Quelques chiffres clés sur la dette en Belgique

14-06-2018 cadtm.org 5 min #142454

Fresque murale à Bruxelles (CC - Flickr - Miguel Discart)

Cet article a été publié dans le trimestriel n°93 (avril-juin 2018) d'ATTAC-Liège

La dette privée est beaucoup plus élevée (85% de la dette totale) que la dette publique (15%). La dette publique s'élève aujourd'hui à ≃ 465 milliards d'euros, soit ≃ 103 % du PIB. En valeur relative au PIB, c'est la 5e plus importante d'Europe et la 14e au niveau mondial.

92 % du stock de la dette publique totale est à long terme, le reste est à court terme (moins d'un an). Plus de 80% de la dette se présente sous forme d'obligations émises sur les marchés (le reste sous forme de crédits et un tout petit peu sous forme de dépôts). 100% de la dette est aujourd'hui libellée en euros.

La dette fédérale représente 85% de la dette publique totale (la dette communale 5%). L'encours actuel des fameux Bons d'État, destinés aux particuliers, s'élève à ≃ 500 millions d'euros.

Le maximum historique de la dette publique (en valeur réelle) a été atteint en 1993 (près de 140% selon les données « modernes »).

45% de la dette publique est détenue par des investisseurs résidents (c'était 75% il y a vingt ans). Dans son écrasante majorité, elle est détenue par des institutions financières.

Elle coûte en moyenne 42 milliards d'euros par an (dont un peu plus de 10 milliards en intérêts). Nous avons remboursé avec des impôts plus de 550 milliards d'euros d'intérêts depuis 1980.

Or la fraude fiscale représente plus ou moins 30 milliards d'euros par an.

L'impôt sur les sociétés est officiellement de 33,99%, mais dans les faits (l'impôt effectif) il est en moyenne de 12% (et de 1% pour les 50 plus grandes entreprises en termes de bénéfices) - soit un manque à gagner (optimisation fiscale, pas fraude fiscale ici) de plus ou moins 20 milliards d'euros par an.

L'évasion fiscale (qui peut être, selon les cas, de la fraude ou de l'optimisation) s'élève à plus de 200 milliards d'euros par an.

Le budget de l'Etat s'élève à plus ou moins 200 milliards par an (sans compter les emprunts).

Le déficit budgétaire tourne autour de 3% du PIB (soit plus de 10 milliards d'euros) ces dernières années (soit le montant des intérêts).

Les sauvetages bancaires ont coûté 40 milliards d'euros (33 milliards sans les intérêts) entre 2008 et 2012. Ils ont depuis ramené plus ou moins 30 milliards.

Plus d'1/3 de la sécurité sociale est aujourd'hui financé par l'Etat (via l'impôt) qui a organisé son désinvestissement (via la diminution des cotisations sociales).

La dette des ménages (attention, seulement sous forme de crédits - hypothécaires à 80%) s'élève à 266 milliards d'euros.

Le patrimoine financier des ménages est de plus ou moins 1.300 milliards d'euros (leur patrimoine immobilier est estimé plus ou moins au même montant. Mais rappelons que le 1% le plus riche en détiendrait 20%, les 10% les plus riches 50%, les 20% les plus riches 65%, etc. (contre 0,2% pour les 20% les moins riches).

L'épargne présente sur les comptes s'élève à plus ou moins 250 milliards d'euros. Mais rappelons qu'1/3 de la population n'a pas d'épargne.

Plus ou moins 70% de la population majeure est endettée, et 4% en défaut de paiement. Les défauts de paiement des ménages concernent en majorité des petites sommes (la moyenne étant de 3.500 euros). Le montant de l'ensemble des arriérés (sur les crédits, de nouveau) est de 3 milliards d'euros.

50% des personnes avec emploi gagnent moins que le salaire moyen (qui est de 1.900 euros nets).

Les 20% les plus nantis concentreraient plus ou moins 52% de l'ensemble des revenus, alors que les 20% les plus pauvres n'en totaliseraient que plus ou moins 4%.

Le taux de pauvreté est de 16% (21% selon les critères européens plus larges).

Il y a 4,5 millions de personnes employées en Belgique (sur une population totale de 11,3 millions et une population « en âge d'être employée » de 7,3 millions). Seulement 3,6 millions d'entre elles ont un emploi permanent.

Le taux de chômage officiel est de 8%.

1 million de personnes « employées » (soit près de 25% du total) le sont à temps partiel. 84% sont des femmes et on considère que plus de 90% de l'ensemble le sont de manière involontaire.

Plus de ¾ du PIB belge est constitué du secteur tertiaire (services), un cinquième du secteur secondaire (industrie) et très peu du secteur primaire (matières premières).

La part des salaires dans la valeur ajoutée des entreprises est passée de 67 % en 1980 à 57 % aujourd'hui.

Il y a 90 banques en Belgique, dont les bilans cumulés s'élèvent à plus de 1.000 milliards d'euros (sans prendre en compte le hors-bilan). Les 4 plus grosses (BNP Paribas, ING, KBC et Belfius) concentrent plus de 2/3 du marché. Depuis qu'elles ont été sauvées par l'argent public, elles ont détruit 15% de l'emploi et fermé 25% des agences. Leur ROE est de 10% et elles redistribuent 50% de leurs bénéfices en dividendes.

Les créances belges sur d'autres pays s'élèvent à moins de 5 milliards et, surtout, elles ne représentent que quelques dizaines de millions d'euros de « rentrées » (odieuses) par an.

L'aide publique au développement s'élève à 0,5% du Revenu national brut (soit moins de 2 milliards d'euros) et profite principalement à la Belgique.

Les investissements publics ont chuté de moitié en 25 ans. Les investissements communaux représentent 40% de l'ensemble de ces investissements publics (pour 5% de la dette publique).

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