Grèce: Elestions grecque. Tsipras défait, victoire de la droite, Le Parti Communiste Grec (Kke) A Résisté. Dimanche 7 Juillet 2019

08-07-2019 histoireetsociete.wordpress.com 11 min #158860

LE PARI PERDU DE TSIPRAS

Alexis Tsipras et Pierre Moscovici à Athènes en février 2018
(AP Photo/Petros Giannakouris)

Le petit pays presque pardonné va pouvoir retourner sur les marchés financiers. On cite Syriza en exemple à Bruxelles. On parle de Tsipras pourle Nobel « La fin de huit années particulièrement douloureuses », se félicite en août 2018 le Commissaire européen Pierre Moscovici. « Le jour se lève », assure Tsipras. C'était allerun peu vite, et sous-estimer la blessure. Quand la bourgeoisie me félicite disait-on jadis, je me demande la connerie que j'ai pu faire.

Après le désastre des élections européennes et régionale, Tsipras a tenté un pari : déclencher des élections législatives anticipées, programmées pour ce 7 juillet « pour que le peuple grec, avait-il averti, puisse décider s'il souhaite un plan qui soutient les plus nombreux ou s'il souhaite retourner dans les ténèbres du FMI. »

Thème bien sur repris par l'Humanité dimanche qui faisait sa une sur ce le rempart Tsipras en négligeant complètement l'existence du KKE qui pourtant résiste et demeure la seule force sur lequel le malheureux peuple grec, la classe ouvrière, ceux qui refusent le bradage culturel peuvent compter.

Une bonne nouvelle, les fascistes d'Aube dorée ont disparu du Parlement, ils ont été utilisés pour déstabiliser le pays, faire régner la terreur contre ceux qui résistent, les communistes et les syndicats et quand la droite revient ils retournent à la niche. Encore une démonstration.

Ce qui est sur c'est que cet échec rend de moins en moins crédible la possibilité de changer l'UE de l'intérieur en espérant transformer les institutions.

RESULTATS ELECTORAUX :

voici le résultat des élections grecque tel que le rapporte Nicolad Maury, il manque une donnée qui aurait pu être éclairante : le chiffre des abstentions. Ce matin toute la presse française se félicite de tels résultat et du retour des partis politiques traditionnels. Même enthousiasme du côté de l'UE.

 editoweb.eu

Élu en 2015 avec son parti SYRIZA, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a été battu dans les urnes par les conservateurs (Nouvelle Démocratie). Saigné par des années d'austérités et de promesses non tenues, les grec.que.s ont infligé un lourd revers au Premier ministre sortant - article et traduction Nico Maury

Le Parti Communiste Grec (KKE) a résisté. L'ère Tsipras est finie
D'après des résultats portant sur 16.959 des 21.544 bureaux de votes (78,72 %), le parti conservateur de Kyriákos Mitsotákis (Nouvelle démocratie) a remporté très largement les élections législatives anticipées avec 39,69% des suffrages et 159 sièges (+83). Le Parti de droite dispose ainsi d'une majorité absolue à la Vouli, parlement grec.

Sanctionné dans les urnes, le parti d'Alexis Tsipras, SYRIZA, remporte 31,60% des voix et 86 sièges (-59). Son parti avait crée la surprise en 2015 en promettant de mettre un terme à l'austérité en Grèce, mais après quelques mois d'un bras de fer avec l'UE, le FMI et la BCE (Troïka), Alexis Tsipras avait fini par capituler devant les exigences des créanciers et avait lancer une nouvelles séries de politiques antisociales d'une brutalité féroce.

Les sociaux-démocrates, Mouvement pour le changement (KINAL, alliance du PASOK, de DIMAR, de To potami...) remporte 7,92% des suffrages et disposera de 22 sièges à la Vouli contre 17 lors de la dernière élection (PASOK).

Le Parti Communiste Grec (KKE) résiste à la vague bleue et confirme son encrage électoral dans le paysage politique. Avec 5,38% (en léger progrès par rapport aux européennes 5,35%, il recule cependant par rapport au scrutin de 2015, 5,55%). Le KKE conserve son groupe de 15 député.e.s.

Le KKE réalise ses meilleurs scores dans les régions d'Athènes 6,34% et 1 siège, Athènes Nord 6,23% et 1 siège, Athènes Ouest 8,61% et 1 siège, Athènes Sud 7,15% et 2 sièges, Le Pirée 1 avec 5,50% et 1 siège, Le Pirée 2 avec 8,01% et 1 siège, Attique-Est 5,01% et 1 siège, Thessalonique 1 avec 5,29% et 1 siège, Thessalonique 2 avec 4,65% et 1 siège, Aitolakarnania 4,94% et 1 siège, Achaia 5,48% et 1 siège, Larissa 6,29% et 1 siège, Lesbos 10,20% et 1 siège.

Dans les région de Zakynthos 9,13%, Keffalinia 9,52%, Leucade 8,53%, Samos 14,03%, le KKE ne remporte pas de siège malgré de bons scores.

La Solution grecque (Ελληνική Λύση) - droite conservatrice scission de la ND - fait son entrée à la Vouli avec 3,75% des suffrages et 10 sièges.

Enfin, le Front de désobéissance réaliste européen (MeRA25), de Yánis Varoufákis entre lui aussi au parlement avec 3,49% des voix et 9 sièges.

A noter que les autres formations n'entrent pas à la Vouli. Les nénazis de l'Aube Dorée sont lourdement battu (2,96%) et perdent tous leurs élu.e.s. Les alliés de jean-Luc Mélenchon, Unité populaire, remportent que 0,28% des voix.

LE CONTEXTE POLITIQUE, CELUI D'UN RENONCEMENT FACE A DES EXIGENCES DEMENTES DES MARCHES FINANCIERS RELAYES PAR L'UE

Quatre ans et demi après l'arrivée au pouvoir de Syriza, coalition de gauche alors « radicale », la Grèce était appelée à élire ses députés ce dimanche 7 juillet.

Incarnation du mal lors de son arrivée au pouvoir en janvier 2015 à la tête de la coalition de gauche Syriza, l'ex-militant communiste que les éditorialistes parisiens en fonction traitaient alors de « mariole » (Jean-Pierre Elkabbach), « Petit Chaperon rouge du grand soir » (Christophe Barbier, l'Express), sommé de démissionner par l'actuel correspondant du Monde à New York (Arnaud Leparmentier), vomi comme son gouvernement par le spécialiste bruxellois de Libération (Jean Quatremer), incarnation d'une « alliance de rouges-bruns » (Bernard-Henri Lévy), était devenu sujet d'éloges en renonçant à ce pour quoi il avait été élu : libérer son pays des créanciers et des souffrances de la dette. Les Grecs ont moins apprécié la pirouette.

Capitulant dès l'été 2015 - malgré un référendum décidant à plus de 61 % le contraire - sous la pression européenne exigeant le paiement d'une dette de plus de 320 milliards d'euros, Tsipras a en effet dû faire ingurgiter à ses compatriotes le plus rude et humiliant programme d'une série pourtant longue : privatisations massives, austérité redoublée et même perte de la dignité nationale avec l'affaire de la Macédoine.

Sous Tsipras II la population suffoque mais la finance mondiale respire : sans doute ne récupérera-t-elle pas ses prêts inconsidérés mais le scandale, du moins, est éteint. Ceux qui voyaient dans la victoire de Syriza l'espoir d'une autre logique européenne sont ramenés sur terre. La Grèce sort de l'actualité.

Le petit pays presque pardonné va pouvoir retourner sur les marchés financiers. On cite Syriza en exemple à Bruxelles. On parle de Tsipras pour le Nobel. « La fin de huit années particulièrement douloureuses », se félicite en août 2018 le Commissaire européen Pierre Moscovici. « Le jour se lève », assure Tsipras. C'était aller un peu vite, et sous-estimer la blessure.

La dévastation sociale, en outre, ne se mesure pas seulement en termes de perte de pouvoir d'achat. Dans son livre-mémoires « Conversations entre adultes »(1), Yanis Varoufakis, ministre de l'Économie du premier gouvernement Syriza (janvier à juillet 2015) et à ce titre interlocuteur de la Troïka, livre son analyse des motivations réelles des créanciers dans leur intransigeance envers Athènes.

Selon son récit très étayé, Berlin, en particulier, veut en réalité moins de la Grèce le recouvrement de sa dette colossale - qu'elle sait impossible - que sa mise aux normes libérales. Outre les privatisations des infrastructures et richesses du pays, son inflexible ministre des Finances, Wolfgang Schäuble, exige de façon presque obsessionnelle d'Athènes la fin des conventions collectives et des acquis sociaux qui protègent le monde du travail.

La reddition du second gouvernement Tsipras rend l'objectif atteignable. Les grandes conventions collectives de branches qui avaient résisté aux cures précédentes sont abolies de fait ou remplacées par des conventions d'entreprises moins favorables. Le taux de chômage, dans les années suivantes, recule de 30 à 20 % mais la précarité devient la règle.

L'État recule. Dans ce qu'il reste de services publics, beaucoup de fonctionnaires ne sont plus remplacés, ce qui affecte en particulier l'enseignement et les hôpitaux.

Principale source de croissance et d'emploi : le tourisme en plein essor à la faveur des tensions géopolitiques dans le monde méditerranéen. Mais il s'agit pour l'essentiel d'occupations précaires et saisonnières, et d'une activité soumise à de fortes variations : - 15 % pour cet été 2019.

Le bilan des privatisations est plus indécis. Du port du Pirée aux autoroutes, des sites olympiques à celui de l'ancien aéroport athénien Hellinikon, de services publics aux joyaux de la mer Egée, la liste est longue des pièces du patrimoine grec vouées à la vente au plus offrant.

La seule année 2018 a vu la cession majoritaire au privé de la compagnie du gaz Desfa, d'une partie de celle de communication OTE et du port de Thessalonique. Pourtant, sur les 50 milliards d'euros espérés du programme de privatisations initié en 2011, 6 milliards seulement ont été réalisés.

Parmi les freins ; une rentabilité immédiate parfois incertaine, la réticence des populations (comme pour la privatisation de l'eau, dans un pays où elle demeure sacrée) ou des obstacles juridiques. Après 8 ans de procédures, les recours ne sont pas encore épuisés pour le site d'Hellinikon, cédé pour une énorme opération immobilière. Des réfugiés syriens, dernièrement, y campaient. Ailleurs, les maires et archéologues ont invoqué la Constitution grecque, qui impose la protection de l'héritage culturel du pays, pour empêcher - avec succès - la vente de sites antiques.

S'ajoutant à la tutelle revenue de la Troïka, ce qui apparaît non sans raisons comme une braderie au profit d'investisseurs principalement étrangers, n'améliore pas l'image patriotique des dirigeants au pouvoir, thème sensible en Grèce.

La notion de fierté et de résistance avait été, en 2015, l'un des premiers facteurs du succès de Syriza.

Dans un registre voisin, l'accord conclu par Tsipras en janvier dernier avec la République de Macédoine (qui pourra désormais s'appeler « Macédoine du Nord » après 27 ans de conflit), s'il est dûment validée par le Parlement et salué par la « communauté internationale », est vécu comme une trahison par une partie de l'opinion grecque. Un régal pour la droite.

La chute
Kyriakos Mitsotakis
le leader de la Nouvelle Démocratie, Kyriakos Mitsotakis devient le prochain Premier ministre grec.

Proche des milieux d'affaires, ce diplômé de l'université d'Harvard a notamment été ministre de la réforme administrative sous le dernier gouvernement conservateur d'Antonis Samaras (2012-2014). Il avait été à l'époque chargé de licencier 15.000 fonctionnaires sous la pression des créanciers du pays.

Le quinquagénaire est le fils de l'ancien Premier ministre Konstantinos Mitsotakis. Sa sœur, Dora Bakoyannis, a été ministre des Affaires étrangères et maire d'Athènes. Et le nouveau maire de la capitale, Costas Bakoyannis, n'est autre que son neveu. (d'après AFP)
Arrivent les élections européennes de mai 2019, qui coïncident avec le premier tour des municipales et régionales grecques. Conscients de leur impopularité et de l'irritation de leur base électorale, Alexis Tsipras et son parti ne s'attendaient pas à un triomphe, mais pas non plus à une telle déroute.

Syriza y recueille 23,8 %, neuf points de moins que son rival de droite (Nouvelle Démocratie). Cette dernière lui ravit les mairies d'Athènes et Thessalonique, ainsi que la quasi-totalité des régions.

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