre mondial. Ce n'est peut-être pas une expression strictement « religieuse », mais c'est un exemple parfait d'un « projet » millénaire qui nie catégoriquement la religion, tout en étant en fait le véhicule d'un mythe religieux - le mythe judéo-chrétien.

Bolton le dit  explicitement : « Je me décrirais comme pro-américain. Le plus grand espoir de liberté pour l'humanité dans l'Histoire réside dans les États-Unis, et donc la protection de l'intérêt national américain est la meilleure stratégie pour le monde. »

Le « mythe » millénaire américain d'hier et d'aujourd'hui était (et est toujours) similairement enraciné dans une croyance messianique dans le destin manifeste des États-Unis : la « Nouvelle Jérusalem » qui représenterait le meilleur espoir de l'humanité pour un avenir utopique. Cette croyance en un destin particulier (être « choisis ») se traduit par la conviction que les États-Unis doivent conduire - ou plus exactement, ont le devoir de contraindre - l'humanité vers son destin universaliste.

Le rôle d'Adelson - en utilisant son propre argent - est dès lors de faire ressurgir des politiques néoconservatrices : des politiques qui étaient discréditées après l'invasion de l'Irak par les États-Unis, et de reconnecter ces politiques à la droite israélienne (comme elles l'étaient, avant la guerre en Irak). L'ensemble est soutenu par l'importante base évangélique qui constitue l'électorat principal de Trump. Pompeo et Bolton seraient les protégés d'Adelson, qu'Adelson aurait portés à leurs postes clés à la Maison-Blanche dans le cadre de son architecture politique.

Et avec la réapparition des politiques néoconservatrices, vient, inévitablement, leur ancienne attitude envers la Russie comme une lutte existentielle qui ne peut avoir qu'un seul résultat - l'effondrement de la Russie, conduisant à un changement de régime - soit par la guerre, soit par des moyens sans guerre. Tous les éléments de la politique occidentale  sont axés sur cet objectif immuable.

L'ancien diplomate américain James Jatras  remarque [que ces millénaristes américains] « haïssent la Russie non pas pour ce qu'elle fait, mais pour ce qu'elle est : un obstacle à la domination mondiale absolue par un nouvel ordre mondial dirigé par les États-Unis ». Le déploiement par la Russie des armes les plus puissantes imaginables - peut peut-être limiter l'aspect militaire de ce programme, mais il ne peut pas l'inverser. Bien au contraire, de telles actions, comme les actions défensives de Moscou après le changement de régime en Ukraine en 2014, ou le déploiement de la Russie en 2015 en Syrie, ou la présence actuelle au Venezuela, sont présentés comme une nouvelle « preuve » de l'agressivité « typique, presque génétique » des Russes, selon les mots de l'ancien directeur de la CIA James Clapper.

« L'enquête inutile de Robert Mueller étant terminée, rien ne s'est amélioré et on ne peut pas tellement s'attendre à ce que cela s'améliore ». Jatras,  citant [Gilbert] Doctorow :

«... la destruction progressive des voies de communication, des projets symboliques de coopération dans de très nombreux domaines, et maintenant le démantèlement de tous les accords de limitation des armements qui ont mis des décennies à être négociés et ratifiés, plus les nouveaux systèmes d'armes qui laissent aux deux parties moins de 10 minutes pour décider comment réagir aux alarmes de missiles - tout cela prépare le terrain pour l'Accident qui mettra un terme à tous les accidents. De telles fausses alertes se sont produites pendant la guerre froide, mais une certaine mesure de confiance mutuelle a incité à la retenue. Tout cela a disparu de nos jours, et si quelque chose tourne mal, nous sommes tous fichus. »

On pourrait penser que ce vaste « démantèlement » des canaux, des accords et des engagements s'est produit comme un « événement fortuit » inexpliqué et accessoire. Ce serait une erreur : non, cela porte  la marque de la pensée de Bolton. Voici ce qu'il dit :

« L'Amérique a lentement limité son champ d'action, en s'empêtrant imprudemment dans des institutions internationales telles que les Nations Unies et en concluant des accords bilatéraux naïfs qui promettent trop aux ennemis de l'Amérique, en échange de trop peu. [Bolton] a vu de mauvaises affaires partout : Le Traité FNI... en était un [Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire ; les États-Unis ont suspendu leurs obligations prévues par ce traité le 1er février 2019, NdT]. L'accord nucléaire iranien, que Bolton a travaillé sans relâche à mettre au rebut, en est un autre. »

Alors, pourquoi Trump devrait-il accepter cette voie royale vers la catastrophe ?

Trump a été élevé en tant que presbytérien, mais il s'est tourné de plus en plus vers les prédicateurs évangélistes à mesure qu'il envisageait de faire campagne pour la présidence,  observe Katherine Stewart. Le choix de Pence comme candidat à la vice-présidence était une marque de son engagement.

Mais, le contrôle de la Chambre des représentants ayant été perdu en novembre, et les liens de sa campagne avec le Kremlin étant l'objet d'un examen de plus en plus attentif, Trump se rapproche instinctivement de plus en plus de ses partisans les plus fidèles. Presque seuls parmi les principaux groupes démographiques, les évangélistes blancs sont majoritairement en faveur du mur frontalier de Trump, que certains prédicateurs assimilent aux fortifications de la Bible, comme le suggère Stewart.

En bref, c'est cela qu'a Trump - c'est ce qui « le soutient » sur le plan politique. Bolton lui donne une certaine couverture de l'Etat profond américain ; les évangélistes et les déplorables [terme utilisée par Hillary Clinton durant la campagne présidentielle pour désigner les électeurs de Trump, NdT] représentent une base qui soutient le président contre les complots visant à le démettre de ses fonctions. Une base centrale, qui ignore simplement le dénigrement versé quotidiennement sur le Président Trump.

Mais voici l'essentiel : Il existe un danger majeur dans cette organisation idéologiquement « non rationnelle ». Un danger qui nous menace tous - et qui peut expliquer l'élévation par la Russie de son « niveau de menace ». L'instinct de Trump demeure qu'un canal avec M. Poutine est essentiel. Mais la diabolisation de la Russie ne s'arrêtera pas avec la publication de l'enquête Mueller. Un nouveau récit va simplement être produit.

Les pressions exercées sur Trump par l'équipe évangélique de Bolton pour hâter la fin des temps avec une lutte apocalyptique entre le bien et le mal, peut-être liée à l'ambition du Grand Israël des sionistes chrétiens, vont inexorablement augmenter (précisément en réponse à la faiblesse et à la crise des États-Unis). Trump va-t-il maintenir le cap ? Ou bien pourrait-il offrir l'Iran, pour faire avancer le Ravissement en Dieu, (et faire plaisir à sa base) ?

Le danger majeur est que Trump ne craint pas la guerre nucléaire - du moins pas comme les générations précédentes de dirigeants américains. Car Trump a manifesté (certes avant d'assumer la présidence) un fatalisme étrange et inquiétant à propos du conflit nucléaire. Bolton manœuvrera-t-il pour exploiter cette bizarrerie ?

Nous savons que Trump se considère comme un « expert » du conflit nucléaire : dans  un entretien accordé en 1984 au Washington Post, Trump a déclaré qu'il espérait devenir un jour le négociateur en chef des États-Unis avec l'Union soviétique au sujet des armes nucléaires. Trump a affirmé qu'il pourrait négocier un grand accord sur les armes nucléaires avec Moscou. Comparant l'élaboration d'un accord d'armement avec la préparation d'une transaction immobilière, Trump a insisté sur le fait qu'il avait un talent inné pour cette mission.

Dans une interview pour  Playboy en 1990, Trump disait : « Je pense à l'avenir, mais je refuse de le dessiner. Tout peut arriver. Mais je pense souvent à la guerre nucléaire ». Il expliquait : « J'ai toujours pensé à la question de la guerre nucléaire ; c'est un élément très important de mon processus de réflexion. C'est l'ultime, l'ultime catastrophe, le plus gros problème de ce monde, et personne ne se concentre sur ses mécanismes. »

Cinq ans plus tard,  on a demandé à Trump où il serait dans cinq ans. « Qui sait ? » a-t-il répondu. « Peut-être que les bombes tomberont du ciel, qui sait ? C'est un monde malade. Nous avons ici affaire à beaucoup de malades. Et vous avez le nucléaire et vous avez ceci, et vous avez cela ». Trump a continué d'exprimer l'idée que l'anéantissement nucléaire pourrait se profiler à l'horizon : « Oh absolument. Je veux dire, je pense que c'est la nature humaine malade. Si Hitler avait eu la bombe, vous ne pensez pas qu'il l'aurait utilisée ? Il l'aurait posée au milieu de la Cinquième Avenue. Il aurait utilisé la tour Trump, 57ème rue et 5ème avenue... et boum. »

Dans une autre  interview pour Playboy - celle-ci en 2004 - Trump exprimait une fois de plus son découragement face au nucléaire. A la question, « Pensez-vous que la tour Trump et vos autres bâtiments porteront votre nom dans cent ans ? », Trump répondait : « Je ne pense pas qu'il y aura encore un seul bâtiment ici - et à moins que des gens très intelligents ne le dirigent, le monde ne sera plus le même d'ici cent ans », répondit Trump. « Les armes sont trop puissantes, trop fortes. »

Au cours du débat de l'élection présidentielle, le candidat Trump  a déclaré en décembre : « Le plus gros problème que le monde a aujourd'hui n'est pas le réchauffement climatique du président Obama... Le plus gros problème que nous ayons est le nucléaire - la prolifération nucléaire - et d'avoir un cinglé, un fou quelconque qui sorte et se procure une arme nucléaire. C'est, à mon avis, le plus grand problème auquel notre pays est confronté en ce moment... Je pense - je pense que, pour moi, le nucléaire n'est que la puissance, la dévastation, c'est très important pour moi. »

« C'est ainsi que depuis des décennies, semble-t-il », écrit David Corn dans  Mother Jones, « Trump est hanté par le sentiment que la guerre nucléaire est peut-être inévitable. Maintenant, il est en mesure de faire quelque chose à ce sujet ». Et, comme le faisait  remarquer James Clapper, ancien directeur du Renseignement national, « [si] dans un accès de mauvaise humeur, il [Trump] décide de faire quelque chose au sujet de Kim Jong Un, il n'y a en fait pas grand-chose pour l'arrêter ». « L'ensemble du système [d'armes nucléaires] est conçu pour assurer une réaction rapide en cas de besoin. Il y a donc très peu de contrôles sur le recours à une option nucléaire, ce qui est vraiment effrayant. »

Bref, si un président américain fataliste ordonnait une frappe nucléaire tactique (et l'Amérique est actuellement en train de prendre livraison d'armes tactiques, et de s'entraîner avec ses alliés à les livrer par voie aérienne) - croyant peut-être que le recours aux armes nucléaires tactiques est inévitable et encouragé par son équipe messianique - il n'y a presque rien pour l'arrêter.

Source :  Strategic Culture, Alastair Crooke, 22-04-2019

Traduit par les lecteurs du site  www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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