Est-ce que le Conseil fédéral est en droit de trahir la Constitution et les citoyens?

20-02-2019 lilianeheldkhawam.com 5 min #152445

Le Conseil fédéral semble plus intéressé à répondre aux besoins des parfumeurs, assureurs, banquiers et autres prospecteurs des big pharmas que de faire respecter la Constitution, qui fonde sa mission.

Qu'a-t-il fait de son devoir de protéger l'intégrité des citoyens qu'il représente? Comment ose-t-il prétendre que la sphère privée est un luxe pour les personnes en bonne santé?

Bien au contraire. La sphère privée appartient précisément à cet ensemble de base qu'il a l'obligation de protéger sans aucune différence de race, de comptes en banques, ou pire... d'état de santé!

 Art. 13 Protection de la sphère privée
1 Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile, de sa correspondance et des relations qu'elle établit par la poste et les télécommunications.

2 Toute personne a le droit d'être protégée contre l'emploi abusif des données qui la concernent.

Alors quand ceux qui ont prouvé scrupuleusement la défaillance de leur éthique se réunissent en secret (!) avec deux conseillers fédéraux pour voir comment ils vont évacuer la Constitution et les droits inaliénables de citoyens pour mettre en vente le secret médical, nous sommes en droit de crier non plus au complot, mais à la trahison.

Cet évènement qui ne nous surprend absolument pas n'est pas anodin. A ce stade, il s'agit d'une fuite, mais si personne ne devait réagir, la fuite deviendra un état de fait.

Avant de lire le texte de Slobodan Despot, il est utile de rappeler que le meilleur des management d'entreprise est un dictature une fois transposé à la sphère publique.

Liliane Held-Khawam

SCANDALE | Complot contre la sphère privée des patients suisses par  Antipresse | 19 février 2019

Il faut lire plusieurs fois pour y croire le compte rendu de la réunion secrète tenue en octobre entre deux conseillers fédéraux et les représentants des cartels qui régentent la Suisse.

Entre le bâton, la carotte et le chantage, on découvre que les autorités élues travaillent main dans la main avec les lobbies pour déposséder les citoyens (et les médecins) de leur dossier médical.

On s'étrangle, on se pince, et puis l'on s'interroge.

Comment les représentants des institutions peuvent-ils être plus prédateurs que les «pharma» dans cette tentative de hold-up des données privées les plus sensibles, celles de la santé?

Comment les représentants des institutions osent-ils comploter avec les industriels contre la liberté des médecins garantie par le législatif?

Comment un ministre ose-t-il suggérer qu'on prive de licence des médecins uniquement pour leur scepticisme à l'égard du dossier électronique?

Enfin, et accessoirement, où et comment une entreprise privée de parfumerie peut-elle être en charge du dossier «e-santé»?

Aurait-on osé envisager de telles mesures de contrainte en Chine maoïste? Aurait-on confié à de tels apôtres la clef de l'église dans les pays les plus corrompus du Tiers Monde?

Mais au pays où l'on ose dire que «la sphère privée est un luxe de personnes en bonne santé», tout est possible...

Ce bref article recense une telle liste d'atteintes réelles ou envisagées à la liberté et au droit qu'il pourrait donner aux esprits malveillants l'idée d'un référendum de censure. Ou, à tout le moins, de plaintes collectives contre la Confédération auprès de la Cour européenne des droits de l'homme.

Une belle publicité pour la «plus vertueuse démocratie du monde»...

 log.antipresse.net

  • Source: 20 Minutes, 19 février 2019.

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