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La Société-Réseau  - Chapitre 16 : Le mécanisme de la valeur

La Société-Réseau  - Chapitre 16 : Le mécanisme de la valeur

08-01-2019 37 min #150503

Ceci est le point de départ de ce qui peut dépasser le système-argent. Il est question d'instaurer les processus d'estimation de la valeur dont la conséquence est de toujours obtenir le résultat optimal, et à le préférer à tout autre. Cela ne peut être que le fait d'un logiciel.

Le terme de « valeur » tel qu'utilisé par le capitalisme semble avoir la vanité de promettre la reconnaissance (publique, implicite, automatique) de cette « valeur », et tout en même temps semble éclairer de sa façon de compter les autres valeurs telles que le prestige ou l'estime de soi. Il faut un peu se mettre à nu pour parler de valeur.

La valeur d'une œuvre, d'un édifice, d'un accomplissement, d'un acte, d'une espèce animale, de l'ADN, de l'eau, de l'air... (d'un livre), n'ont qu'une valeur relative pour un système matérialiste sans vision à long terme. Il faut juste abandonner directement cet archaïsme qui joue sur la confusion des genres. Si on veut être sérieux, il faut savoir mesurer de l'existant ce qui contribue au sentiment de justice.

C'est là tout le problème du capitalisme, c'est un système dont les centres proprio-récepteurs qui permettent de capter de la réalité(1) sont aussi pauvres que si on voulait mesurer l'éclat d'une étoile avec un thermomètre.

Ce qu'on veut faire, c'est dénicher le mécanisme qui permet de donner une, ou plutôt des valeurs à un objet.

16.1 - La valeur d'échange

La valeur d'échange dans un système marchand n'est en rien la valeur d'un objet, mais le prix auquel son échange a lieu. Si l'eau est rare, sa valeur grandit. (Et quand elle est abondante, on peut la polluer...)

Ce prix est fondé sur quoi ? Sur la valeur d'échange des autres trucs vaguement comparables, aussi bien en terme de qualité que de quantité, que du besoin. (Et si on a un besoin vital d'un médicament, alors forcément son prix augmente...)

16.1.1 - Le marché

Quand j'étais petit, et ça semblait clair pour tout le monde, le marché des billes était rigoureusement établi : il fallait deux hélices pour avoir une œil de bœuf, deux œils de bœuf pour avoir une goutte d'eau, cinq gouttes d'eau pour une Galactica (trop belles), sept pour une Pirate, et dix pour une Nova (chromée transparente). Et pour les calots c'est le double de la valeur nominale. Les Galactica-goutte-d'eau étaient des raretés (et mes préférées!). En fait les billes étaient juste échelonnées des plus banales aux plus belles et rares, et extatiques.

En passant, notez que le marché des billes était dissocié des jeux, dans lesquels les billes gagnées ou perdues n'étaient pas de même valeur. L'essentiel de l'attention restait au jeu lui-même (il y a plein de jeux avec les billes), sans être perturbé par la notion de valeur. Sinon il aurait engendré des bagarres, comme au Monopoly.

Mais dans le monde des grands il convient de s'enquérir de plus de soin dans l'élaboration de la valeur. Qu'espère-t-on après tout, à ordonner l'existant sur une échelle allant de zéro à l'infini ? Comparer des petits pois avec les grandes œuvres du génie humain, et finir par obtenir, par une simple addition, le prix du monde ? Aura-t-on vraiment tenu compte de l'essentiel ?

16.1.2 - L'obscurantisme de la valeur

Bien que la valeur soit complètement subjective, les prix eux sont rigides, ils se fixent par rapport aux autres prix, de façon aussi arbitraire que déterministe. Mais il ne faut pas en vouloir aux humains, ce n'est qu'un moyen, artificiel et intuitif, de rationaliser les décisions. C'est à dire que pour pouvoir décider, réfléchir, s'organiser, on a besoin de données tangibles et prévisibles facilement. On a besoin, principalement, de combiner qualité et quantité et de répartir équitablement les richesses. C'est normal qu'à une époque pré-informatique les hommes se soient contentés de leur sens de l'abstraction(2), surtout qu'ils n'avaient pas prévu que ça servirait dans une macro-économie, et sans doute se disaient-ils qu'une fois ce moment venu, les humains auraient la présence d'esprit de rationaliser l'existant au moyen d'outils plus puissants, précis, et adaptés.

Du coup on se retrouve à gérer des valeurs à la place des objets, et à se demander « ai-je les moyens ? », « non plutôt choisir ceci », comme si on faisait ses emplettes, même lorsqu'il s'agit d'envoyer des troupes de civiles volontaires après une catastrophe naturelle...

Et cette valeur d'échange est à ce point décisive et déterministe, qu'elle permet de créer des situations de dépendance, de chantage, des guerres économiques(3).

C'est à cause de cette dépendance permanente à un système frauduleux qu'il devient acceptable pour la dialectique de parler d'esclavage(4). Les hommes sont devenus esclaves du système qu'ils co-génère.

16.1.3 - Les limites d'une faible complexité

Le système, comme toute entité dynamique et complexe, a tendance à devenir machinal, profondément ancré dans les réflexes, et à s'automatiser. Le problème est que ce système est destructeur, s'apparente plus à un virus. Qui plus est, il a atteint ses limites en terme de complexité, car il est déjà la boursouflure exacerbée d'un principe éminemment pauvre et primitif, et ne peut plus qu'engendrer la destruction dont profite sa perpétuation.

Fondamentalement, l'argent est un (mauvais) outil d'évaluation de la réalité, et c'est parce que cet outil est rachitique par rapport à ce qu'il est sensé représenter que l'économie n'est plus qu'une bulle spéculative mondiale en train d'exploser, au ralenti, comme ces icebergs qui se détachent sur plusieurs jours. La plupart des faits qui constituent un danger imminent et mortel ne sont absolument pas relatés, et n'ont pas besoin d'être pris en compte par le procédé de « la valeur d'échange ».

C'est cela qu'il faut impérativement changer, en cherchant à établir un nouvel outil de mesure de la réalité (et non de la valeur).

16.2 - La valeur d'usage

François Houtart(5) faisait l'éloge de la valeur d'usage, dans son ultime article. Paix à son âme. Je me suis dit que c'était un héritage qu'il fallait cultiver. Cette notion relève de toute une pensée dont nous allons utiliser un bon nombre de considérations.(6)

La valeur d'usage est un terme vaste qui peut revêtir des significations telles que le besoin, l'utilité, la dépréciation et les conséquences. Chacune de ces considérations relèvent champs d'analyse différents. Il ne s'agit ni plus ni moins que de prendre en compte dans le coût un nombre inconnu de paramètres, et pas seulement en additionnant leurs évaluations respectives établies sur un barème funestement ridicule.

16.3 - Le score RED

Nous allons identifier ces caractères, en les structurant, mais en évitant le piège de parler de « valeur », car ce terme recèle différentes acceptions qui sont utiles indépendamment les unes des autres. En effet on va traiter de différentes évaluations d'un objet, en y incorporant un nombre croissant de paramètres. Même le terme « usage » reste trop vaste, vue la quantité de considérations qu'elle peut revêtir.

Ce qu'on veut obtenir, dans notre modèle, c'est un score issu d'une mécanique qui doit renvoyer un taux de pertinence de l'acquisition de l'objet (à la place du mot « valeur »), indépendamment de la manière dont il est distribué (vente, don, contribution...).

C'est à dire que nous allons, au niveau procédural, intégrer à l'édification de ce « score » le moment où l'acheteur se demande s'il a les moyens de faire une acquisition. C'est tout bête, mais ce qui relève des mathématiques n'a pas besoin d'appartenir au décisionnel (sauf si on a l'intention d'arnaquer), alors autant l'intégrer directement dans la mécanique de l'acquisition. C'est la machine, qui vous dit si vous avez les moyens (légaux et financiers). Et en fonction de leur hauteur, elle propose prioritairement meilleur produit disponible.

Un des autres effets de cette mécanisation de la valeur est que son usage est fatalement réservé au système. L'utilisateur n'a pas besoin de connaître les détails, sauf s'il les demande. Ce qu'on cherche finalement, c'est seulement d'accumuler assez de raisons de permettre le transfert. (Ou en réalité, dans le cadre de la gratuité, d'établir les motifs de la restreindre.)

Ce « score d'usage »(7) sera dépendant de l'utilisateur (de ses besoins ou permissions) et aura la vertu de valoriser les ressources (GREEN) et le travail (BLUE) qui y auront été investis, ainsi que les décisions initiales de la création de la production. Plus le score sera élevé, plus on considérera que l'usage des richesses était le meilleur possible. Ce score devra signifier la maximisation des richesses.

Ce score RED est une valeur relative, par opposition aux valeurs absolues que sont les valeurs BLUE et GREEN, qui sont cumulables entre elles. Faire cette distinction est fondamental, et a des répercussions phénoménales, notamment sur l'accroissement de la qualité des biens. (On y reviendra.)

On peut déjà entrevoir une mécanique de calcul du score RED qui sera souple et dynamique, adaptative, et qui conduira mécaniquement à la distribution des produits attendus.

16.4 - Contexte

Rappelons que nous avons quantifié l'existant à l'aide de clusters, et que leur circulation produit toute l'information dont nous avons besoin. Nous avons dissociés ces flux en trois catégories (qui sont aussi des « valeurs ») : les ressources (GREEN), le travail (BLUE) et les biens (RED).

Donc, là où commence notre logiciel, qui repose sur son framework (qu'est l'infrastructure systémique) c'est quand on va créer la mécanique qui établit le score RED (en somme, le prix) qu'on va ensuite pouvoir affecter à un cluster. C'est un mécanisme articulé en trois phases, qui répondent à des questions distinctes (qu'on va aborder).

Cet algorithme reçoit des paramètres, que sont les crédits-droits (au chapitre suivant) et renvoie un score RED, affecté au cluster au moment où il change de propriétaire.

Illustration 15: Fabrication du score d'efficacité. Les couleurs sont symboliques !

Le schéma ci-dessous permet de visualiser les différentes inclusions de la transaction : celle de l'objet proprement dit, celle qui tient compte de « l'usage » (valeur-produit), et celle qui inclue les droits (score RED). Au chapitre suivant on verra comment on évalue les Droits, pour en faire des crédits. Ils incluent autant la législation que les moyens individuels. A la fin, les crédits circulent avec l'objet.

16.5 - Illustration 16: Structure d'une transaction

L'objet de la valeur

On appelle « un objet », dans notre coutume informatique, tout bien ou service, meuble, immeuble, immatériel, et tout travail. Ce sont autant de clusters.

16.5.1 - Les inclusions

L'objet qui est évalué est déterminé par l'ensemble de ses attributs, auxquels correspondent des propriétés. Il est également représenté par sa valeur-travail (BLUE) et sa valeur-ressources (GREEN). Il contient également des composants parents qui sont autant d'autres objets. Quand un objet est incorporé à un autre, il n'est plus estimable, car il n'est pas transférable. (Et si on le débranche, il est éligible pour avoir une valeur d'usage ; Et l'objet dont on l'a enlevé perd une de ses propriétés, et sera réévalué.)

Si bien qu'un cluster peut cumuler une valeur BLUE qu'a nécessité sa fabrication à la valeur BLUE qu'ont nécessités les composants qu'il utilise (celle des les clusters-parents). Idem pour la chaîne GREEN, tandis que le score RED n'apparaît que lorsque l'objet est transféré, et ne se cumule pas. Il est seulement conservé dans un historique pour observer la dépréciation de l'utilité d'un objet.

16.5.2 - Les distinctions

De cette manière la valeur-produit est dépouillée des interférences qui subjuguent son édification, puisque le travail que ça a nécessité est déjà payé par le circuit monétaire BLUE), l'usage des ressources est déjà justifié (par le circuit GREEN), il ne reste plus, en ce qui nous concerne, pour activer la circulation des biens sur le circuit RED, à ne s'occuper que de la valeur d'usage, c'est à dire le rapport entre l'usager et l'objet.

En fait, [la mécanique fait que] faire un mauvais usage d'une gratuité, c'est la déprécier, car cela produit un score bas. En effet le score RED étant une sorte de quotient entre l'utilité et la valeur, autant un objet déprécié qu'un objet de rare peuvent produire un score maximal.

16.5.3 - L'articulation de la valeur

Il faut aussi noter d'intéressant qu'en divisant le principe de la valeur en trois familles d'activités (désignées par des couleurs), non seulement on s'en réserve une qui est relative, mais surtout on se donne les moyens de justifier la création de ces valeurs d'après le destin des objets créés. En effet, les valeurs BLUE et GREEN de ces objets ont déjà été « payés » par avance, et ceci, au motif du devenir probable de l'objet. Si l'objet ne trouve pas d'usage, ces investissements (de la part des travailleurs) s'avéreront avoir été peu utiles. Tandis que s'il génère beaucoup de crédits rouges, de nouveaux crédits verts et bleus pourront être créés (rubis sur l'ongle). Ce sont en quelque sorte des valeurs qui appartiennent à l'avant et à l'après de l'objet. Cela nous épargne de commettre la sottise de confondre dans le simple prix d'un bête objet, ce qui est de l'ordre du remboursement et ce qui est de l'ordre de la stimulation de la production. L'objet, de toutes manières, est déjà remboursé, il n'y a donc pas de stress à ce niveau-là. Et l'offre, c'est comme la justice, elle ne peut réagir qu'après-coup, grâce au terme de sa justification.

16.6 - L'évaluation sémantique

Tout est l'occasion d'apprendre. En maths on joue avec des nombres, et on croit que ces nombres sont « réels », mais que se passe-t-il si on doit additionner « une pomme et une poire » ? La réponse n'est plus dans les mathématiques mais dans la sémantique, au moment où on va décrire les propriétés d'un objet. Ce sont « deux fruits », c'est à dire que le sujet de la valeur n'est plus deux objets mais une catégorie d'objets, auxquels les deux appartiennent.

C'est à dire qu'avant de s'interroger sur les différentes techniques possibles pour affecter des valeurs numériques à des objets ou des groupes d'objets en vue d'être comparés par un logiciel, on voit déjà que ces opérations se feront sur la base de valeurs sémantiques, descriptives.

On devrait pouvoir utiliser, dans notre calcul du score RED, des niveaux allant de l'inutile à l'indispensable, en passant par des intermédiaires tels que « dangereux », « déconseillé », « contre-productif », etc. On a donc des valeurs quantiques, c'est à dire pleines ou nulles, avérées ou pas. Il est possible d'imaginer une échelle allant du « contre-productif » au « fonctionnel », et d'évaluer ainsi des biens en fonction des usages.

Cela est très réjouissant parce que ça laisse la latitude d'incorporer des paramètres additionnels dans une évaluation, ce qui peut avoir une importance notable dans la prise en considération de facteurs qui contribuent au sentiment de justice (si on utilisait le même dispositif lors de la création de lois).

Sur le plan systémique, l'opération que nous venons de commettre est fondamentale, au lieu d'utiliser des valeurs, on utilise des variables qui peuvent contenir des valeurs. C'est grâce à ce subterfuge qu'on se rend compte que les mathématiques ne sont que des jeux avec des nombres qui eux-mêmes, ne sont que des jeux avec des objets réels. C'est cela qui est chouette en étudiant la systémique, on se retrouve vite confrontés à des mécanismes qui sont très sous-tendus à ceux qu'on voulais étudier.

On peut donc très bien se permettre d'avoir, à la base, des valeurs sémantiques, sur lesquelles il est simple d'agir, et qui auront ensuite un impact conséquent sur les calculs, et sur toute l'économie. Cela sera la base de notre nouveau « pouvoir ».

16.7 - La valeur relative

Pour estimer (la valeur-produit) comment se positionne un objet parmi les autres, il faut nécessairement que ces objets soient comparables entre eux. Pour cela on détermine les critères qu'ils ont en commun, et il reste à les comparer un par un. Les critères qui ne sont présents que dans un seul objet, vont le rendre un peu moins comparable. (C'est pourquoi, on désigne des classes de valeurs, R-G-B, qui n'ont aucun point de comparaison avec les autres.)

16.7.1 - Un tableau des critères

Par exemple, si je dois acheter un ordi, je ne peux pas m'en empêcher, il faut que je recueille les données de toutes les propriétés de chaque candidat dans un tableau (processeur, mémoire vive, mémoire cache, stockage, poids, etc...).

Puissance Ghz Nombre de cœurs Consommation (Watts) Benchmark prix
Intel Xeon E5 3,4 8 120 25,8 1000
Intel Core i7 3,2 8 160 24,4 1200
Intel Core i5 3,4 4 80 20,1 800
AMD Athlon 4,0 2 220 26 2400

Tableau 1: Exemple de tableau comparatif. La présence de la colonne « prix » n'aura rien à faire dans notre modèle. Ce n'est qu'une propriété comme les autres. Les valeurs sont fausses.

C'est sur une telle structure de données concrètes qu'il faut se baser pour affecter une « valeur ». Il suffit de lister les critères pertinents dans un tableau.

C'est ainsi qu'à ce stade (précoce) on peut voir qu'on aura d'un côté un objet identifié par ses propriétés, et de l'autre un calculateur qui renverra la valeur de cet objet, en procédant à des comparaisons et des évaluations. On a donc distancié l'objet de sa valeur.

16.7.2 - Le système de notation

Sur un modèle informatique on va pouvoir aller plus loin que le tableau précédent, en comparant chaque colonne de critère entre eux et les classer chacune de leur propriétés selon un numéro d'échelon(8) (par exemple une barre d'évaluation sur 5 étoiles).

Puissance Ghz Nombre de cœurs Consommation (Watts) Benchmark score
Intel Xeon E5 *** ***** ** ***** 15
Intel Core i7 * ***** *** ** 11
Intel Core i5 *** *** * * 8
AMD Athlon ***** * ***** *** 14

Tableau 2: Scores par évaluation majoritaire, sans l'utilisation de coefficients de pondération.

A la fin, sur la colonne de droite s'affiche un score obtenu par (simple) addition, et l'on se dit que le résultat est objectivement optimal (en tous cas il est certain que quelques mois après ça devient « le produit de l'année »).

En faisant cet exercice on se rend compte que le résultat obtenu est celui qu'on croit deviner en lisant le simple prix, à savoir répondre à la question : « Quel est le meilleur ? ». D'habitude les gens achètent le plus cher pour cette raison. Mais en réalité, c'est le fruit d'un fastidieux travail, que d'obtenir « la vraie valeur » des biens.

On dira que nous venons d'établir le score RED de rang 1. La valeur est exprimée en pourcentage. Ce rang de la valeur-produit permet d'estimer les biens entre eux. Cette valeur peut varier selon le nombre de critères pris en compte (communs à tous les éléments d'une famille d'objets). Elle n'a pas fondamentalement beaucoup de signification.

16.7.3 - Les coefficients de pondération

On peut aussi vouloir pondérer les scores de chaque critère selon un coefficient qui aura pour tâche de signifier les critères auxquels on les plus attachés. On fait cela facilement, et le mode de calcul devient :

Score RED de rang 2 = (coef * score) * chaque critères, rapporté au meilleur score RED de rang 2 du groupe d'objets.

Pour établir ce score, on utilise un peu le même algorithme que celui qui est utilisé dans le système de scrutin par jugement majoritaire (9).

Illustration 17: Scrutin majoritaire | tlex.fr/app/vote

Dès lors, on vient d'entrer dans une nouvelle catégorie de l'évaluation, dite le score RED de rang 2, celle qui est relative à la fois aux autres produits et aux préférences de l'utilisateur. Dans ce cadre, c'est l'usage qui fait la valeur. Et on verra plus tard pourquoi l'utilisateur se voudra honnête (cours élémentaire de sécurité informatique).

16.7.4 - Le ciblage de propriétés

Au-delà des coefficients de pondération, il sera également possible de cibler prioritairement des propriétés qui correspondent à l'usage recherché. Ceci nous situe dans le cadre du « shopping ». Dès lors la valeur optimale renvoyée reléguera les objets ayant des propriétés supérieures ou inférieures à des scores moindres. C'est tout de même très pratique de disposer d'une telle mécanique, qui mine de rien ressemble à un comparateur de prix sauf qu'il compare des caractéristiques, et qui a la vertu de remplacer le marketing...

16.7.5 - L'ajout de critères additionnels

On pourra rajouter des critères au calcul de la valeur-produit de rang 2, provenant de vérifications d'ordre légale. C'est là qu'on pourra spécifier des propriétés telles que « dangereux », « déconseillé », etc.

16.7.6 - Les perspectives de cette méthode

Peut-être, dans le cas de l'estimation d'une œuvre d'art, parlerait-on de « critères significatifs » pour évaluer une œuvre. En tous cas cela montre le potentiel d'une telle mécanique d'estimation de la « valeur », qui permet de traiter n'importe quel type d'objet, qu'il soit meuble, immeuble ou immatériel.

Nous avons pu distinguer, dans ce qui permet d'évaluer un objet, sa valeur absolue (irrévocable, BLUE et GREEN) et sa valeur relative (RED), dépendante des conditions. On a donc un bel objet qui cumule les contraintes de l'évaluation correcte d'un objet.

Mine de rien la procédure que nous avons vue, qui consiste à, non pas vouloir un objet précis, mais demander quel objet sera le meilleur en fonction de la hauteur de nos droits, fait que la machine va prioritairement distribuer les objets qui obtiennent le meilleur score.

Par nature, si on peut dire, le système détermine et privilégie toujours le produit de la meilleure qualité. C'est un renversement fulgurant de ce à quoi on est habitués ! (Rien que d'écrire ce logiciel vaut son pesant de cacahuètes.)

On peut aussi distinguer les valences des critères : celle sans aucun coefficient, celle avec des coefficients médians statistiques, et celle avec les coefficients personnalisés. Le même objet, a potentiellement plusieurs valeurs distinctes, qui dépendent de chacun. Cela procède d'une véritable personnalisation de la distribution.

Ce mécanisme est très pertinent pour déterminer le meilleur usage à réserver à un bien, puisqu'on peut y ajouter des colonnes de critères additionnels, relatant des évaluations qui peuvent parfois nécessiter toute une étude, par exemple lors de l'attribution d'une ressource, où il faut exprimer des effets ou des coûts associés.

Mais surtout il faut voir qu'il s'agit là de faire de la valeur une donnée qui dépend de l'utilisateur, et rien que ceci peut avoir beaucoup d'impact sur les orientations de la production. Elle aurait plus tendance à rechercher la compatibilité des composants, la mise en commun des biens de production, et à faire des produits plus ciblés sur les usages, dont elle aura une très bonne connaissance.

Plus tard, dans le cheminement, on ira plus loin dans l'estimation des critères qui peuvent interdire l'usage d'un objet dangereux ou sans permis, au moment de l'estimation de rang 3. Il s'agira d'être capable de comparer les propriétés de l'objet avec les capacités de l'utilisateur, afin d'appliquer une législation algorithmique. Dans ce cas, la valeur d'usage sera nulle, et la transaction n'aura pas intérêt à se faire (selon le Système).

16.8 - D'autres notions de valeur

Certains notions se doivent d'être prises en compte dans le calcul final renvoyé par la valeur-produit de rang 3. Chacune de ces considérations va renvoyer pour chaque produit un attribut (un critère) et une valeur (une propriété). Cette propriété va jouer un rôle déterminant dans l'établissement du score RED de niveau 3, qui intègre la comparaison des biens entre eux, la pertinence de leur utilisation, et les aspects systémiques qui vont avec.

16.8.1 - L'usage

C'est un mot compliqué pour un logiciel, il s'agit principalement de mesurer la cohésion entre le besoin et le bien, qui y satisfait. Pour cela il faut estimer quels sont les autres usages possibles, et pour chacun d'eux, les effets de cet usage. Si c'est pour acheter une pomme, c'est vite réglé, l'usage est maximal, mais pour acheter une voiture alors qu'on habite à cinq cent mètres de son lieu de travail, le logiciel devra se demander s'il n'y a pas mieux à faire avec ce bien.

16.8.2 - La valeur d'usure

Pour tout bien existant correspond une charge entropique, qui consiste en sa maintenance, son entretien, sa dépréciation, la lutte perpétuelle contre les effets du temps. Fabriquer un immeuble implique une maintenance continue. Tout logiciel nécessite un travail constant pour, seulement, se maintenir en service.

L'usufruit d'un bien peut avoir à s'inscrire dans une durée de vie prévisible, et s'exprimer par un pourcentage de cette durée de vie. Sa valeur sera la quote-part de la valeur du bien.

Et parmi les critères des objets, une valeur d'usure pourrait relater les coûts inhérents à sa maintenance, en incluant les pannes prévisibles.

16.8.3 - Les valeurs qui se répercutent

On peut imaginer qu'un nouvel objet puisse avoir la propriété de requalifier la valeur des objets parents qui le constituent. Un tel objet, une invention scientifique, dont un des éléments parents fut une découverte faite longtemps avant, irait de façon rétroactive réactualiser la valeur de cette découverte, et de ce qui y a contribué. Ce qu'on veut bien sûr c'est obtenir le plus de justesse dans l'évaluation des objets.

16.8.4 - La valeur « temps »

Un critère de maturation pourrait aussi conférer de la valeur à un objet. Dans un monde où le temps est chronométré et rémunéré, on perd le sens des priorités, puisque tout est urgent. Mais on peut aussi très bien vouloir relater la qualité d'un produit en terme de la quantité de soins dont il a bénéficié.

Le fait de disserter sur la valeur d'usage laisse entrevoir un monde où on a le temps, et donc par définition qui est paisible. Là aussi c'est un renversement intéressant du capitalisme, pour lequel le temps est une privation, un ennemi et à la fois un combustible, alors qu'on peut en faire un critère de valeur qui joue positivement dans la valeur d'un objet.

C'est en se donnant le temps qu'on a les bonnes idées. Courir c'est courir à la catastrophe. Etc.

16.8.5 - La valeur de la transaction

Nous avons montré comment la valeur d'un bien, immatériel ou immeuble, dépend de l'usage qu'on lui réserve.

Mais il reste encore à établir la valeur rétrospective que peut avoir, non pas un bien, mais une transaction impliquant des biens, sur d'autres biens ou transactions. L'informatique (l'art de traiter des informations sous forme de données, comme le cerveau) serait ici poussée au stade de l'intelligence.

L'idée (de base) est que pour avaliser une transaction, il faille s'interroger sur ce qu'on peut savoir : « y ai-je le droit ? » (oui / non), est-ce légitime, le rapport entre le construit et le détruit est-il acceptable ?

Le fondement de cette doctrine consiste à dire « j'ai le droit de prendre cette pomme, car ainsi je contribue au système, mais je n'ai pas le droit de les prendre toutes, car ainsi je nuis aux gens » (ce qui nuit au système).

Il y a donc l'idée d'interroger des Raisons, de faire des études, de décider en comité si une transaction est jugée profitable ou nuisible, si elle est prioritaire ou si on a mieux à faire avec la richesse publique.

Commettre cette étude est surtout pertinent pour les transactions complexes, faisant intervenir différents secteurs de valeurs, et cela n'a qu'une faible utilité pour la vente d'une pomme, qui est un produit voué à une destruction immédiate. Dans le cas de la pomme, on fera appel à un mécanisme assez standardisé, qui produira un résultat instantané, tenant compte des paramètres légaux. Ce sera le travail de la politique algorithmique.

Quelles sont les interactions qu'une transaction va provoquer dans un réseau de transactions ? En définitive (à un moindre niveau de complexité), on va se demander, avant une transaction, quels sont les conséquences attendues de son usage, les ressources nécessaires qui doivent automatiquement être mises en œuvre pour la maintenance du bien, les transactions qui n'auront pas à être faites, les biens qui n'auront pas à être produits, et ceux et celles qui auront à l'être, bref, quel est « l'intérêt » ?

16.8.6 - Les paramètres de la valeur

On l'a vu, on peut rajouter des critères d'évaluation qui peuvent provenir de n'importe quelle considération qui semble devoir entrer en compte pour justifier le transfert, définitif ou temporaire, d'un bien.

Pour cela il faut commencer à injecter des critères de plus en plus nombreux, qui non seulement doivent tenir compte de ce qui est déjà possédé (la deuxième acquisition du même même objet serait beaucoup moins valorisée), mais surtout de l'état des besoins en terme général.

C'est là que ça devient intéressant, parce que l'établissement de la valeur du produit (RED niveau 3) va aussi dépendre des autres demandes en cours, ou à venir. Mais ces paramètres proviendront du dernier traitement de la validation de la transaction, qui intervient au moment de l'application des crédit-droits.

16.8.7 - La valeur sociale

On parle de calculer les incidences de l'usage d'un objet. Manger une pomme a pour incidence la satisfaction d'une règle du système, voulant que chacun mange à sa faim. Exploiter un terrain doit avoir une incidence attendue. L'usage d'un objet peut avoir des répercussions sur toute l'échelle sociale, comme l'éducation ou la médecine. Pour ce faire, on va garder la trace de toutes les actions et en les ordonnant sous forme de chaînes de conséquences. Ainsi on peut même suivre le devenir d'une avancée scientifique, et attendre tranquillement qu'elle devienne utile. Le retour sur expérience, ou l'usage de modèles, pourra configurer certains paramètres de la valeur d'usage.

16.9 - Fonctionnement

En décortiquant toutes les sortes de valeurs qui existent on ne fait que découvrir le mix incroyable de notions qui s'enchevêtrent quand on évoque la seule « valeur marchande ». Elle est sensée résumer tous ces paramètres. Et si vous avez l'idée d'utiliser un tel mécanisme pour créer une sorte de « comparateur », qui servirait à déterminer une valeur-argent, oubliez ça, car elle reste de l'ordre de la dialectique, et ne peut être qu'un critère de valeur, pas une valeur en elle-même. Non, nous ce qu'on veut c'est traiter avec de vraies données, et rester transparents sur ces traitements, qui sont parfaitement libres d'évoluer.

Le procédé permet de relater le maximum de faits objectifs, et on peut inaugurer différentes méthodes d'affectation du score. Faire ce travail n'est rien d'autre que la recherche de la vérité, à propos de la valeur des choses.

Il faut retenir que la mécanique de la valeur se fonde sur la prise en compte de paramètres mesurables, qu'on s'accorde à utiliser selon des modalités, de façon à répondre aux mieux au système de justification des transferts de richesse.

16.9.1 - La maximisation

On a vu que la valeur d'usage devait renvoyer la plus haute note d'un calcul qui tenait compte d'un large ensemble de paramètres. Le choix d'un bien est par essence maximisé.

Ceci n'est rien de moins que la promesse que l'ensemble des biens existants auront toujours une qualité maximale. Les services, l'information, l'éducation, la santé, sont toujours au maximum de leur compétence. Les biens distribués, toujours maximisés par rapport à leur usage. De cette manière, on peut dire, il n'y a pas de richesse inutile. (C'est une sacrée économie.)

Une fois libérée du principe de l'argent, la production aura le loisir de troquer son obsession du le but lucratif par celui de la qualité de ce qui est fabriqué. Nourrir, soigner, éduquer n'auront que la valeur de ce à quoi cela contribue (sans que cette valeur ne soit un jugement).

16.9.2 - La structure des valeurs

On structure ces différentes valeurs en rangs, de sorte qu'une valeur de rang 1 ne soit pas comparable avec une valeur de rang 3 ou 4. Chaque rang contient les autres par imbrication. A chaque fois qu'on avance dans le cheminement on doit recommencer d'autres calculs qui partent du rang 1. La valeur-produit fait appel aux autres clusters, la valeur relative aux autres valeurs-produit, et la valeur sociale aux autres valeurs relatives (y compris des résultats potentiels).

Les critères seuls de l'objet ne sont que des données brutes, et n'ont pas de valeur intrinsèque. On peut leur conférer un prix pour s'y retrouver, mais ça restera seulement indicatif. La valeur-produit est obtenue par la comparaison avec une multitude d'objets. C'est ainsi qu'on obtient une valeur de rang 2, qui sont des scores. Ensuite au rang 3, sur un objet choisi, l'usage qui lui est réservé va lui conférer une valeur, qui à son tour doit être comparée avec celle obtenue par d'autres objets éligibles. Enfin, au rang 4, le calcul des incidences peut permettre, s'il s'agit d'une transaction professionnelle, d'allouer les richesses là où l'intérêt est le meilleur.

Illustration 18: Rangs de la valeur

16.9.3 - Le calcul de la pertinence

Ce que le logiciel renvoie, c'est en fonction des crédits affectés, des besoins personnels et des besoins au sens large, une liste de produits éligibles pour la transaction, au milieu, avec au dessus ceux qui le sont moins en étant plus onéreux, et en-dessous ceux qui sont moins valorisés et moins onéreux. Au-delà d'un certain seuil, le niveau de pertinence peut interdire le transfert, si par exemple d'autres demandes sur le même produit le sont davantage.

16.10 - Procédure utilisateur

On peut aborder l'enquête sur la valeur du point de vue de celui qui est en train de faire du shopping. Il peut être déclenché en scannant un objet vaguement comparable à ce qu'on cherche. D'abord le logiciel sélectionne les critères à prendre en compte, ce qui enclenche une recherche des objets qui y correspondent. Ensuite ils sont tous comparés, chaque critère obtenant une notation par rapport aux autres objets, et chaque objet obtient une note obtenue d'une évaluation majoritaire.

Ensuite on s'amuse à refaire ce calcul en tenant compte des critères favoris (les préférences) et des propriétés attendues, afin de cibler des biens qui ne soient pas inutilement compétents. (On visualise aisément l'interface graphique qui présente la liste des produits d'après les paramètres, et son coût calculé en bas.)

A ce stade c'est l'utilisateur qui est responsable, dans une certaine mesure, de faire que sont choix soit le mieux noté. On l'imagine aisément en train de tricher sur ses besoins, mais aussi qu'il ne saurait passer inaperçu. Puisque c'est son usage déclaré qui fait la valeur de l'objet, être honnête sur ses besoins a aussi la vertu de pondérer la production d'un bien, et éventuellement en motiver d'autres. C'est un peu comme les systèmes de scrutin majoritaire, il est si efficace qu'il estompe la pratique qui consiste à « voter utile », c'est à dire à devoir tromper le système pour que le résultat corresponde à nos attentes. Si les gens doivent tricher, c'est que le système est incompétent. Or nous ce qu'on veut c'est obtenir le maximum de fiabilité dans l'étude des besoins.

16.11 - Les Communs

Si une ressource naturelle doit être affectée à un usage, il vaut mieux pour cela qu'elle soit du domaine public, au titre de propriété publique(10). Ce mode de gestion est à privilégier, de sorte que tout ce qui n'est pas détruit après usage, soit public, et utilisés sous le terme de l'usufruit, jusqu'à la prise en charge de sa destruction.

Autant que possible, si nous en sommes à repenser un système social, on est bien d'accords que c'est comme si on allait tout « nationaliser ». Les moyens de production comme les biens et ressources, n'appartiennent qu'à l'état, qui a la charge de les utiliser judicieusement. C'est assez osé de le présenter comme cela parce qu'en réalité on a désiré des organes qui sont très indépendants, des productions et des comités, et qui n'ont de commun que la mécanique de distribution des biens, mais qui sont parfaitement autonomes et démocratiques.

C'est facile quand les biens sont communs, de ne plus qu'à avoir à les répartir à ceux qui en ont besoin. Dans ce cas il n'y a pas de contrepartie comme dans une vente. Ce qui a de la valeur c'est de savoir que l'usage des biens a été optimal, et notamment l'accomplissement des devoirs du système.

N'importe qui pourrait tout aussi bien mettre un bien privé en circulation dans le réseau des Communs, et potentiellement en retirer un crédit.

16.12 - La démocratie native

Eh oui, la solution entre la centralisation communiste et la décentralisation libérale, c'est la centralisation démocratique. Sans centralisation, la démocratie n'est rien, et sans indépendance intellectuelle, la démocratie ne représente rien.

On voit que le terme de la gérance populaire est ce qui manquait à la fois au capitalisme et au communisme. A la limite peu importe qu'elle soit populaire si son but est noble, mais la garantie de sa noblesse ne peut provenir que d'une équité entre les membres de la société.

Alors évidemment, quelle équité attendre d'une société qui a besoin de noblesse dans sa gérance ? Certainement pas celle qui est idéale, car une société juste n'aurait pas besoin de se soucier de sa gérance. Là encore, on doit affronter une contradiction amusante (à découdre). L'entremise se situe dans la détermination des uns et des autres à atteindre des objectifs nobles.

Tout ceci, s'engendre par une lente émulation, et peut-être même, un temps d'habituation à une équité rendue progressivement meilleure avec le temps. Au final, à la place de la démocratie il y aura une conscience sociale, et des gens de bonne volonté agissant de façon efficace dans un réseau fluide, qui s'investissent dans des questions d'envergure.

C'est la structure sociale, le système, qui doit être conçu sur la base de son fonctionnement démocratique. En disant cela on voit bien que notre « démocratie » n'est qu'un appendice d'un système avant tout marchand. Nous ce qu'on veut c'est qu'elle soit native, dans le système.

16.13 - Un framework pour n systèmes économiques

Et là tout d'un coup, l'économie ne ressemble plus à des comptes de boutiquiers, qui traitent des milliards de centimes, et chipotent sur les nombres, sur lesquels on commet des arrondis, des remises et des arrangements... On a une base de données de justificatifs, concrets et objectifs, simple à manier et opérationnelle, sur laquelle se greffe une mécanique qui a pour but de permettre la distribution, la répartition, l'organisation, bref toutes les opérations systémiques.

C'est important de distinguer ce niveau « logiciel » où on propose une mécanique possible, et les niveaux antérieurs de l'architecture, à savoir l'infrastructure, qui elle semble assez inéluctable.

Ce qu'on veut, selon les termes, et tout l'intérêt de penser un système social sous l'angle logiciel, c'est de permettre, sur cette base, de laisser libre court aux principes, modes et pratiques désirés par les uns et les autres.

Nous avons une fondation qui énumère l'existant (les clusters), qui les évalue, les distribue, et pour ce faire il ne reste qu'à inventer n'importe quelles « règles du jeu ».

En réalité même semble illusoire de croire possible d'obtenir une distribution des biens sans être capables d'estimer l'existant et les besoins, l'offre et la demande, à un moment précis. Le moment où on pourra avoir une vision d'ensemble de la société à un instant t, amènera avec lui le paradigme de la conception logicielle qui le permet, et entraînera automatiquement l'urbanisation indispensable à la mise en pratique des solutions, des choix, des règles et des libertés. C'est ça, une structure sociale. C'est l'aménagement, l'environnement méthodique qui, lui, permet à la justice d'exister.

16.14 - Les autres valeurs

L'évaluation du score RED que nous venons de voir appartient au champ des produits. Voyons comment devraient être évalués les crédits bleus et verts.

16.14.1 - La valeur-travail (BLUE)

Le travail ce n'est que le temps. A ceci nous avons ajouté un coefficient qui pourra prendre en compte l'efficacité, le grade, le niveau d'études, etc. (Voir « Les crédits bleus », au chapitre suivant.)

Ce qui compte est que cette quantité abstraite de travail est donnée, en sachant par principe qu'une personne travaille pour lui et pour [de 1 à] n autres personnes inactives. Donc la valeur quantifiée de travail produite est répartie de façon vaguement uniforme pour tout le monde (en fonction de la richesse globale). Ce sont les crédits bleus, et ils permettent de délimiter les acquisitions. Mettons que l'unité de crédit-bleu corresponde à un jour de travail au plus faible niveau de coefficient professionnel et de grade.

16.14.2 - La valeur-ressources (GREEN)

Pareillement, les ressources naturelles appartiennent à tous. Dès lors qu'on les exploite, tous les produits de cette exploitation doivent être répartis entre tous, de façon strictement équitable.

L'usage des ressources est émise par des comités, et ces ressources à leur tour peuvent émettre des crédits verts. Pour les évaluer, nous avons pensé à un système de quote-part de quote-part de la richesse globale, mais l'idée la plus judicieuse, puisque les biens sont créés, consiste simplement à compter le nombre de molécules présents dans les produits. Ainsi, les crédits verts s'expriment en Moles(11) (Mol). Tous les éléments de la table périodique figurent dans le cluster avec leur nombre de moles.

De cette manière, aussi bien découvrir un gisement de pétrole qu'une source d'énergie gratuite permet d'inonder les citoyens de crédits-verts associés à ces ressources.

En plus de ces critères physiques, il reste possible d'en ajouter qui soient capables de relater des données ou une valeur symbolique (telle que la valeur sentimentale, ou encore un niveau de « beauté », ceci afin de valoriser, par exemple, les pierres précieuses ou l'or. Sinon, ce ne sont que des cailloux et du métal. Mine de rien, cela permet de distinguer et de nommer explicitement ce qui constitue la valeur d'un bien. Le score GREEN que cette adjonction de paramètres peut renvoyer est entre les mains d'un joli algorithme. On dissocie le matériel du symbolique.

(1)Qui chez les humains sont la vue, l'ouïe le toucher le goût et l'odorat (et d'autres) ; Ce sont les données de base à partir desquelles le mental peut conceptualiser la réalité.

(2)Le sens de l'abstraction permet de prévoir approximativement quel sera le résultat d'un calcul complexe.

(3)Le meilleur exemple est celui des prix discount du pétrole obtenu grâce au consortium ISIS afin de maintenir la pression économique sur les pays en voie d'acquisition de leur autodétermination.

(4)Lire entre autres : [Once Only Blacks Were Enslaved, Now We All Are] et [Les habits neufs de l'aliénation].

(5)Lire : [Le Venezuela d'aujourd'hui et de demain]

(6)Et entre parenthèses, oubliez wikipedia sur « la valeur d'usage », ici on commet des discernements plutôt que des réactions chimiques entre significations divergentes

(7)On l'appellera « le score RED » parce que c'est une notion qui fonctionne avec les valeurs BLUE et GREEN ; et que « score d'usage » peut prêter à confusion. On peut dire aussi « score d'efficacité ».

(8)Les propriétés communes d'un ensemble d'objets sont notées de la plus basse à la plus haute sur une échelle allant de 0 à 1.

(9)Le référendum par [jugement majoritaire] calcule le score médian entre toutes les évaluations qui sont faites de tous les candidats, et renvoie les candidats par ordre de préférence. C'est le mécanisme pour relater l'opinion publique le plus abouti jamais créé. Il sera utilisé un jour dans les référendum.

(10)Terme emprunté à la Constitution du Vénézuéla

(11)https://fr.wikipedia.org/wiki/Mole_(unité)

- networksociety 180718

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