Nddl. Huit mois de prison ferme pour avoir « arrosé un gendarme »

25-05-2018 revolutionpermanente.fr 4 min #141733

Répression à Notre-Dame-Des-Landes

Après avoir violemment réprimé les militants zadistes en envoyant des milliers de gendarmes et un véritable arsenal militaire à Notre-Dame-Des-Landes, le gouvernement continue sa répression devant les tribunaux :un nouveau militant vient d'être condamné à huit mois de prison pour avoir arrosé un gendarme

Crédits photo : GUILLAUME SOUVANT. AFP

Alors que le projet d'aéroport a été annulé, la Zad de Notre-Dame-Des-Landes continue à faire parler d'elle. Des militants venus de toute l'Europe sont allés soutenir les zadistes lors de l'évacuation ultra-violente ordonnée par le gouvernement le mois dernier. Tandis que les flics font tout pour reprendre par la force les terrains et ont détruit de très nombreuses habitations, les zadistes ont lancé des projets de reconstruction. A partir du 17 mai  une deuxième phase d'expulsions a commencé et à nouveau une violente répression s'est abattue sur la Zad ; arrestations faisant suite aux coups de matraques et aux fumées des gaz lacrymogènes.

Les arrestations se multiplient et le tribunal nantais et son procureur font tomber des condamnations très lourdes. Depuis quelques jours certains militants attendent de recevoir leurs peines. Ainsi un étudiant belge passé en comparution immédiate, vient d'écoper de huit mois de prison ferme pour avoir « arrosé les gendarmes avec un extincteur », il devra purger sa peine en Belgique et ne pourra approcher le territoire Loire-Atlantique pendant 5 ans. Cette étudiant n'est connu pour aucun autre fait en France comme en Belgique et nie être l'auteur des « violences » qui lui sont reprochés. Un autre zadiste a été condamné à 6 mois de prison ferme et interdiction d'approcher le territoire de la Loire Atlantique, pour avoir soit disant jeté des projectiles sur deux gendarmes, qui ont eu un jour d'ITT pour l'un, et zéro jour d'ITT pour l'autre. Alors qu'il conteste les fait mais admet avoir été présent lors de la charge des gendarmes, il a reçu la très lourde condamnation de 6 mois d'emprisonnement.

Le Procureur de la république se veut intransigeant et dit vouloir « rétablir le calme » à Notre dame des Lande déclaration qui laisse songeur dans la mesure où l'action du gouvernement consiste à envoyer 2000 gendarmes armés déloger, selon les propres dires des gendarmes, 80 personnes pacifiques. Le procureur déclare qu'il aurait souhaité des peines encore plus lourde pour tous les zadistes passant en procès : « Il faut que les peines soient exemplaires : c'est aujourd'hui qu'il faut marquer les esprits, la loi doit avoir une fonction intimidante ». Une logique de surenchère répressive qui vise à écraser jusqu'au bout la mobilisation de NDDL et le symbole qu'elle représente ;  répression policière et judiciaire que subissent également les étudiants et  enseignants, comme les cheminots, les postiers, et tous ceux qui tentent de relever la tête face à Macron.

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newsnet 18/05/25 17:39

"la loi doit avoir une fonction intimidante" (!!!)
- la loi délimite le droit
- la justice répare les crimes
- les peines doivent être proportionnées
- elle NE PEUT avoir de rôle préventif
- encore moins par l'usage de la terreur

1. La loi délimite le droit, arbitrairement, de façon conventionnelle et acceptable. Parfois elle est mal fichue, mais c'est la loi.
2. La "justice" n'est pas la loi. La "justice" n'est pas même juste, elle peut seulement tendre vers la justice (ou s'en éloigner).
3. La loi doit être compatible avec la loi, or une peine ne peut être disproportionnée.
4. La justice ne peut intervenir qu'après le crime, pas avant. C'est bien son défaut mais il est irréparable. La seule chose qui puisse intervenir avant le crime, est la résolution par avance des causes du crime, à savoir, la répression policière, qui en l'occurrence est une cause du crime.
En terme général le travail de la justice à grande échelle devrait être de rendre impossible les crimes, en rendant inutile le vol par exemple.
C'est une action positive, et non une action de restriction de liberté pour empêcher un crime toujours probable statistiquement.
5. La punition collective, la condamnation d'innocent ou des condamnations sensées, dans l'esprit du juge (en pleine crise de démence) sensées "faire peur", sont un non-sens, puisque ces peines exemplaires ne se renouvelleront pas, et n'auront pas pour effet de résoudre par avance les futurs crimes potentiels. La démarche ne repose sur aucune démonstration valable. Au contraire, l'injustice est le plus à-même de conduire à la révolte, auquel cas les crimes commis seraient justifiés.