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La Société-Réseau - Chapitre 10 : Un réseau émergent

La Société-Réseau - Chapitre 10 : Un réseau émergent

@dav 18-07-2018 24 min #143796

Peu à peu en progressant dans ce livre, on passe du principe de territoire à celui de rôle dans un réseau.

Les gens, régions et pays ne sont utiles à discerner qu'en mesure de leur identité culturelle. Historiquement cette identité était synonyme d'autonomie, d'indépendance. Mais avec le raccourcissement des distances, l'uniformisation de la culture urbaine, l'adoption de l'anglais comme langue internationale, les frontières nationales ont perdu leur intérêt. Elles ne sont plus un enjeu que pour ceux qui veulent tirer profit des déséquilibres économiques entre les pays.

Comme pour les gens, les pays peuvent être plus ou moins chanceux, en fonction de leurs ressources naturelles, et des besoins des autres nations. C'est un peu comme si vous découvriez une mine de diamants dans votre jardin, vous deviendriez le roi du pétrole, mais ce ne serait que le fruit du hasard. C'est à peu près ce à quoi tout le monde rêve, stupidement.

Et ces cultures qui sont sensées être logées dans des frontières historiques entre pays, sont-elles pour autant protégées ? On le voit, dans chaque pays, les centres urbains ont la même culture, capitaliste, anglicisée, et plus on s'éloigne plus on retrouve une culture locale typique, principalement caractérisée par sa « pauvreté ». (Le monde est en miettes).

Quand on parle de changer de système, on parle aussi de cet artefact que sont les frontières arbitraires, qui est plus encombrant que protecteur des cultures... qui elles sont une vraie richesse pour l'humanité. (Il est donc question de s'attacher à ce qui est fonctionnel.)

10.1 - Les états-propriété

Un état se comporte comme une propriété privée, sur le modèle des château-forts du moyen-âge, sur la foi en la propriété privée, et même des fois peut-on se dire, sur le modèle hiérarchique d'une simple entreprise. Un pays n'est même pas une personne morale, seulement une entité. Ces entités sont en concurrence, propriétaires de leurs ressources, avec une balance commerciale entre importations et exportations, et leur but est de s'enrichir, quitte à appauvrir d'autres nations, plus faibles. Puis finalement, les plus fortes s'unissent en G7, G20, en union d'états comme lors d'une fusion-acquisition. Bon, ça c'est le tableau.

Il est quand même stupéfiant de remarquer qu'aucune nuance n'est apportée à la structure sociale terrestre entre l'individu et le pays, qui chacun d'eux se prévaut des mêmes droits et compétences, de posséder, et de vendre. Cela mène à quoi, à une planète à vendre ?(1) Si on voulait être rationnels on aurait pu décider que plus la niveau hiérarchique est élevée, moins il est permit de se comporter comme un individu (ayant acquit de mauvaises manies au sein d'un système social injuste).

Quand on veut remettre en cause le principe de propriété privée, pour en faire des biens publics, d'office ça veut dire qu'on va remettre en cause y compris le principe de nation, et de frontières. Cela permettra de résoudre les problèmes de comportements (impérialistes) des états entre eux.

10.2 - Les états aux frontières floues

Ce qui se passe en Israël-Palestine peut servir d'illustration.

La Palestine n'a jamais eu de frontières, car elle ne s'est jamais vendue à la conception de propriété privée, cause du colonialisme britannique qu'elle combattait. Originellement, c'était un lieux-dit, considéré comme particulièrement chaleureux avec les voyageurs.

Tandis qu'Israël est une colonie implantée par mandat britannique lors des accords Balfour il y a cent ans aujourd'hui (au moment de l'écriture de ceci), verrouillée par une guerre des six jours il y a cinquante ans aujourd'hui.(2) Depuis, le colonialisme continue, et dévore lentement la Palestine historique. On peut y voir les frontières du capitalisme.

Savoir s'il faut créer un état commun ou deux états distincts est une question récurrente depuis de nombreuses décades. Si on créait deux états, les frontières seraient fixées, les violations pourraient être punies, mais il n'existe aucun consensus à propos de ces frontières, qui s'expriment sous forme de barils bleus (la ligne bleue) qu'il suffit de pousser à la main. Si on créait un seul état, cela amoindrirait grandement le racisme, et supposerait un grand pardon mutuel, la paix et l'entraide. Et cela reviendrait à restituer à leurs propriétaires palestiniens leur terres volées, ainsi que ce qui y a été construit, et d'admettre l'échec du sionisme.

C'est ainsi que je me suis demandé comment le modèle alternatif que je proposais, dont les grandes lignes sont l'abolition de la propriété privée et l'organisation rationnelle des richesses, pouvait résoudre ce conflit.

La « solution à trois états » implique une seule innovation déterminante et intéressante. Ce serait une fédération ayant pour objectif une gestion commune des ressources naturelles et l'harmonisation des réglementations qui permettent la cohabitation, à laquelle se rattachent deux états, ô nouveauté, sans frontière déterminée. Chaque citoyen, en n'importe quel lieu de la fédération, pourrait adopter l'une ou l'autre des entités politiques, et seraient concernés par leur lois respectives.

10.3 - L'internationalité

Et là du coup on tient un principe valable, et intéressant. Les structures politiques seraient en concurrence, certes, mais leurs citoyens seraient libre d'y adhérer ou de les quitter. Ils pourraient choisir à qui ils paient des impôts. En effet quand on y pense, ne sommes-nous pas prisonniers de nos lieux de naissance ?

Moi qui vis en France, je suis co-responsable de tous ses crimes commis dans le monde, visant à obtenir sa balance commerciale. Toutes les voitures qui roulent et forment nos embouteillages rituels et chauvins, brûlent le sang des victimes de l'appropriation des ressources de pays en proie à la guerre et la famine.

Alors qu'avec ce concept d'internationalité, n'importe qui dans le monde peut choisir de se placer sous la juridiction d'une autorité librement choisie. On verra ! On verra bien combien d'entités il restera à la fin. Délivrés de leurs chaînes géographiques, les citoyens préféreront contribuer aux nations les plus avancées en termes de Droits de l'Homme.

Cette idée n'était possible à avoir qu'à notre époque informatique où il devient plus facile d'administrer des citoyens qui sont éparpillés de par le monde. Au moment où j'avais eu cette idée, n'existait pas encore les dispositions actuelles qui permettent à des pays de l'Est d'en adopter la nationalité... par internet, sans avoir à s'y rendre ou à y vivre.

Essayons d'aller plus loin dans les conséquences. Outre la simplification à long terme des états, cela offre une meilleure possibilité d'harmoniser les devises (ce qui n'est pas dans l'intérêt des banques mais des citoyens), et surtout les lois. Cela faciliterait grandement le travail de l'ONU, dans sa capacité à condamner les exactions. La comparaison des avantages et inconvénients entre les législations finirait par les faire s'harmoniser elles aussi. Ce vers quoi cela nous mène n'est autre qu'un gouvernement mondial, mais pas celui que veulent les banquiers, autoritaire, inhumain, dictatorial, utilisant les humains comme des ressources naturelles dont elles disposent librement (car c'est toujours un bénéfice de pouvoir disposer librement de quelque chose), mais celui dont a besoin le monde, une entité unificatrice des peuples, de leurs besoins et des réponses qu'on peut donner à leurs besoins et aspirations. Son but serait uniquement la collectivisation à l'échelle globale (la globalisation) des ressources. C'est le même vocabulaire, mais c'est tout le contraire.

Il est clair que si tout le monde vivait subitement dans le même « gouvernement mondial »(3) avec des lois et règles communes, cela créerait des tensions et des craquements terribles. Le pire qui puisse arriver serait synonyme de fin de l'humanité, si les cultures s'uniformisaient et s'unifiaient, à l'unisson de la ridicule petitesse de la culture capitaliste d'aujourd'hui, qui se croit omnipotente et extermine tout ce qui ne la sert pas. Comme s'ils voulaient des humains-OGM. Dans ce cas on perdrait tous les acquis, les langues, le savoir de millénaires d'expériences humaines. Et personne n'a la compétence pour soupçonner leur importance. (Puisque ça appartient au collectif.)

Alors à quoi pourrait bien ressembler une internationalité qui soit fonctionnelle ?

10.4 - L'autodétermination

Nous n'avons aucun besoin d'états définis par des frontières géographiques, mais nous avons besoin d'entités structurelles (ou culturelles) qui soient autodéterminées. Si elles sont liées par une géographie, tant mieux, mais cela ne doit pas être une obligation. C'est pourquoi nous avons introduit le concept d'état-sans-frontière, qui servirait de référant dans le cadre de la défense des droits des peuples.

Derrière ce thème de l'autodétermination il y a quelque chose de transcendant, déjà parce que ça résonne avec l'article 2.4(4) de la Charte de l'ONU sur la non-ingérence (qui est une loi universelle, et holistique), mais aussi parce que sur le plan fonctionnel d'une société humaine, dont la prérogative est la Liberté, celle-ci ne peut se mouvoir que munie d'un corps dont elle a le contrôle. C'est à dire dont les limites sont clairement délimitées. On notera que ce n'est pas le cas du capitalisme, qui est plutôt un corps gluant qui s'infiltre jusque dans les esprits, en commençant par accaparer des terres, et ne peut perdurer que dans l'expansion. Et quand les limites réelles sont atteintes, il finit par s'auto-dévorer.

L'autodétermination s'oppose à une société-ruche(5), standardisée, conformiste, répressive, intrusive, hiérarchique, dont les corps et les cerveaux sont dissociés, (parce que l'homme qui se croit distant de la nature, est distant des hommes) et dont la liberté est nulle pour que l'ensemble constitue un réseau homogène et statique, qui est le summum de son efficacité. (A l'image de ce que les gens croient que Dieu est.)

En définitive, on peut observer que le capitalisme a pour principal effet de briser l'autodétermination qui est le socle de la liberté individuelle ; Que capitalisme et autodétermination sont parfaitement antinomiques.

C'est quand historiquement le capitalisme, qui concernait des villes isolées, a voulu concerner une civilisation globalisée, que s'est opéré le glissement sémantique qui en a fait un monstre inhumain, briseur d'autodétermination et de liberté. Il est devenu nécessaire de repenser les règles qui unissent les peuples, afin de combiner habilement ce qui est commun, les buts, et ce qui est individuel, la liberté.

10.5 - A propos de la dictature

Avant de poursuivre paisiblement, la dictature (intrusive et statique) est quelque chose qui profite des erreurs de jugement, qui peuvent être dus à la précipitation. On comprend alors le culte de l'instantanéité, le culte de la hiérarchie, et l'uniformisation comme des composants qui se soutiennent les uns-les autres. Et comme je l'ai dit, au départ de tout cela il n'y a qu'une simple erreur, bénigne et qui ne peut être discutée que si on se donne le temps d'y réfléchir et le loisir d'en parler, qui consiste à inclure dans un processus les conséquences qui n'appartiennent qu'à un processus-parent, en principe distinct (je vais donner des exemples). Cette intrusion systémique est souvent vécue comme une « invitation à appartenir à quelque chose de plus grand ». Et en même temps, souvent, le prix de la satisfaction de cette pulsion primitive consiste à accepter ce qui devrait être refusé (mais auquel on s'habitue).

L'exemple c'est que la loi, dans son état non-dictatorial, dit : « il est impossible de fouiller un lieu privé sans preuve de culpabilité », ou encore de fouiller un individu, ceci parce que la loi le désigne par défaut comme « innocent ». Mais depuis le onze septembre 2001 les choses ont changé et l'esprit des pays a été contaminé, par la conjonction de deux facteurs, que sont la crainte de l'internet comme contre-pouvoir (un réseau décentralisé, « fantomatique ») et le « spectre invisible » d'un « terrorisme » (étant désignés ainsi tous les contre-pouvoirs en terme général) - qu'il a fallu modeler comme des marionnettes - contre lesquels il fallait agir de façon « préemptive »(6). Et soudain, les valeurs se sont inversées, les habits culturels sont devenus interdits, la détestation de la société méritait une surveillance policière, et cet ennemi si terrifiant - qui lâche des bombes de temps en temps pour rappeler qu'il existe - justifiait des lois toujours plus invasives, une répression plus dure, et une sémantique clivante. Et ainsi se renforce la dictature, dès lors qu'on croit en ses mots.

C'est à dire que le principe initial du commerce qu'est la soumission à un système, et l'habituation à cette soumission, a passé un nouveau cap octavien (on va le dire comme ça) en faisant surgir sa dentition blanche-fraîcheur afin de clamer sans vergogne sa volonté de soumettre le monde à son diktat. Et le pire à en attendre est que les gens s'y habituent, selon la procédure déjà acquise et admise antérieurement.

Tiens, un petit tableau :

Autodétermination Dictature
Rapport de l'individu à la société Liberté Obligation, devoir, contention
Psychologie sociale Responsabilité Délégation de responsabilité
Relations inter-humaines et inter-étatiques Non-ingérence, indifférence, neutralité, confiance Pseudo-responsabilité (paternalisme), projection psychologique, inculcation de l'exemple par la force
Fonctionnement Distinction, discernement, clarté d'esprit, densité neurologique, complexité de l'information, prise en compte de critères et de facteurs, choix, décision Profit de la confusion, abus de confiance, abus de position dominante, unification du signifié et du signifiant, logique syntaxique, permutation entre causes et conséquences, impulsivité, hasard, confiance aveugle
Rapport au temps Constitutif de valeur, écoute, repos, recul, sagesse, cycles, respiration, rapport au présent Ennemi de l'arnaqueur, confiscation, perte, consécration, infinité, recherche d'évasion
Comportements Liberté donnée, confiance, entraide, enseignement, compréhension, culturation Liberté confisquée, névroses, reproches, conformisme, suivisme
Psychologie Ouverture d'esprit, curiosité, intelligence, mises en relation Obsession, justifications, scientisme frénétique, dictature des principes
Rapport à la production Création, communion, responsabilisation Consommation, destruction, irresponsabilité

Ce qui est amusant c'est que la dictature procède au niveau psychologique de la même confusion entre causes et conséquences, qu'au niveau social [on la constate à la façon dont] système et humains sont intriqués. Il n'y a aucun discernement entre les deux, pas plus que ce qui permet de ne pas être intrusif, ou déshumanisant. Ce qui est salvateur, c'est de commettre (sans cesse) de nouveaux discernements.

Et de dire « ceci appartient au système », et « ceci appartient à l'humain », mais jamais « l'humain appartient au système » pas plus que serait stupide de dire « le système appartient aux humains ».

L'enjeu de notre travail va consister à faire que l'homme et « la machine » soient inoffensifs l'un envers l'autre ; Qu'il n'y ait pas d'interférences entre leurs émergences respectives.

10.6 - Les entités fonctionnelles d'un système mondial

Pour l'instant, on a imaginé des peuplades autodéterminées, des états et des fédérations d'états. La première serait responsable du bien civil, la seconde du bien légal, et la troisième du bien commun, c'est à dire l'usage des ressources, qu'on nommera gouvernement mondial, et dont la prérogative consiste à répondre aux besoins.

Le plus important c'est que, nous parlons de changer de système, ça implique forcément changer de structure interétatique. On voit les défauts et erreurs commises par le fait d'utiliser des frontières historiques comme des propriétés privées, et ce qu'on veut c'est obtenir une gestion globale des ressources, capable de dire que les richesses naturelles appartiennent à tout le monde, et en premier à ceux qui en ont le plus besoin.

Non seulement on aura obtenu les méthodes qui permettent d'estimer avec justesse ces besoins, mais surtout on sera à la recherche de leur maximisation. Et pour cela il apparaît nécessaire de faire que ces entités, à toutes les échelles, soient les plus indépendantes possibles. Et là, on tient quelque chose !

Regardez les états d'aujourd'hui, tout l'enjeu de la concurrence, des guerres économiques(7) consiste à créer une dépendance aux ressources naturelles. C'est ainsi que les écosystèmes s'épuisent à grande vitesse. Vendre du neuf rapporte plus que recycler du vieux, qui est jeté frénétiquement dans l'inexploité (la Nature).

Là, il est question de complètement inverser cette tendance, en maximisant l'indépendance des unités étatiques. Ce qui est attendu, c'est que les unités régionales et locales puissent être les plus possible, chacune d'entre elles, autonomes sur les plans alimentaires et énergétiques. De réduire au maximum la dépendance aux autres entités.

C'est de cette manière qu'elles peuvent mieux contribuer à l'ensemble du réseau mondial. On a donc déjà une idée plus précise de ce qui peut faire une confédération d'entités culturelles, et de ce qui constitue ses frontières, fussent-elles virtuelles. Ceci, mesdames et messieurs, je ne sais pas comment le chanter, est le point le plus important de monde, sur toutes les planètes !

Nous avons établi que l'unité de base d'un système fonctionnel, devait toujours elle-même se comporter comme un système à part entière, ou tout du moins, le plus possible.

Si ces entités sont parfaitement autonomes, elles restent complètement indépendantes des autres entités. Et en même temps, il est facile pour elles de contribuer au progrès collectif, puisque leurs ressources naturelles, et humaines, sont rapidement excédentaires.

Admettons que leur autonomie soit incomplète, qu'elles soient dépendantes, elles le seront d'une gouvernance globale qui ne fait que redistribuer les excédents, dans l'optique de préserver leur culture. Et en même temps, tous les moyens de les faire accéder à cette indépendance devra être adopté.

En sommes, les états ne seront plus « seuls », mais garderont toujours leur indépendance.

Illustration 7: Structures étatiques qui maximisent leur indépendance. On voit les états qui contribuent chacun d'un type de richesses structurelle.

10.7 - L'autosuffisance alimentaire et énergétique

En tirant dans le mille on obtient une grande satisfaction.

Le capitalisme fonde son pouvoir sur une éloquence persuasive qui est de l'ordre de la tromperie, sauf que même le vendeur ignore encore sa portée de son mensonge. La finalité est de dire « vous n'avez besoin de rien, mais c'est quand même mieux avec ». « Vous êtes sensés manger vos fruits et légumes du jardin, nous on vous vend la sauce, en échange de quelques uns de vos fruits et légumes ». Et mine de rien ça devient « Si vous voulez rester en vie, et manger, vous devez vous soumettre, et subir la violence, sinon vous n'êtes pas un homme ! ».

La création de dépendance est le fer de lance du capitalisme. C'est dans la nature humaine, on s'habitue au confort, au progrès, on veut y contribuer, mais le prix à payer, comme quand les indiens vendaient leurs terres pour des caisses de whisky, c'est de ne plus jamais avoir d'eau potable sur Terre, et que rien ne pousse plus jamais sur ces terres arides. Cela paraît impossible, donc pas cher, mais c'est ce qui se passe.

La réalité est que les coûts réels ont toujours à être réévalués avec le temps, et plus il passe, plus il augmente.

Aujourd'hui des « néo-paysans » s'unissent pour se protéger de l'ineptie, de la violence et de la démence que véhicule le système-argent, en retournant vers des modes de vie champêtres, et surtout en visant l'autonomie alimentaire et énergétique.

Devenir indépendant du système, est au goût du jour. Les enfants deviennent plus vite plus intelligents au contact de la nature. La santé y est meilleure, et on profite quand même un peu du progrès, grâce à des installations bien chauffées, avec l'eau courante, l'électricité et internet... et une belle vue, pas de bruit, pas de pollution de l'air, on voit les étoiles la nuit... Bref que des avantages. (A part le supermarché qui est loin.)

En plus, en visant l'indépendance, on n'a aucun revenu, on vit de peu, dans la « décroissance », le low-tech, humblement, durablement, et le top est de se retrouver à ne plus avoir à payer d'impôts à un état militaire et policier, que tout le monde déteste, à part les gens de la télé. C'est une bonne action.

C'est amusant car l'esprit social prend instinctivement cette initiative, en avance sur le crash économique mondial qui va arriver, comme n'importe quel désastre naturel auquel on peut légitimement s'attendre. Échappés de cette angoisse, ils posent les bases d'un nouveau monde.

Un jour plusieurs villages autonomes s'unifieront et devront régir les premières règles communes, dans le but de mettre des ressources en commun afin d'en faire baisser le coût humain, et de faire circuler les excédents des uns vers les besoins des autres.

Cependant, il y a de nombreux pièges lors d'une telle coordination, car si c'est pour revenir au point de départ, avec un système marchand, ça ne sert à rien.

10.8 - L'examen des relations entre segments systémiques

Pour bien comprendre les enjeux, il faut examiner la façon dont les acteurs d'une chaîne de production sont rendus co-dépendants. En réalité, dès lors qu'on cultive, on abîme les sols inévitablement, donc même si on minimise les effets, il faut aussi se soucier de permettre à la nature de se régénérer. Déjà, on montre un schéma où, outre la production, le « coût » du produit inclut celui de sa perpétuation à long terme. Elle peut consister en un ralentissement volontaire de l'utilisation des sols (une perte planifiée), autant que dans le fait de laisser une terre en friche.

Ceci nous fait constater comme le libéralisme atomise les activités (les segments systémiques) au point de les dé-responsabiliser de ceux dont ils dépendent, ce qui ne les empêche pas d'en rester dépendants, dans la réalité, à part qu'ils n'ont plus aucune emprise sur ceux-ci, pour finalement se retrouver dans une situation de chantage.

- Par exemple les déchets industriels (emballages) sont vendus au client qui en devient responsable (propriétaire) de la pollution, que la collectivité est chargée de gérer, à des coûts qui n'ont aucun rapport avec les profits générés de l'autre. Les processus sont dissociés, et ça, c'est un problème, car l'industrie tire profit d'un coût évalué en dommages écologiques, et d'un coût financier relevant de la collectivité, tandis que les moyens manquent pour réparer les dégâts causés.

- Un autre exemple, la mafia de la « sécurité » à qui il suffit d'engendrer des dangers, pour ensuite se présenter comme des « assureurs ». Il s'agit là encore d'une co-dépendance créée par des causes sur lesquelles on a aucun contrôle.

La création de besoins artificiels est une autre conséquence de la nature des échanges entre les marchés, fondée sur mise en rivalité de processus qui devraient, pourtant, fonctionner ensemble. De plus, quand ces segments n'ont pas vocation à être « rentables », comme dans le cas de l'éducation, de la santé, et en l'occurrence de l'agriculture, on ne mesure pas leur performance avec les mêmes outils.

En fait au final le capitalisme est le système qui profite de la somme incroyable de choses auxquelles on ne fait pas attention, et dont on s'attend qu'elles fonctionnent toutes seules. Seulement à un moment, arrive la confrontation avec la réalité, du fait qu'il existe une dépendance très forte entre des secteurs qui ne fonctionnent pas du tout sur le même modèle.

Et l'enjeu de la recherche d'un modèle viable étant de trouver un milieu entre « tout privatiser » et « tout nationaliser », la question devrait plutôt devenir « tout orchestrer ».

Orchestrer, ça veut dire maximiser à la fois l'autonomie et l'interdépendance des commerces. C'est quelque chose qu'on retrouve dans le concept d'économie circulaire, où chacun produit les éléments indispensables aux autres.

Dans un sens, il ne fallait pas s'attendre à ce que le paradigme qui consiste à donner un « prix » à toutes les choses soit capable d'assumer, à lui seul, à la fois l'indépendance nécessaire à la liberté, et à la fois le bon fonctionnement des interactions entre les acteurs d'une économie. En effet le montant des bénéfices d'une activité (d'un segment systémique) n'est absolument pas parlante de son utilité ou de son succès. Il [ce paradigme] n'a pas à l'être, prétend ne pas y être mêlé, mais l'influence de façon décisive.

Mieux encore, l'enjeu de l'acquisition d'une soutenabilité n'est rien de moins que la préservation de zones animales et végétales gardées à l'état sauvage, dont nous n'aurions aucun usage, et dont nous ne sommes de toutes façons pas « propriétaires ».

C'est à ce moment-là qu'on parle d'organisation rationnelle des richesses, parce que les moyens que nous avons sont suffisants, si (et seulement si) ils sont correctement utilisés. L'optimisation, ou la maximisation des ressources passe par une réelle intelligence qui consiste à prioriser les besoins, et qui suppose un véritable contrôle sur les endroits où on veut déployer notre énergie, ou pas.

10.9 - La rationalité d'un réseau

Dans « rationalité » il y a « ratio », et c'est ce terme que j'emploie lorsqu'il s'agit de mettre en rapport des faits, valeurs, ou objets d'un logiciel. Tout est ratio !

Le logiciel, lui-même est un terme de la « logique », il n'est capable que de faire ce qui est logique, même si le résultat n'est pas celui escompté. C'est quelque chose de très positif, et un peu sévère, qui force à comprendre pourquoi les choses sont ainsi, et à y remédier. Cela soulève toujours plus d'explications passionnantes qui n'intéressent généralement personne. Le plus tentant reste toujours de « tricher » en prévoyant un résultat attendu, mais ce qu'on nomme en informatique des « sparadraps » ne tiennent jamais longtemps.

Il y a deux niveaux pour une rationalité, celle du fonctionnement et celle de la production (les buts du Système-réseau).

Les composants doivent être reliés entre eux par un mécanisme, usant de protocoles. Et en même temps ils répondent tous, à la fois, à des fonctionnements génériques et des règles globales. C'est la même chose pour les organes du corps humain, reliés par leur productions respectives, ayant en commun la circulation sanguine, et activés par le système nerveux commandé par le cerveau.

La consistance d'un réseau tient donc à la qualité de la façon dont ses composants sont reliés, et sa pérennité à la pertinence de ce qu'il produit.

On peut apprécier comment sont liés les composants du système-argent, que sont la population, les industries et les institutions. Ce n'est pas tant un « système », qu'un « marché » bruyant, où chacun se bat contre les intérêts des autres.

L'autodétermination est fonctionnelle dans un réseau. L'harmonie d'un système s'explique par la justesse des relations entre les composants et leur parfaite étanchéité les uns avec les autres, garante du meilleur contrôle de leurs interactions.

(1)L'honnêteté intellectuelle m'oblige à prévenir le lecteur que ceci n'est pas une menace en l'air.

(2)La déclaration de Balfour ou le sionisme au cœur du projet impérialiste occidental :  1nfo.net

(3)Tel que préconisé par Bush, Sarkozy, Junker, etc.

(4)Art. 2-4 : « Les Membres de l'Organisation s'abstiennent, dans leurs relations internationales, de recourir à la menace ou à l'emploi de la force, soit contre l'intégrité territoriale ou l'indépendance politique de tout État, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies. »

(5)Terme emprunté à, euh, une société ruche (je ne vais en dire plus).

(6)Autant dire « par pur reflex dû à la nervosité » ; Et sans que personne ne s'interroge sur un autre terme rétropositif : « la prévoyance ». Souvent ces éléments de langage sont concurrents, au point d'en faire oublier l'autre.

(7)Il y a même des écoles de guerre économique

- networksociety 180718

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