Il y a 20 ans, Chávez a vaincu le bipartisme : la révolution et notre rêve américain ont commencé

21-12-2018 reseauinternational.net 23 min #149917

par Aram Aharonian

Il y a vingt ans, le dimanche 6 décembre 1998, Hugo Chávez Frías a remporté, avec l’aide du Mouvement Cinquième République (MVR), une victoire retentissante sur les partis traditionnels unis et son candidat Henrique Salas Römer, avec le deuxième plus haut pourcentage de vote populaire depuis quatre décennies (56,2%), après Rafael Caldera, Président conservateur du Venezuela.

Salas Römer, a été soutenu par les partis traditionnels Action Démocratique et COPEI, sociaux-démocrates et sociaux-chrétiens, qui avaient renoncé à leurs propres candidats (Luis Alfaro Ucero et l’ancienne Miss Univers Irene Sáez, respectivement) pour éviter la victoire de Chávez et décidé de soutenir le gouverneur de l’État du Carabobo, Henrique Salas Römer, homme d’affaires et économiste, choisi comme candidat par un parti créé par lui, Proyecto Venezuela.

La campagne électorale a été assez embrouillée. De la directrice de l’institut de sondage américain engagé par Salas, qui désespérée a menti sur les chiffres pour convaincre les journalistes étrangers, au célèbre « Frijolito » (Salas Römer), le cheval du candidat du système, protagoniste d’un défilé folklorique que la ploutocratie du Carabobo a fait à Caracas.

« Tribilín » (comme il était connu dans la milice) Chávez a gagné les élections contre « Frijolito » et contre le passé; il avait 44 ans, et un discours social révolté et menaçant qui selon la presse hégémonique effrayait les investisseurs, les dirigeants locaux et l’élite politique. Il a promis de transformer complètement le système politique et juridique du Venezuela, ainsi que de « réviser » les investissements étrangers.

Sa figure est devenue populaire lors du coup d’État de 1992 auquel il a coparticipé (contre le gouvernement corrompu de Carlos Andrés Pérez), surtout en raison des quelques secondes de télévision pendant lesquelles il a été arrêté et a admis la défaite, « pour le moment« . Il a passé deux ans en prison, et a été gracié en 1994 par le Président Rafael Caldera.

Quand Chávez a été nommé candidat à la présidence par le Mouvement Cinquième République (MVR), au milieu de 1997, il n’a même pas atteint 10% des intentions de vote, mais après avoir visité des villes et villages du pays, cette situation a radicalement changé : « Avec Chávez le peuple commande ! » était le slogan et ses meetings étaient de plus en plus fréquentés. Les Bérets rouges et le drapeau tricolore national se voyaient partout parmi les gens, les enfants se « déguisaient » en Chavez avec ses chemises vertes et son béret rouge.

Très rapidement, le natif des Llanos (Sabaneta de Barinas) a augmenté sa popularité de manière soutenue, en passant devant Irene Sáez, qui deux mois avant les élections était en tête des sondages. L’intention de vote pour l’ancienne Miss Univers a chuté brusquement lorsque le COPEI a annoncé le retrait de son soutien.

Chávez a remporté les élections avec un avantage de 1 060 524 voix, causant une défaite historique au bipartisme adeco-copeyano, qui avait maintenu le pays dans la misère pendant plus de quatre décennies, gaspillant les grandes ressources provenant du pétrole pour les gouvernements successifs.

Les élections présidentielles de 1998 ont marqué le début d’une révolution au cours de laquelle le peuple vénézuélien est arrivé au pouvoir et le Venezuela a commencé à emprunter un chemin de participation populaire, d’inclusion et de justice sociale. Comme Chávez l’a dit un jour, « une histoire indélébile » a commencé à s’écrire.

Le 2 février 1999, Chavez a assumé la présidence du Venezuela avec un serment qui a marqué le début d’un profond processus de changement :

« Je jure devant Dieu, je jure devant la patrie, je jure devant mon peuple, que sur cette Constitution mourante (celle de 1961) je vais promouvoir les transformations démocratiques nécessaires pour que la nouvelle République ait une Grande Charte adaptée aux temps nouveaux. Je le jure !« 

La proposition

En octobre 1996, Chávez avait écrit :

« Nous sommes en pleine transition. Des forces déchaînées l’entraînent, la plupart du temps sans contrôle. Cette transition a commencé à la fin des années 1970, lorsque la situation (capitalisme d’Etat – Pacte de Punto Fijo entre AD et le COPEI) a commencé à montrer des signes d’épuisement. Le défi aujourd’hui est de promouvoir cette transition vers une situation souhaitée et préconçue. Il peut y avoir plusieurs façons de la promouvoir. Il s’agit alors d’entrevoir ces voies possibles. Et de guider la transition pour celui ou ceux qui offrent une plus grande viabilité« .

Le 11 avril 1998, dans La Transition Possible, il indiquait que de la crise catastrophique était né le besoin de transition :

« Un processus qui a construit son propre cours, a défini son propre cap et a pénétré l’âme même du collectif national. Aujourd’hui c’est déjà un projet de transition, imparable, démocratique, révolutionnaire« .

Chavez y parlait des cinq pôles : le macro-politique, dont la ligne centrale était l’assemblée constituante, pour céder la place à une véritable démocratie participative ; la déconcentration territoriale, le développement humain, la transformation productive, la vision internationale et géopolitique.

Dans la campagne électorale du candidat Chávez et dans sa proposition électorale :

« Une révolution démocratique pour transformer le Venezuela » (1998).

Il était un fervent critique du « capitalisme sauvage » et de son expression concrète, le « néolibéralisme ». Les lois de sécurité sociale promulguées au cours de la gestion de Caldera, ont reçu une bonne dose de critiques et d’interrogations.

Chávez a promis, entre autres choses, de jeter ces lois à la poubelle parce qu’elles sont « néolibérales » et donc contraires à sa pensée politique, économique et sociale, et à l’idéal d’un projet social proposé aux électeurs vénézuéliens.

La proposition indiquait que :

« Les institutions de sécurité sociale présentent des problèmes de nature diverse, mais le dénominateur commun est le financement et le type de gestion administrative. Les déséquilibres et insuffisances financières trouvent leur origine dans des causes multiples, qui sont synthétisées dans une relation non proportionnelle entre les revenus et les dépenses.

La diminution des revenus des programmes contributifs est due au chômage, aux bas salaires soumis à contributions, à la fraude et aux arriérés des contribuables, au vieillissement de la population et aux politiques d’investissement des ressources financières et, dans les programmes d’aide non contributifs, à la réduction des dépenses publiques et sociales, comme on l’a souligné dans le domaine de la santé.

Les dépenses augmentent en raison des coûts élevés de l’assistance médicale, pharmaceutique et prothétique, des prestations pour la protection de la vieillesse et du chômage, des ajustements salariaux des fonctionnaires, de l’augmentation des dépenses administratives, du gaspillage des ressources et de leur détournement« .

Quatorze ans qui ont transformé notre Amérique

Le Venezuela et peut-être l’Amérique Latine, la région la plus inégale du monde, ne sont pas les mêmes depuis Hugo Chávez, qui a propagé en Amérique latine l’idée que des transformations structurelles urgentes étaient non seulement nécessaires et indispensables, mais aussi parfaitement possibles.

Hugo Chávez, la locomotive qui a conduit la construction quotidienne de « la Patria Grande », celle des peuples, a laissé il y a cinq ans une patrie orpheline. Ce sont 14 ans qui ont transformé le Venezuela mais aussi Notre Amérique. Il symbolise l’émergence de la pensée régionale émancipatrice du changement d’époque, avec des critiques anticapitalistes d’inspiration marxiste, avec une conception humaniste qui a fait renaître l’idée du socialisme comme horizon utopiste.

C’est lui qui a fait comprendre la nécessité de transformer nos grandes majorités – celles qui sont invisibles aux élites et aux médias hégémoniques – en sujets politiques (et non en simples objets) et qui a osé faire ce que beaucoup considéraient (ou croyaient) impossible, comme affronter l’impérialisme, ou rompre avec les bonnes habitudes de la démocratie formelle et libérale, institutionnelle et déclamatoire, en préconisant que les pauvres soient autonomisés, leur donnant accès à l’éducation, au logement, à la santé pour tous.

Chávez a compris qu’il fallait passer d’une période de plus de 500 ans de résistance à une période de construction de nations souveraines, d’une véritable démocratie participative, de construction du pouvoir populaire, par une révolution avec des moyens pacifiques, vers l’intégration et l’unité de nos peuples – et non de notre commerce -, par la complémentarité, la coopération et la solidarité, loin des dictatures du consensus de Washington.

Il a bien compris ce que Simón Rodríguez, l’enseignant de Bolívar, a dit : Il faut créer son propre symbole idéologique. Et Chavez pensait qu’il était fondé sur un État efficace, qui réglemente, impulse, promeut le processus économique, le besoin d’un marché, mais qui est sain et non monopolisé ou oligopolisé et, l’homme, l’être humain. Dans sa proposition de rupture avec le capitalisme hégémonique, apparaît un modèle humaniste aux bases marxistes qui répond à la prétention et à la nécessité de construire son propre modèle idéologique, de se voir avec des yeux vénézuéliens et latino-américains.

« La démocratie (formelle) est comme une mangue, si elle est verte, c’est qu’elle a trop mûri. Elle est pourrie et ce que nous devons faire, c’est s’en servir comme une graine, qui a le germe de la vie, la semer et ensuite l’arroser pour qu’une nouvelle plante pousse ou une nouvelle situation, dans un Venezuela différent« .

Depuis plus d’une décennie, l’Amérique latine traverse un nouveau moment historique, celui de la recherche de moyens de surmonter le néolibéralisme. Le Venezuela, dirigé par Hugo Chavez, était à l’avant-garde et a créé les conditions et l’élan que le peuple a acclamé.

Sans la locomotive Chávez, le processus d’intégration régionale, fondé sur la complémentarité et la solidarité, promu par le gouvernement bolivarien, a commencé à faire naufrage, à cause de l’offensive du néolibéralisme et de la déstabilisation des forces d’extrême droite avec le soutien du terrorisme médiatique et du financement extérieur, mais aussi à cause des erreurs des gouvernements progressifs. Aujourd’hui, il devient de plus en plus difficile de suivre cette voie.

En octobre 1999, le président brésilien Luiz Inacio Lula de Silva soulignait que :

« Chavez est un bon exemple : il défend certains principes fondamentaux´ tels que la souveraineté nationale, le bien-être du peuple, la lutte efficace contre la corruption, il propose de nouvelles relations entre marché et État. Il souhaite des ruptures démocratiques (…) C’est un vrai révolutionnaire, un penseur profond, un travailleur sincère, courageux et infatigable« .

Les réalisations de la non reproductible Révolution bolivarienne pacifique démolissent le mythe de la pauvreté en Amérique latine et dans les Caraïbes. Elles ont démontré que pour les atteindre, il suffisait d’allouer à des objectifs sociaux la richesse qui ne profitait auparavant qu’aux élites et aux sociétés transnationales. Chávez a encouragé la participation politique et sociale par la promotion de la démocratie participative et a articulé des mouvements sociaux avec l’État et les partis à travers les Missions.

En 1999, lorsqu’il a pris le pouvoir, le pays « se vantait » d’avoir 62% de pauvreté et 24% de pauvreté extrême, des indicateurs honteux d’abandon scolaire, de mortalité à la naissance, de mortalité maternelle, de malnutrition générale. Et malgré des difficultés et des retards dans des domaines tels que les coopératives et les communes, le Venezuela a obtenu des résultats spectaculaires : il a rapidement atteint six des huit objectifs du Millénaire que l’ONU avait fixés pour 2015. Avec Chávez, le Venezuela avait le coefficient de Gini (d’inégalité) le plus bas d’Amérique latine.

En moins d’une décennie, le Venezuela a éradiqué l’extrême pauvreté, a permis à 95 % des enfants en âge d’aller à l’école primaire d’étudier, a fait progresser de plus de 70 % l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes, a combattu efficacement le paludisme, le sida et autres maladies et a assuré un environnement durable (il a même mis son veto à une loi qui voulait permettre la privatisation des rivières, lacs et lagons).

Avec la Mission Barrio Adentro et d’autres initiatives, le Venezuela a assuré pendant des décennies des soins médicaux dans les vastes zones défavorisées et marginalisées, un système de retraite qui couvre toutes les personnes âgées et leur garantit des transports publics gratuits. Il s’agissait d’autonomiser les pauvres, en les incluant pour la première fois de l’histoire dans l’accès à la nutrition, à la santé, à l’éducation, en faisant des citoyens des sujets (et non de simples objets) de politiques, capables de choisir leur propre destin.

L’écrivain uruguayen Eduardo Galeano a déclaré en août 2004 :

« Étrange dictateur, ce Hugo Chavez. Masochiste et suicidaire, il a créé une Constitution qui permet au peuple de le mettre à la porte, et il a pris le risque que cela se produise lors d’un référendum de rappel que le Venezuela a organisé pour la première fois de l’histoire universelle, sans être puni. Et c’était la huitième élection que Chávez remportait en cinq ans« .

Depuis avril 2002, l’oligarchie vernaculaire et les États-Unis insistent en permanence sur un coup d’État pour retirer au pays son industrie principale, Petróleos de Venezuela, qui a directement utilisé ses ressources pour une dépense sociale d’environ 64% des dépenses publiques.

Mais pas seulement : le gouvernement bolivarien a récupéré des entreprises stratégiques (électricité, téléphonie, acier et aluminium) privatisées dans la IVème République néolibérale. Il a exproprié les grands domaines et promu les coopératives, les entreprises récupérées, les communes et les domaines en tant qu’unités de production collectives.

Sans aucun doute, la guerre économique actuelle, planifiée et menée par l’oligarchie mercantile et financière – et ses commanditaires étrangers – pour renverser la Révolution bolivarienne et saisir toute la rente pétrolière est, tout simplement, une nouvelle phase de la lutte des classes au Venezuela.

Peut-être parce que Salvador Allende avait tenté, trois décennies plus tôt au Chili, d’emprunter la voie pacifique vers le socialisme, et que cette voie était continuellement bombardée par la droite vernaculaire, latino-américaine et mondialisée par des tentatives de coups d’État, de déstabilisation et de sabotage économique, de violence, de terrorisme médiatique permanent et d’assassinat.

Chávez a démoli au moins trois mythes, celui de la fin de l’histoire et des idéologies (dans notre région l’histoire ne fait que commencer), l’incompatibilité de l’armée avec la démocratie, et le sentiment que les masses ne sont pas intéressées par le socialisme. La constitution socialiste de 1999 a été approuvée par référendum par 72% des citoyens, mettant en marche cette démocratie participative, avec « à peine » 17 consultations électorales en moins de 15 ans.

Chávez a souligné que la base de la construction d’une société socialiste est formée par les collectifs sociaux, le Pouvoir populaire, qui doit pouvoir participer activement et de manière consciente à la construction de cette société et – par conséquent – à la lutte contre la pauvreté, les inégalités et les injustices sociales, l’individualisme et l’égoïsme qui sont les valeurs opposées sur lesquelles le système capitaliste et le despotisme néolibéral reposent.

Contrairement aux autres pays d’Amérique latine, l’armée vénézuélienne est polyclassiste. Même des groupes de ses officiers se sont joints à la guérilla des années 1960 et ont mené des soulèvements révolutionnaires. Chavez a su ranimer la conscience nationaliste de l’armée et a ainsi empêché qu’en 1999, sous prétexte de la catastrophe naturelle produite dans l’état de Vargas, les Marines américains entrent sur le sol vénézuélien.

« Le fait que les troupes gringas marchent sur la patrie de Bolivar est déjà un affront ; l’autre est que plus tard, seule une seule guerre nous permettrait de les faire partir« , a-t-il prévenu.

La Force armée nationale bolivarienne, face aux propositions anti-impérialistes et anticapitalistes promues par Chávez, a pris un tournant historique pour soutenir le processus, après le sentiment de responsabilité des événements désastreux du Caracazo des 27 et 28 février 1989, sous le gouvernement de Carlos Andrés Pérez.

En outre, le gouvernement bolivarien a diversifié ses achats d’armes pour échapper au blocus américain, créant une réserve pouvant fournir un million de soldats.

Chávez, qui n’a pas eu la formation de la gauche traditionnelle, n’a jamais cru qu’il y avait des questions interdites. Il a démontré que la démoralisation qui a eu lieu après les défaites de Jacobo Arbenz, Salvador Allende, Juan Velasco Alvarado, Omar Torrijos et Joao Goulart, entre autres, avait de vastes possibilités de rectifications historiques, et a commencé une diplomatie latino-américaine avec la défaite de l’ALCA, l’impulsion de l’ALBA, UNASUR et CELAC et l’entrée du Venezuela au MERCOSUR. Les États-Unis et le Canada, véritables maîtres de l’OEA, ne participent à aucune de ces instances.

C’est le Venezuela bolivarien qui a favorisé la transition d’un monde unipolaire à un monde multipolaire : il a stimulé l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole et a fait baisser le prix des hydrocarbures ; il a contribué au processus de paix en Colombie et dénoncé les traités qui subordonnaient la souveraineté nationale aux organisations telles que la CIADI, l’Organisation Mondiale du Commerce et la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme.

Il a laissé le Venezuela comme le troisième pays de la région en matière de lecture. Il a éradiqué l’analphabétisme grâce à la mission Robinson. 82% des Vénézuéliens lisent n’importe quel matériel ; 50,2% lisent des livres ; un Vénézuélien sur trois étudie : un sur neuf est dans l’enseignement supérieur, grâce au fait que les écoles secondaires et universités bolivariennes gratuites remédient à l’exclusion due au manque chronique de quotas ou aux tarifs élevés des institutions catholiques et privées (chiffres 2013).

Le 20 octobre 2012, lors du dernier conseil des ministres qu’il a dirigé, Chávez a laissé ses instructions – « Le coup d’État » – pour la période 2013-2019, où il a insisté sur la nécessité d’un pouvoir populaire pour démanteler la toile de l’oppression politique, l’exploitation du travail et la domination culturelle.

« L’autocritique, c’est rectifier, et ce n’est pas la faire dans le vide. C’est agir maintenant, Mesdames et Messieurs les Ministres« , a-t-il déclaré, les exhortant à prendre la barre et à mettre fin à l’inefficacité et à la corruption.

Il a aussi laissé des questions

Chávez a souligné la nécessité d’un débat fondamental pour confronter la logique de la soi-disant institutionnalisation de la Révolution et ses effets de droitisation et de bureaucratisation :

« Il faut organiser un grand forum sur le chemin du socialisme. Nous y discuterons, par exemple : Pouvons-nous aller vers le socialisme en persistant dans le capitalisme ? pouvons-nous séparer la relation économique de la formation de la conscience du devoir social, le fondement du socialisme ?« 

Peut-on construire de nouveaux entrepreneurs capitalistes sans conscience capitaliste, comme certains le proposent ? L’absence de discussion mène à l’échec. Che Guevara avait déjà dénoncé les vaines tentatives de « construire le socialisme avec les armes volées au capitalisme : propriété privée, marché, argent, marchandises, compétitivité« .

Et le Venezuela a oublié le nécessaire changement de gouvernail que Chávez a exigé dans son dernier souffle. Ou il a mal compris ce qu’il voulait dire.

Le rêveur, parfois naïf, amnistié, le guerrier, celui qui a toujours voulu être un joueur de baseball, celui aux yeux vifs, enjoué, au visage de voyou, qui a aussi subi la solitude du pouvoir, qui a su combiner la pensée politique et idéologique avec le pragmatisme, Tribilín, l’araignée de Sabaneta, nous quitte soudainement, quand on avait le plus besoin, laissant le Venezuela et toute l’Amérique latine et les Caraïbes orphelins.

On peut pardonner le manque de nostalgie mais… « Il y a des coups dans la vie, si forts… Je ne sais pas« , a déclaré César Vallejo.

Source :  20 años atrás, Chávez vencía al bipartidismo: empezaba la revolución y el sueño nuestroamericano

traduit par Pascal, revu par Martha pour  Réseau International

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