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La Société-Réseau  - Chapitre 18 : L'estimation des besoins

La Société-Réseau  - Chapitre 18 : L'estimation des besoins

08-01-2019 9 min #150505

Je suis content que vous posiez la question parce que c'est l'alpha et l'oméga de tout le système-logiciel. L'estimation des besoins n'est que le produit du fonctionnement de toute l'infrastructure qui a été présentée. C'est un peu en cela que c'est un « moteur », le système a besoin des données que génère son utilisation.

Il devra y avoir toute une intelligence de la compréhension du besoin, et en attendant qu'une IA soit capable de savoir, quand une acquisition se reproduit, si et quand elle se reproduira.

Il est évident que l'expression de ce besoin sera confié à l'utilisateur, qui accède à une gratuité, qui au début sera un peu mal réglée. La justesse de la redistribution devra s'affiner au fur et à mesure de la connaissance et la compréhension des principaux besoins, et des itérations entre l'humain et la machine.

Pour démarrer ils seront simplement énumérés de façon générique dans un Plan, auquel le logiciel se référera par défaut. Ce plan pourra ensuite être alimenté des constantes observées dans les autres processus.

C'est amusant que la valeur des biens acquis, quel que soit la façon dont le logiciel comprend et estime cette valeur, déterminera ces besoins, qui s'expriment alors dans le même « langage » (qu'est leur « coût »). Aussitôt donc, le logiciel pourra mieux estimer la valeur de ces biens, ou du moins la valeur de leur cohésion avec les besoins.

Et ce qui est génial c'est que le système trouve lui-même son équilibre fonctionnel, son homéostasie, tel un organisme vivant. (C'est ça qui est beau dans l'informatique.)

18.1 - La satisfaction des besoins

Dans le mécanisme de la gratuité orchestrée, l'accès aux biens est libre, tant que ça ne perturbe pas les droits des autres. Elle procède de l'utilisation d'une console, on va dire, qui réagit à la lecture d'un QRCode sur le produit. (Facile.)

On est restés pour l'instant très vagues sur ce qui se passe sur la console de l'utilisateur. On a dessiné le moment où l'acquisition est validée ou non, mais en fait, si on observe attentivement de quoi cette décision est composée, on s'aperçoit que chacune des sources de données s'intéresse de manière différente à l'utilisateur. C'est leur adjonction qui établit le droit d'accès au bien.

18.2 - Les sources de données des besoins

La formulation du droit s'exprime comme avec les CSS, pour ceux qui connaissent, c'est à dire en cascade, c'est à dire que de nouvelles règles peuvent supplanter les précédentes. Cela permet d'écrire des règles globales, locales et ponctuelles. Je ne vous raconte même pas à quel point ces trois échelles d'application des paramètres est capital dans l'Ontologie des Systèmes(1).

18.2.1 - La source légale

La première source de données pour l'estimation des besoins est un Plan qui détermine les besoins théoriques généraux. Il est forcément très inique. Il pourra être réévalué à la vue des résultats des autres sources de données.

Cette première couche a la vertu de dégrossir efficacement les ordres de transferts qui permettent d'acheminer les produits dans les régions où il est prévisible qu'ils soient nécessaires.

18.2.2 - La source effective

Une deuxième couche de règles est appelée, qui est le rendu d'une IA qui évalue le rythme des consommations. Elle possède des modèles prédictifs. Elle se base sur ce qui est connu et permet d'affiner considérablement les ordres de mise en route des produits vers les lieux d'attentes. Comme on le voit, ces ordres peuvent contrarier les précédents. Et dans l'autre sens, les surprises qui n'en sont plus peuvent être rétro-appliquées au schéma initial (le Plan global).

18.2.3 - La source directe

Une troisième couche pourra être confiée à une sorte de jeu qui permet de répartir ses droits sur des biens qui sont souhaités en particulier. Il s'agit des préférences de l'utilisateur (ce sont de vraies « préférences »). Il pourra même y avoir des « settings » avec des paramètres-types selon l'âge (pour les bébés ou les vieux), l'état de santé, etc.

Cette gestion « côté utilisateur » peut devenir déterminante pour le logiciel qui ausculte les besoins, si elle fait état des produits qu'on veut recevoir de façon récurrente. C'est souhaitable pour le logiciel que l'utilisateur prenne des abonnements, car ainsi il certifie les besoins en terme de production. Cela permet de justifier la pertinence de leur production, ce qui à sont tour renforcera la latitude des moyens qui lui sont accordés.

18.2.4 - Les exceptions

Enfin, on estime qu'il faut laisser une dernière instance à l'utilisateur, pour peu qu'il agisse de façon sobre et responsable, à moins qu'il n'y soit forcé par les institutions qui s'amuseront à surveiller les abus. Il doit pouvoir y avoir de tels verrous de secours afin de pallier à d'évidents dysfonctionnements du système, qui consistent à forcer l'acceptation d'un transfert de bien. En tous cas du point de vue du logiciel, tout ce qui compte c'est d'avoir cette information.

18.3 - L'utilisation de la console

Un simple commutateur OUI / NON serait trop frustrant, en tous cas rendrait presque abusif l'emploi du terme « système de gratuité ». Il faut voir qu'il existe une gradation des besoins, en terme d'importance, de fréquence, de qualité, et de niveau de droits.

Dans le cas des biens courants, on imagine bien que le Plan des besoins statistiques n'a pas prévu l'utilisateur qui est (soudainement devenu) allergique au lactose, et qui désire concentrer ses achats sur des produits particuliers. On sent bien venir le moment fatal, et déprimant, où le système répond « NON » alors qu'on n'a pas le choix ! Comment, alors, forcer l'accès au bien, c'est à dire élargir son droit ?

C'est amusant quand même, que le droit soit sculpté par les utilisateurs. C'est comme dans les anciennes civilisations (dont la nôtre actuelle), quand un droit n'est pas utilisé, il rouille ! C'est l'usage des droits qui préparent et orientent les droits futurs, pour qu'ils correspondent aux besoins. C'est la nature dynamique du droit.

Il pourra y avoir, avec un refus, une option pour forcer l'acceptation. Elle-même pourra receler des procédures de plus en plus complexes pour justifier l'accès à un bien, ou une richesse.

A ce moment-là le plan prévisionnel est interrogé, et calcule la probabilité de faire une exception. Il calcule la valeur du bien et diminue d'autant les droits de l'utilisateur. Finalement, c'est une procédure standard.

Il peut y avoir des niveaux vert, orange et rouge qui font état des stocks disponibles par rapport aux besoins prévus, afin de rendre l'utilisateur conscient de l'importance qu'il accorde à l'acquisition de son bien. Si vraiment c'est très important, il pourra utiliser sa liberté d'accéder à ce bien, mais seulement en connaissance de cause.

Mettons que le droit soit clairement insuffisant, dans ce cas la demande d'accès au bien peut se préparer dans le temps, en compensation d'une baisse temporaire des droits usuels, et une jauge peut apparaître pour estimer combien de temps il faudra attendre encore pour pouvoir accéder à ce bien. Il peut y avoir des files d'attentes.

18.4 - Les besoins en terme de travail et de ressources

Cela relèverait du même mécanisme pour une industrie d'exprimer ses besoins humains et matériels. En son sein, elle génère des besoins qui sont à la charge de la richesse publique, et qui peut ouvrir des droits pour faire un appel à des corps de métiers. La satisfaction de ces besoins, est facile à deviner, dépend des personnes qui iront travailler dans ces entreprises, et des comités qui délivreront les ressources indispensables. Pour que le système-logiciel puisse y répondre, il peut affecter des richesses à des comités ou à la formation professionnelle.

18.5 - Les besoins en termes sociaux

Tous les besoins ne s'expriment pas de manière formelle par les paramètres d'un « cluster », mais seulement toutes les utilisations doivent être signalées. Par exemple le simple fait d'aller à l'université, pour le système d'allocation générale des ressources, constitue une information de premier ordre. Car dès lors les besoins physiques qui en découlent se déduisent aisément. (Il peut y avoir des modèles pour cela.)

C'est à dire en définitive que l'écoute des besoins dont le logiciel a besoin ne se limite pas aux produits consommés, mais aussi aux pratiques, aux habitudes, et même aux envies. C'est certain, ce sera un énorme Big Brother, mais comme je le répète souvent, dans le cadre d'un système social équitable et viable, qui ne génère pas d'angoisse à propos de son avenir personnel à court terme, l'impression laissée par cette surveillance constante est plutôt celle d'un regard bienveillant. Ce regard ne pet être sue le miroir de l'âme du système social.

18.6 - La création des besoins

Enfin, on peut se demander comment signaler des besoins qui seront consécutifs à la réalisation d'un projet, pour lequel il convient de faire appel à des ressources, des énergies et des fournitures. Pour cela on avait évoqué la possibilité de créer des Plans (et des Grands Plans). Ce sont des résolutions prises politiquement pour faire tendre l'utilisation des richesses vers l'accomplissement de buts concrets, qui peuvent être à moyenne ou à grande échelle, de taille ou te temps.

Dans ce cas la décision de créer un pont, ou une ville, ou d'améliorer substantiellement l'éducation, ou de dépolluer les rivières du monde entier, va ouvrir des droits aux industries qui se proposeront d'en prendre la charge.

C'est intéressant de s'imaginer que ces industries pourront se créer et se volatiliser instantanément, en créant une cohésion humaine autour de ces buts, décidés socialement. Si ce sont les gens eux-mêmes, réunis en association, qui réclament des industries nouvelles, eh bien ils seront à-mêmes de les créer, et tous les moyens leur seront alloués, y compris ceux qui garantissent l'intelligence de son usage des ressources qui sont mises à sa disposition.

C'est là qu'on peut conclure que la grâce de ce système est de faire que la distribution, l'usage des biens et de l'énergie humaine servent la bonne cause.

(1)Qui n'existe pas encore.

- networksociety 180718

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