Emmanuel Macron et Notre-Dame : une décision, une ânerie par Didier Rykner

30-04-2019 les-crises.fr 4 min #155583

Source :  La Tribune de l'Art, Didier Rykner, 17-04-2019

La cathédrale Notre-Dame au lendemain de l'incendie Photo : Didier Rykner

Il ne se passe donc pas une journée depuis l'incendie de Notre-Dame-de Paris sans que le Président de la République et son gouvernement ne nous gratifient d'annonces toutes plus absurdes ou scandaleuses les unes que les autres.

Emmanuel Macron avait déjà fait très fort mardi en expliquant qu'il allait reconstruire Notre-Dame plus belle qu'avant, et en cinq ans (voir  notre article). Plus belle qu'avant ? On sait désormais comment : en lançant un concours d'architecture pour la reconstruction de la flèche ! Car pour notre Président de la République, « la flèche ne faisant pas partie de la cathédrale d'origine », on peut l'effacer d'un trait de plume. Exit Viollet-le-Duc de la cathédrale Notre-Dame. On en est là, donc, en 2019, de la considération pour le XIXe siècle que les historiens de l'art ont pourtant réhabilité ces quarante dernières années. On ne sait que dire devant tant d'inculture.

Or, rappelons-le encore une fois, la charte de Venise, qui définit les principes de la restauration et que la France a ratifiée (ce qui l'engage), impose certaines contraintes. D'abord, « les apports valables de toutes les époques à l'édification d'un monument doivent être respectés, l'unité de style n'étant pas un but à atteindre au cours d'une restauration ». Viollet-le-Duc constitue, ô combien, un apport valable à Notre-Dame-de-Paris, et ses adjonctions sont d'ailleurs classées au même titre que le reste du monument. On peut aussi y lire que la restauration « a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fonde sur le respect de la substance ancienne et de documents authentiques. Elle s'arrête là où commence l'hypothèse » Et, pour la flèche de Viollet-le-Duc, élément constitutif de la cathédrale depuis plus d'un siècle, les documents [...]

Suite à lire ici :  La Tribune de l'Art, Didier Rykner, 17-04-2019

Didier Rykner

Notes

[1] Précision ajoutée après la publication de cet article : il s'agit bien du budget de l'entretien

[2] Nous avions le chiffre de 150 millions d'euros nécessaire, mais il s'agit désormais d'un détail.

 les-crises.fr

 Commenter