Une nouvelle intervention militaire a commencé sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes

17-05-2018 2 articles reporterre.net 11 min #141377

Ce jeudi 17 mai, l'intervention militaire a repris sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes. Elle viserait à expulser les habitants qui n'ont pas déposé de formulaires individuels. Une dizaine de lieux pourraient être détruits. Reporterre suit le fil des événements.

  • 9 h 54 - Des affrontements sont en cours dans le champ de Bellevue et vers la Hulotte. D'après notre reporter, des personnes ont pu quitter les différents lieux de vie qui étaient encerclés par les gendarmes mobiles pour se rassembler à la ferme de Bellevue. Elles souhaitaient se rendre en soutien à la Châteigne, mais ont échoué à le faire à cause des gendarmes présents partout. Une centaine de personnes équipées de boucliers et de bâtons sont désormais face à face avec les gendarmes mobiles, le peloton de surveillance et d'intervention de la gendarmerie (Psig) et les chiens. Une vingtaine de grenades F4 ont été lancées. L'hélicoptère de la gendarmerie survole la scène, ainsi que deux drones. « Tout à l'heure, j'ai vu un rapace qui essayait de chasser un de ces drones, il en avait peut-être assez de se faire gazer », rapporte notre reporter.

  • Concernant les destructions des lieux de vie, difficile d'avoir des informations précises. D'après notre reporter, la Châteigne est tombée. Il n'entend pas encore le bruit des machines mais il n'a pas réussi à voir la cabane à cause des gendarmes. Sept expulsions ont eu lieu ce matin à la Châteigne et un homme est toujours perché sur le toit d'une cabane,  selon 20 Minutes Nantes. D'après un journaliste de Ouest-France, la Vosgerie, dans la forêt de Rohanne, vide sur les photos, « vit ses dernières heures ». Une pelleteuse est en train de démonter les barricades des Lascars, selon Radio Klaxon.

La cabane de la Vosgerie, dans la forêt de Rohanne, vit ses dernières heures. © JFMartin/Twitter

  • 9h50 - Au carrefour de la Saulce, un tractopelle jaune évolue dans la poussière, racle le sol, raconte notre reporter. Un zadiste déchiffre le logo de l'entreprise : Bergerat-Monnoyeur.

  • 9h30 - Au carrefour de la Saulce se trouvent trois blindés, des jeeps, des camions de la sécurité civile et des tractopelles. Des zadistes se moquent rageusement des gendarmes mobiles en mimant une charge et en rigolant, raconte notre reporter. Ils s'appuient sur les blindés par bravade ou nettoient une tache de boue en se marrant.

  • 9h05 - D'après notre reporter basé à la Wardine, il ne s'est pas passé grand-chose depuis 8h. Le lieu de vie est encerclé par plusieurs centaines de gendarmes mobiles et ses habitants sont pris dans la nasse. Pas de nouvelles de l'est de la Zad, car les communications sont brouillées et on ne peut pas se déplacer, indique-t-il. Mais d'après lui toutes les opérations sont concentrées dans et autour la forêt de Rohanne. Les gendarmes mobiles sont ainsi présents au Liminbout, à la Wardine et à la Chateigne, mais il n'y a pas d'affrontements, seulement des face à face.

  • Selon notre second reporter, à la Wardine les gens mangent, assis à table à moins de cent mètres des gendarmes mobiles positionnés en ligne le long du chemin de Suez et entourant le bus de Radio Klaxon.

Des gendarmes mobiles photographiés depuis la Wardine. © Gaspard Glanz/Reporterre

Le bus de Radio Klaxon encerclé par les gendarmes mobiles. © Gaspard Glanz/Reporterre

Gendarmes mobiles dans le champ des bâtons. © Gaspard Glanz/Reporterre

  • 8h50 - Un paysan discute avec un gradé à propos du bien-fondé de l'opération : « moi je pourrais potentiellement signer une convention avec l'État, mais je ne le ferais jamais tant qu'il y aura une occupation militaire. Vous signeriez, vous, avec un revolver braqué sur la tempe ? »

  • 8h45 - Communiqué des collectifs d'action non-violente sur le site  zad.nadir.

Nous dénonçons la poursuite des expulsions et des opérations militaires à Notre-Dame-des-Landes, rendant impossibles des négociations sereines sur l'avenir de la zone. (...) L'État s'entête dans son autoritarisme inadmissible. Le lourd dispositif militaire présent sur la zone depuis plus d'un mois constitue une entrave à toute démarche constructive. Ceci alors qu'il n'y avait aucune urgence à expulser qui que ce soit. (...) Nous dénonçons également la contradiction d'un gouvernement qui d'un côté prône une "transition écologique et solidaire" mais d'un autre côté détruit sans scrupule des expérimentations d'habitat à faible impact écologique, des innovations agricoles, des formes de démocratie alternatives... pourtant reconnues par les spécialistes pour leur richesse ! Enfin, nous dénonçons la stratégie de l'État visant à briser l'incroyable collectif humain construit depuis des années, en jouant la carte de la division, du harcèlement militaire et de la désinformation.

  • 8h37 - Le dispositif militaire empêche toute personne autre que gendarme mobile d'approcher du bois de Rohanne, dans lequel se situent plusieurs cabanes visées. Impossible de savoir ce qui se passe dans ce périmètre, constate notre reporter.

  • 8h34 - Devant un cordon de gendarmes mobiles sur le chemin de Suez, un zadiste cagoulé crie : « vous portez toute la charge de la violence de l'État ! » Pour cette deuxième opération, dix-neuf escadrons de gendarmerie sont mobilisés, soit entre 1.500 et 1.700 gendarmes. Deux huissiers sont également présents à leurs côtés pour mener ces procédures.

  • 8h20 - Des paysans désolés : « Pour le foin qu'on devait récolter demain, c'est mort, avec ce qu'ils balancent dans les champs. Et les bêtes derrière la haie, elles sont en plein dans les gaz ».

  • 8h11 - 150 à 200 personnes se trouvent à La Wardine. Elle est entourée d'une masse de gendarmes, qui empêchent les gens de sortir.
  • La Chateigne semble avoir été prise par les gendarmes, avec énormément de grenades en un seul coup et un seul assaut.
  • Pour l'instant, il n'y a pas d'affrontement direct. Toute la zone est sèche, il n'y a pas de boue, et la circulation dans les champs pour les engins et les gendarmes est donc beaucoup plus facile.

  • 7h58 - D'après le site zad.nadir, les gendarmes lancent l'attaque sur la Châteigne. Ce lieu fait partie du symbolique "village de cabanes" construit par 40.000 personnes à l'occasion de la manif de réoccupation du 17 novembre 2012.

Des blindés dégagent une petite barricade.

  • 7h55 - Sur Twitter, le ministre de l'Intérieur explique que l'intervention de ce jeudi vise « les occupants illégaux ayant refusé de déposer un projet agricole ». Une dizaine de lieux de vie pourraient être ciblées aujourd'hui.

 gerardcollomb17/05/2018 06:04:18  543  207  152724/5552
Conformément aux engagements du Gouvernement, le processus de retour à l’État de droit se poursuit à Notre-Dame-des…

  • 7h49 Les gendarmes mobiles ont chargé pour occuper le chemin de Suez, et ont pris position en ligne, dans le champ, à 100 m au-delà du chemin, vers Le Rosier.

  • 7h45 - Suite aux expulsions en cours, le collectif NDDL-IDF appelle à un rassemblement à Paris, au métro Belleville, ce soir à 18h.

  • 7h33 - Des affrontements ont lieu dans le champ entre le Maquis et la lisière de la forêt de Rohanne. Les tirs de grenades depuis les sous-bois cassent les branches d'arbres. Les sommations succèdent aux sommations. Les gendarmes mobiles dégagent les haies à coup de matraque pour pouvoir avancer.

  • 7h12 - Un de nos reporters a vu tellement de camions de gendarmes sur la Zad qu'ils ont créé un bouchon entre le village de Notre-Dame-des-Landes et le carrefour des Ardillères. Il y a des camions du carrefour de la Saulce jusqu'au carrefour des Ardillères. On compte cinq blindés. Pour l'instant, aucun tir de grenade.

Malgré tout, la vie tente de continuer : les vaches de Sylvain Fresneau.

  • 6h47 - Trois gradés sans casque ont avancé dans le champ en demandant à parler à un responsable. Quelqu'un s'approche suivi d'une deuxième personne cagoulée. Le message des gendarmes : « Si vous n'attaquez pas la ligne, tout reste tranquille de notre côté. Sinon, on a la possibilité juridique d'attaquer la ferme de Bellevue et d'opérer des arrestations ». Les zadistes réfléchissent pour garder Bellevue. Les lieux qui devraient être détruits aujourd'hui : Pui Plu, la Datcha, la Chateîgne, la Vosgerie.

Trois gendarmes gradés parlent avec deux zadistes, dans un champ près de la Wardine. Source : Zad_NDDL.

  • Jeudi 17 mai - 6h29 - Un peu avant six heures, sous l'hélicoptère, les gendarmes mobiles ont dépassé une barricade à un kilomètre du Liminbout et avancé en trottinant pour prendre position sur 800 m, le dos au bois de Rohanne, face au champ des bâtons, qui accueille le camping de Bellevue.

Pui plu, une des cabanes qui pourraient être détruites aujourd'hui. Source : Zad_NDDL.

  • Mercredi 16 mai - Communiqué du Conseil des ministres : « Pour ceux des occupants qui n'ont pas voulu inscrire leur avenir dans le cadre d'une installation légale, toutes les conséquences devront en être tirées ; ce sera le rôle de la gendarmerie nationale de continuer à sécuriser la zone, de mettre en œuvre les procédures judiciaires faisant suite aux violences commises à l'encontre des forces de l'ordre et de poursuivre la mise en œuvre des décisions d'expulsions. »

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17-05-2018 francais.rt.com 8 min #141387

Notre-Dame-des-Landes : lancement d'une nouvelle opération d'expulsion sur la Zad (Images)

© Fred Tanneau Source: AFP

1 700 gendarmes ont été déployés au matin du 17 mai sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, afin d'expulser les occupants d'une dizaine de squats qui n'avaient pas déposé de projets nominatifs en préfecture en vue de régularisation.

Une deuxième opération d'expulsion sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes visant une dizaine de squats où vivent des zadistes, a été lancée par les forces de l'ordre le 17 mai à l'aube.

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