Élection présidentielle en Algérie. Le double starter de la victoire des Algériens et de son torpillage allumé.

04-02-2019 3 articles mondialisation.ca 12 min #151703

La participation massive des Algériens à l'élection présidentielle d'avril 2019 est sa position optimale. Les conditions de l'explosion de l'Algérie étant réunies, nous allons démontrer que l'objectif principal de cette élection est d'accélérer cette explosion pour venir à bout de la résistance des Algériens par la paix et ses couts politiques, économiques et sociaux à toutes les attaques qu'ils subissent depuis 2013.

Le torpillage de la dignité des Algériens a pour objectif de les priver d'avoir le privilège d'être l'unique peuple d'Afrique et du Monde arabe à gagner par la paix sa résistance à sa désintégration ethnique, amputation territoriale et sa soumission à l'ultralibéralisme financier avec dépossession de richesses.

Considérations de base

Certains comportements individuels privés et publics impactent la prise de décision. De même et sans être propre aux Algériens, le génie populaire fait des constats vérifiables dans le temps. Quand ces derniers perdurent, ils deviennent intergénérationnels et intertemporels. En Algérie, ce sont les femmes qui en créent et tissent des légendes, contes et histoires ; les hommes (plus) opportunistes en produisent des rapports de force parfois sanglants qui améliorent les richesses de certains et augmentent la pauvreté d'autres.

Individuellement pris, la relation entre les Algériens est une identité. Leurs collectives interactions ont produit le sous-développement de l'Algérie lequel sous-développement ayant été déjà traité normativement et positivement. Le rédacteur le redéfinira par auto-flagellation. Il reconnait son sous-développement. Il appartient à une nation, l'algérienne, que les dernières politiques ont enfoncée. Il sait que dans un éventail de solutions et par incapacité à produire une analyse cout-bénéfice ou cout-utilité, il choisira la solution triviale. Il ignore que si la solution à un problème est unique, elle est la meilleure même si elle produit une catastrophe. Il consomme du temps à satiété dans sa critique sans en proposer une autre. Il refuse d'admettre que la réduction d'une perte est un gain et qu'un gain en perte peut produire de mortels dégâts.

Dans un pays sans opinion publique, avec une faible formation, monolingue, sans actualisation et perfectionnement supportés par une production nationale universitaire et académique, l'étrangère étant inaccessible, s'alimentant à des sources d'informations douteuses par des bouches et plumes soit imbues soit condescendantes, il déblatère sur les crises étrangères et spécule sur leurs solutions. Quant aux maux et cancers qui rongent son pays, il les pousse sous le tapis pour les ajouter aux précédents qui par cumul ont rendu leur épaisseur si importante qu'il lui est difficile d'y réfléchir à quelques solutions pour les plus facilement curables comme l'amazighité.

Avril 2019, après le 19 et tout sera clair

Pour y injecter l'exception d'inconstitutionnalité, une autre révision de la constitution a été brandie comme menace pour justifier un nouveau mandat et par la même dépasser le délai légal d'une nouvelle course. S'étant avérée non crédible, elle a été abandonnée sans que la présidence et le gouvernement ne fournissent d'explication. Trois causes potentielles pour cet abandon : 1) serrer le temps des autres candidats faute de quoi ils profiteront pour dénoncer la manœuvre, 2) les effets positifs signalés de cette exception dans une bâtarde constitution et 3) le poids des pressions internationales pour accélérer la déstabilisation du pays.

Dans cet aspect légal, les Algériens doivent avoir permanente la question aux candidats pour la révélation de l'identité des rédacteurs de la loi fondamentale actuelle. S'ils les connaissent, ils leur 'boucheront un coin' avec un potentiel choc s'il s'avère que ce sont des étrangers ; dans le cas contraire, ils déduiront leur niveau politique.

Pour la façade économique. Depuis 1981, informellement, des barons et des fortunes ont commencé à éclore. Parmi les coups destructeurs que la patrie a reçus : 1) l'accord entre la France et l'Algérie sur le transfert en francs et euros des pensions de retraités, 2) l'arabisation du système éducatif et 3) la privatisation des terres agricoles. Formellement, l'Algérie est l'otage du Fonds monétaire internationale et de la Banque mondiale. Elle a été victime de strangulation durant les années 1990. Aucun chef de gouvernement, aucun ministre et aucun économiste algérien n'a produit une documentation qui permettra une compréhension des politiques et des cibles chiffrées. Malgré la signature en décembre 2018 de la Loi des finances pour 2019, mise à part l'augmentation de la taxe sur les sachets en plastique, aucune disposition n'a été rendue publique. Ce sont des parlementaires qui menacent le peuple avec la levée des subventions.

La question identitaire : une bombe atomique entre les mains des Français et des Américains

L'amazighité de l'Algérie a été victime d'une enchère descendante marquée par l'abandon des Aurès dans le recouvrement de l'entièreté de l'identité originelle des Algériens. Sous la conduite des décideurs natifs du pays colonisateur, tous les coups fourrés assénés à l'Algérie l'ont été avec la manipulation criminelle de la question identitaire. La dernière en date a été la création d'une bureaucratie appelée académie. Le 12 janvier, Amazwarou N'Yennayer, marque le nouvel an amazigh. Cette année, sous le patronage d'une fortune, il a été célébré à... Paris par des chanteurs à qui il est devenu impossible d'égaler les sacrifices et l'honnêteté d'un démiurge rafalé. La dernière monstruosité de l'État algérien a été le capotage de la tournée de Tinariwene sur ses terres natales.

Les candidats, le Candidat et le Président en course à la prochaine élection

Après avoir avalisé des projets pharaoniques intensifs en capital financier [3], imposer une antipatriotique loi fondamentale et en déclenchant le dégoupillage de la bombe identitaire, cette élection est une opportunité pour l'actuel président de doter l'Algérie d'un hymne national bilingue pour ressouder la nation, à défaut il emportera avec lui une guerre hybride et s'inscrira à son débit dans l'histoire la fragmentation et la partition du pays.

Quant aux autres candidats, ils ont un point commun : ils n'ont pas de programme, un vocable creux parce qu'être président de la République obéit à une et une seule exigence : la légitimité populaire attestée par la légalité de la compétition.

Le mensonge vrai et la vérité fausse dans les engagements.

Dans les moyens de communications des candidats, il y a les journaux docilisés. Ils ont aussi les pages Facebook. Les candidats contactés sur la question non pas identitaire mais sur la dotation de l'Algérie d'un hymne national bilingue n'ont pas daigné répondre. Les motifs relèveraient d'une incapacité intellectuelle à aborder cette problématique, d'un racisme primaire non avoué, d'un manque de courage patriotique et de la peur des pertes de voix. Ils oublient que si l'uniformité a facilité la réunification des deux Allemagne, la diversité a fait exploser la Yougoslavie.

'Changer le système' et 'défier le système' sont des mensonges vrais. La définition d'un système dit que c'est un ensemble structuré. Les candidats qui ont participé à son installation et ceux qui l'ont aidé à se maintenir commettent des mensonges vrais en affirmant le changer ou le défier. Le candidat qui prétend le défier dit une vérité fausse. Pour réussir ce défi, il faut être connu des Algériens et bénéficier de leur confiance ou être adoubé par un système plus fort, plus contraignant et plus coercitif. Ce dernier ne peut être que le produit d'une ou d'une coalition de puissants systèmes étrangers.

À deux mois de l'élection présidentielle, des candidats promettent de révéler leur programme dans le futur. C'est une vérité fausse parce qu'ils n'en ont pas et le candidat qui prétendra en avoir un sera une fois révélé un calque des programmes d'asservissement imposés par des organisations supranationales.

Le silence des Janviériste et le candidat général néo-janviériste

La première promotion de généraux dans l'armée algérienne est de juillet 1984. À l'époque, la rumeur mêlée à de la dérision a fait de l'absence du colonel commandant l'académie interarmes de Cherchell réputé pour son honnêteté et intégrité a été un choc. En novembre 1984, une nouvelle vague dans laquelle il a été inclus a été galonnée.

Les Janvieristes sont le groupe de généraux qui ont imposé leur diktat au peuple algérien en 1992. Le désastre engendré court toujours. Invités à appeler à la paix, à la protection de la patrie et à dénoncer la mainmise de la France sur l'Algérie, ils ont préféré le silence.

Parce qu'il s'est fait comme par coïncidence en janvier 2019, le candidat général néo-janvieriste à la prochaine élection a été leur élève. De part la fonction qu'il a occupée au sein de l'état-major militaire, il est le témoin de tous les ravages des programmes d'ajustement structurels du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale.

Sous la fausse explosion démographique algérienne criée à tort et à travers par les Français et la vraie fausse austérité qui a frappé l'armée, il a vécu la démobilisation des algériens vis-à-vis de la protection de la patrie. Les cartes de dispense des obligations militaires sont un business juteux de corruption et de passe-droits. Par la théorie économique de la substitution, l'armée algérienne a remplacé la force labourisque quasi-gratuite par une saignée capitalistique à travers l'acquisition d'équipements militaires qui entraine une dépendance à l'étranger. En plus de sa quasi-gratuité, l'enrôlement militaire est une opportunité pour la découverte de la patrie, la solidification de la nation par les mariages et la mobilité dans le travail. Sans dénoncer cette politique et sans avoir produit une publication universitaire de sa part, il s'est auto-disqualifié.

Menaces sur l'Algérie

Les Algériens donnent l'apparence qu'ils croient dur comme fer qu'ils sont épargnés contre une déstabilisation violente.

À l'intérieur du pays, sans la lucidité de certains, la vallée de la Soumam est la région où toutes les manœuvres d'embrasement ont été testées. Exploitant son ouverture d'esprit, certains écrivaillons, en évitant d'offenser leurs mentors, ont peur de s'exprimer sur la dotation de l'Algérie d'un hymne national bilingue. Pour vendre plus leurs salades, il caresse dans le sens du poil une partie de leurs auditoires en fustigeant l'Islam, le Coran, le Prophète. Il vante les mérites de cette glorieuse vallée dans la libération de la patrie, dans ses 'combats' perdus dans la défense des droits de l'homme. Pernicieusement, ils font croire que la langue tamazight a été rétribuée et par conséquent il faut cesser de pousser le bouchon trop loin en revendiquant l'amazighité de la patrie.

Les milieux de l'argent sale ont supplanté les syndicats et les groupes sociaux. Ils menacent que sans eux la Soumam deviendra une maquiladora alors que c'est toute la patrie qui le sera.

Au niveau nord-africain, le refus de coopération entre les dirigeants amène une et une seule conclusion : que chacun évite pour soi la déstabilisation interne orchestrée de l'extérieur, quant à l'explosion sociale, elle sera contenue par la répression ou il sera conseillé aux peuples de faire comme les Algériens qui résistent par la paix.

De l'extérieur. Dans sa bataille contre les USA, la Chine et la Russie, la France et son intelligent et fort président menacent l'Algérie et toute l'Afrique du Nord. La France, elle-même et comme prévu dans certaines de nos publications, victime de la montée des courants racistes européens et de cette tornade, les Gilets jaunes, allumée par les courants libertarien et paternaliste américains, est obligée de ne rien lâcher en Algérie et parce que chassée de l'Afrique équatoriale par les USA, elle (la France) est contrainte de miner l'Afrique du Nord avec la partition du Mali en deux états (Nord musulman et Sud animiste), de la Libye (Cyrénaïque à l'est, Tripolitaine à l'Ouest et la bande d'Aouzou, un no-man's land avec le Tchad qu'elle exploitera après son élargissement). En plus, la France a plusieurs atouts : des ministres, dignitaires et fortunes algériens sont au moins résidents qui peuvent constituer un gouvernement algérien en exil, des plumitifs-romanciers qui allumeront les Algériens qui malheureusement ne maitrisent pas l'anglais ou l'allemand pour mieux décomposer les fausses théories et autres manipulations.

La France a aussi un immense atout : ses médias qui ont déjà commencé à distiller pernicieusement des articles de presse de consistance universitaire qui une fois les Algériens transfusés par le poison qu'ils contiennent vont s'entre-déchirer.

La solution à l'amazighité et la paix au service du développement de l'Algérie

Une participation massive à la prochaine élection présidentielle est une condition nécessaire et suffisante. Elle est nécessaire pour prouver la maturité du peuple et suffisante pour avertir les puissances étrangères et aussi aider tous les Nord-Africains pour s'émanciper. Elle est suffisante pour mettre en garde le futur président et son gouvernement contre toute atteinte à la gratuité de la santé et de l'éducation et l'avertir que les droits civils et politiques vont être imposés par la volonté populaire.

Le mode de vote

Le génie populaire algérien dit : 'Ils sont tous les mêmes' ou Gaâ Kif Kif en arabe dialectal et Yiwen N'ssen en tamazight. Le 18 avril prochain, dans les bureaux de vote, les électeurs feront des tirages au sort. Ce mode de vote a deux qualités : il est équitable et économique. Il a une vertu : il évitera les rixes et querelles. Il porte deux menaces : 1) l'intervention des puissances étrangères pour s'opposer au sort et destin de l'Algérie si l'élu diffère de celui qu'ils veulent et 2) il conduira à une impasse si l'élu est incapable de s'imposer et diriger l'Algérie. C'est cette impasse que le peuple algérien doit gérer avec dignité en se rappelant que c'est une minorité qui a déclenché le processus libératoire de l'Algérie et c'est la majorité qui a gagné la guerre.

Cherif Aissat

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