Raphaël Glucksmann, ancien candidat déclaré d'Alternative Libérale

15-03-2019 les-crises.fr 7 min #153455

J'apprends Raphaël Glucksmann prendait la tête d'une liste à la place du Parti socialiste :

 leparisien.fr

Je reste très étonné que depuis des mois, aucun média ne le mette face à ses contradictions.

En effet, fin 2006, il avait rejoint le parti politique Alternative Libérale, hyper libéral donc, mais surtout, il avait annoncé qu'il en serait candidat pour les législatives 2007 !

Regardez cette vidéo, qui le montre, et présente le programme qu'il avait donc accepté de défendre :

( Voir ici en cas de problème de vidéo)

Finalement, il n'a pas été candidat in extremis - étant allé avec son père promouvoir Nicolas Sarkozy. Nous vous expliquerons tout ceci plus tard.

Je rappelle enfin, par honnêteté et pour vous tenir au courant, que nous avons porté plainte contre Raphaël Glucksmann pour diffamation. Comme il a reconnu être l'auteur des propos incriminé, il a été mis en examen automatiquement, ce qui ne préjuge en rien de sa culpabilité ( voir ici le contexte) :

Je termine par cet article du Monde Diplomatique :

Un autre Macron est possible. Par Pierre Rimbert

Source :  Le Monde diplomatique, Pierre Rimbert, décembre 2018

Il a 39 ans, des diplômes clinquants, un regard habité et des envies de changement. Entouré de jeunes chefs d'entreprise et de « porteurs de causes » issus de la « société civile », il lance un « mouvement politique » destiné à « sauver les démocraties libérales » menacées par l'« insurrection populiste ». Parce que c'est notre projet, exhorte-t-il, « à nous, désormais, de marcher ».

Après la formation de M. Emmanuel Macron, voici Place publique, fondée en novembre par l'essayiste Raphaël Glucksmann. L'un domine le centre droit ; l'autre investit le centre gauche, où la désintégration du Parti socialiste laisse un vide et des classes moyennes cultivées désemparées. D'où va-t-on désormais proclamer que rien ne va plus et qu'il faut tout changer sauf l'essentiel : les structures économiques et sociales ? Avec Les Enfants du vide(Allary Éditions), livre-manifeste publié cet automne, Glucksmann a d'un coup comblé la béance. De L'Obs à L'Humanité en passant par Mediapart, on s'arrache l'homme providentiel. Il est chez lui sur France Inter, louangé permanent au Monde, en « une » de Libération, en couverture de Politis. Des personnalités socialistes, écologistes ou communistes projettent sur son visage souriant leurs aspirations ravalées. Glucksmann a compris que son public cible n'aimait rien tant que battre sa coulpe, triturer sa mauvaise conscience, ruminer ses échecs et y remédier au moyen de recettes toujours identiques, mais ripolinées aux couleurs du jour le vert, en l'occurrence. Cela tombe bien : Raphaël, qui s'est souvent trompé, met en scène confessions et conversion. À L'Obs(4 octobre 2018), il confie : « Je dois réapprendre à m'oublier. »Ambitieux programme.

Lui qui fut tour à tour admirateur de M. Nicolas Sarkozy en 2008, animateur de la revue néoconservatrice Le Meilleur des mondes,conseiller du président géorgien néolibéral et atlantiste Mikheïl Saakachvili, lui qui admettait volontiers : « Ça ne m'a jamais fait vibrer de manifester pour les retraites » (M Le magazine du Monde,22 mars 2014) et se déclarait au printemps 2017 « fier » de l'élection de M. Macron, revendique à présent Occupy Wall Street et dit « nous » quand il parle de la gauche. « On a zappé complètement la question sociale », admet-il. « Mon logiciel de pensée a contribué à former l'impasse dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui » (Mediapart, 14 novembre 2018). La mise à jour dudit « logiciel » copie-colle les constats effectués depuis des lustres par ceux que combattait hier Raphaël : « On voit les entreprises multinationales refuser les lois des nations et chercher à leur imposer les leurs. On voit les banques sauvées par l'argent public maquiller leurs comptes et cacher leurs fonds dans des paradis fiscaux. » À tout cela s'ajoute la menace d'un anéantissement de la planète par le réchauffement climatique.

Alors, que faire ? Contre « les anciennes idéologies, les vieux partis, les antiques structures », contre les inégalités et le gaz carbonique, Glucksmann propose plus de participation citoyenne, plus d'écologie, plus d'Europe. « Nous assumons l'horizon d'une République européenne », écrit-il. Des « porteurs de causes » aussi frétillants que MM. Valéry Giscard d'Estaing, François Bayrou, Daniel Cohn-Bendit et Bernard-Henri Lévy ânonnent les éléments de ce credo depuis bientôt quatre décennies. Les papys du vide ont trouvé leur héritier.

Pierre Rimbert

Source :  Le Monde diplomatique, Pierre Rimbert, décembre 2018

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