Vous n'aurez jamais Cuba

09-02-2019 reseauinternational.net 9 min #151955

par Andrés Gómez

Fidel l’a déjà dit d’une manière similaire au titre de cet article dans son Manifeste au Peuple de Cuba du 17 juin 2007, s’adressant au deuxième président Bush et à ses plans guerriers et interventionnistes de l’époque à l’égard de Cuba, Fidel Castro a conclu ce document avec l’affirmation :

« Je vous assure que vous n’aurez jamais Cuba« .

Quelques lignes plus tôt, il écrivait :

« Cela fera bientôt un an que je suis tombé malade, et quand j’étais entre la vie et la mort, j’ai exprimé dans la Proclamation du 31 juillet 2006 : Je n’ai pas le moindre doute que notre peuple et notre Révolution combattront jusqu’à la dernière goutte de sang« .

Douze ans plus tard, un nouveau gouvernement à Washington reprend, de toutes ses forces, les aspirations toujours présentes de domination impériale et les attaques contre les processus révolutionnaires au Venezuela et à Cuba.

Quant à Cuba, multiples sont les déclarations menaçantes des principaux acteurs contre-révolutionnaires aux États-Unis, menées sous la coordination du pervers John Bolton, né pour faire le mal, qui occupe maintenant le poste principal de conseiller à la sécurité nationale du Président Trump.

Bolton et ses associés sont ressuscités quand beaucoup d’entre nous pensaient qu’ils étaient des cadavres politiques. Nous avions tort, ils étaient seulement en suspens… comme des vampires. Peu pensaient que les États-Unis reviendraient, comme ils le font aujourd’hui, à une politique étrangère interventionniste et guerrière totalement irresponsable, discréditée et vaincue par les événements historiques.

Pour ressusciter, ils avaient besoin de l’inimaginable : la présidence chaotique et répréhensible de Donald Trump. Et les voilà avec le président des États-Unis, comme des terroristes assoiffés de sang.

Pendant ce temps, à Cuba, le peuple et ses dirigeants ont rédigé une nouvelle Constitution, qui sera soumise à un référendum qui sera approuvé par le peuple dans les trois semaines, le 24 février, à l’occasion du 124e anniversaire du début de la dernière de nos guerres pour l’indépendance, et du 150e anniversaire de la proclamation de la première de nos Constitutions, qui a créé la République de Cuba à Guáimaro en avril 1869.

C’est une République que les gouvernements des États-Unis et leurs alliés internes et externes tentent inutilement de détruire depuis plus de 60 ans. Mais combien de dommages et de sacrifices ont été causés à nos peuples par leurs politiques terroristes et génocidaires au cours de toutes ces années.

Aujourd’hui, ils tentent de subvertir – constamment dans les réseaux sociaux avec leurs mensonges éhontés et par des campagnes médiatiques insupportables – en utilisant les millions de dollars accordés par le gouvernement américain, le processus référendaire constitutionnel, qui nous garantira une nouvelle Constitution, qui réformera les structures politiques, économiques, sociales et culturelles de la République cubaine.

La République du présent et de l’avenir, celle qui nous garantit la stabilité, un meilleur ordre politique, économique et social. Plus démocratique, pour la jouissance d’une société plus solidaire, plus équitable, plus digne et plus humaniste. Parce que les Cubains nous ont appris à être de meilleurs citoyens et à mieux faire notre travail en tant que citoyens au cours de ces soixante années de processus révolutionnaire, et ce que nous avons appris est incarné dans cette nouvelle Constitution.

C’est précisément la raison pour laquelle les ennemis du peuple cubain veulent renverser le processus de référendum constitutionnel.

Voudraient-ils la subvertir si ce n’était pas ainsi ?

Ils sont terrifiés par les résultats des 133 000 réunions au cours desquelles près de 9 millions de Cubains ont discuté du projet de Constitution pendant trois mois. Il y a eu plus de 1 700 000 interventions et plus de 783 000 propositions. 760 modifications ont été apportées à l’ébauche originale. Celles qui ont été analysées, expliquées et approuvées lors des sessions de l’Assemblée Nationale convoquées à cet effet, et retransmises en direct dans leur intégralité à la télévision nationale.

C’est ainsi que les constitutions politiques des États-Unis, de la Colombie, du Brésil, de l’Argentine, du Chili, du Pérou, du Paraguay, de l’Espagne, de l’Angleterre, de la France, de l’Estonie, de la Pologne ou de l’Allemagne ont été ou sont approuvées pour nommer quelques-uns de ces gouvernements qui osent toujours nous donner des leçons sur la démocratie et les droits ?

Un peu plus de 11 millions de Cubains vivent à Cuba. Quelque 8 millions de ces citoyens ont le droit de vote. Pour voter, ils doivent avoir 16 ans.

Selon la Commission Électorale Nationale, 25 348 bureaux de vote (1 051 à l’étranger) seront autorisés dans 12 635 circonscriptions, dont 122 à l’étranger. Il y aura 195 collèges électoraux spéciaux situés dans des lieux de forte concentration de population. Même dans les zones de la capitale touchées par la récente tornade, les conditions d’exercice du droit de vote seront garanties aux résidents de ces zones.

Si l’électeur ne se trouve pas dans sa localité le jour du référendum, que ce soit pour des raisons de travail, de maladie ou autres raisons justifiées, il est autorisé à voter dans une autre école.

Les citoyens cubains qui, pour des raisons personnelles, se trouvent à l’étranger mais qui ont recouvré ou maintenu leur statut de résident permanent dans le pays, peuvent exercer leur droit de vote s’ils ont vécu sur le territoire national. Ceux qui ont récemment recouvré leur statut de résident permanent dans le pays sont tenus d’attendre deux ans avant de voter.

Dans les 122 bureaux de vote à l’étranger, les diplomates cubains, tous les collaborateurs cubains à l’étranger, les universitaires cubains dans ces pays et les citoyens cubains en mission officielle voteront de manière spécifique.

Qui ne pourra pas voter à Cuba ? Ce citoyen cubain qui a été déclaré inapte judiciairement ; ceux qui sont sanctionnés d’une peine privative de liberté ou d’une autre sanction subsidiaire ; et ceux qui ont des droits politiques limités.

A Cuba, plus de 200 000 étudiants – entre la première et la neuvième année – s’occupent des urnes dans les bureaux de vote. Ni la police ni les forces armées ne le font.

En outre, 225 000 personnes supplémentaires se rendront dans les bureaux de vote.

Qu’est-ce que vous en pensez ? Quelle réussite. Quelle satisfaction. Quelle fierté.

Je le répète, si ce n’était pas ainsi, essaieraient-ils de subvertir ce processus électoral vital ?

Je voudrais terminer ce travail en citant les trois derniers paragraphes d’un article incisif et rafraîchissant du conteur cubain, Juan Miguel Cruz Suárez, « Si je n’étais pas cubain » :

« Si je n’étais pas cubain, je pourrais me lever tôt et ne pas boire de café, je parlerais toujours tranquillement, je ne ferais pas de blagues dans les endroits les plus insoupçonnés, je n’engagerais pas de conversations improvisées avec un étranger à l’arrêt de bus, je ne demanderais pas de sel aux voisins, je ne donnerais pas de sang volontairement, j’en saurais un peu moins sur la solidarité, je n’irais pas gratuitement à l’hôpital, je n’aurais pas d’enfants protégés par des vaccins gratuits, je ne prêterais pas attention à la Vierge de la Charité, aux estampilles de Saint-Lazare ou aux offrandes déposées dans les troncs de cibas.

Si je n’étais pas cubain, j’ignorerais la joie de faire une Constitution et d’avoir le droit de voter pour elle ; et surtout, qu’un peuple bon peut faire plus qu’une tornade destructrice.

Si je n’étais pas cubain, je n’aurais jamais appris qu’on peut vivre avec moins, mais avec plus de fierté, qu’on peut être bloqué par tout sauf un sourire et le désir de vivre sans y donner un prix« .

Source :  A Cuba no la tendrán jamás

traduit par Pascal, revu par Martha pour  Réseau International

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