Les archives parlent ! Les victimes des grandes purges de Staline n'ont pas toujours été innocentes

21-11-2018 reseauinternational.net 4 min #148554

Par Denis Churilov

 [Note de la rédaction – En URSS, ils ont conservé leurs registres en accord avec la ligne officielle. Tenez-en donc compte, mais je ne doute pas de la véracité de la « vieille note » elle-même, ci-dessous – J. Flores]

Pour revenir à la question des « grandes purges de Staline », voici une vieille note écrite par Vladimir Startsev, ancien procureur de district de Leningrad Oblast, en Russie, dans les années 2000 (j’ai dû la traduire moi-même) :

« Ces dernières années, nous avons reçu de nombreux formulaires de demande émanant d’enfants et de petits-enfants de victimes de répression politique sous Staline. Ils veulent que nous trouvions des documents qui permettraient de réhabiliter légalement leurs parents, car leurs familles deviendraient éligibles pour des paiements de réparation pouvant atteindre 800 roubles par mois. Nous avons récupéré d’anciens dossiers dans les archives du gouvernement et il s’avère souvent que ceux qui ont été envoyés dans des camps de travail ou condamnés à mort par balle ne sont pas du tout des victimes innocentes. Certains ont été poursuivis en justice pour cambriolage ou vol, d’autres pour avoir collaboré avec les occupants allemands. Leurs enfants ont été choqués d’apprendre la vérité.

J’ai personnellement eu quatre cas lorsque j’aidais des familles à découvrir des informations sur leurs parents victimes. Ces personnes ont consacré énormément de temps (et, dans certains cas, d’argent) à lancer des recherches dans différentes archives gouvernementales.

À la fin, l’un d’eux a découvert que sa grand-mère n’avait pas été envoyée en prison parce qu’elle était «la fille d’un officier militaire tsariste », mais parce qu’elle avait détourné des fonds dans une usine où elle travaillait comme comptable, et avait ensuite utilisé l’argent pour s’acheter un manteau d’hiver de luxe.

Un autre gars a été choqué d’apprendre que son grand-père avait été condamné à une peine d’emprisonnement, non pas parce qu’il avait « raconté une blague à propos de Staline », mais parce qu’il était l’auteur d’un viol collectif.

Ensuite, un autre a découvert que son grand-père n’avait pas été « un koulak innocent injustement persécuté », mais un criminel récidiviste condamné à mort pour avoir assassiné toute une famille (un mari, une épouse et deux adolescents).

Il n’y en avait qu’un dont le grand-père avait été vraiment réprimé pour des raisons politiques. Mais, là encore, ce n’est pas parce qu’il avait « raconté une blague à propos de Staline ». Il s’est avéré qu’il aidait les Allemands à contrôler la population des territoires occupés pendant la guerre ».

Source :  fort-russ.com

Traduction  Avic Réseau International

 reseauinternational.net

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