Le Gulf Stream se dérègle à toute vitesse. C'est une très mauvaise nouvelle.

15-05-2018 up-magazine.info 34 min #141301

On s'en doutait depuis plusieurs années mais aujourd'hui les scientifiques sont formels et c'est une première. Deux études viennent en effet d'être publiées simultanément dans la revue Nature. Elles constatent un dérèglement alarmant de la circulation des courants océaniques dans l'Atlantique, ceux qui contribuent à la régulation du climat mondial. Si nous avons un climat tempéré en Europe occidentale c'est grâce au Gulf Stream. Si sa circulation ralentit ou s'interrompt, les scientifiques n'osent en imaginer les conséquences. C'est pourtant ce qui est en train de se passer.

Vous vous souvenez sans doute de ce film à succès de Roland Emmerich sorti en 2004. Le Jour d'Après imaginait une interruption de la circulation du courant océanique qui entraînait une brusque entrée de l'hémisphère nord en glaciation. Ce film catastrophe pourrait devenir une réalité. Cela fait une quinzaine d'années que les chercheurs auscultent la circulation thermohaline, c'est-à-dire la circulation des courants océaniques, notamment dans l'Atlantique. Toutes les études attestent des traces de dérèglement. Les deux études publiées le 11 avril dans  Nature, par leur ampleur et leurs résultats, sont les plus catégoriques. Le courant océanique n'a jamais été aussi faible depuis 1600 ans. De plus, la banquise fondant à cause du réchauffement climatique, déverse dans l'Atlantique des quantités énormes d'eau douce. Cette eau moins salée, compromet le processus de circulation océanique entre le Sud et le Nord de la planète.

Tapis roulant planétaire

La circulation océanique fonctionne comme un gigantesque tapis roulant. Son moteur est la différence de densité de l'eau de mer. Cette différence provient des écarts de température et de salinité des masses d'eau. Les eaux chaudes des zones tropicales de l'Atlantique Sud se refroidissent à l'approche des latitudes de l'Atlantique Nord. Elles deviennent plus denses et plongent en profondeur. Le courant poursuit alors son retour vers le sud, se réchauffe et remonte en surface. Les scientifiques désignent ce phénomène sous l'acronyme d'AMOC (circulation méridienne de retournement de l'Atlantique). Ce circuit traverse le monde et régule le climat. C'est ainsi que le Gulf Stream permet à l'Europe occidentale d'avoir un climat tempéré. Si, en approchant du Nord, l'eau de l'océan ne se refroidit pas assez, d'une part, et si d'autre part, le niveau de salinité de l'eau se réduit, le tapis roulant ne fonctionne plus correctement. L'eau n'est plus suffisamment dense et salée pour plonger et opérer son retour vers le sud.

Les deux études publiées dans Nature viennent dans le prolongement d'autres recherches menées depuis des décennies. Toutes ont relevé des anomalies mais aujourd'hui, les scientifiques sont formels. Ils valident catégoriquement l'hypothèse de l'affaiblissement des courants de l'AMOC. « Les preuves que nous sommes maintenant en mesure de fournir sont les plus solides à ce jour » affirme Stefan Rahmstorf de l'Institut de Potsdam, qui a conçu l'étude. Il poursuit : « Nous avons analysé tous les ensembles de données de température de surface de la mer disponibles en comprenant des données de la fin du XIXe siècle jusqu'à nos jours. Le modèle de tendance spécifique que nous avons trouvé dans les mesures ressemble exactement à ce qui est prédit par les simulations informatiques, à savoir un ralentissement du Gulf Stream ».

Réchauffement climatique

Cet affaiblissement est causé par plusieurs facteurs liés au réchauffement climatique de la planète. Il est notamment le résultat de l'accroissement des précipitations, de la fonte de la banquise, des glaciers et des plateformes glaciaires, qui libèrent de l'eau douce, moins dense que l'eau salée, dans l'Atlantique Nord. « L'eau douce affaiblit l'AMOC car elle empêche les eaux de devenir assez denses pour couler », explique à l'AFP David Thornalley, de l'University College London, co-auteur d'une des études. « Si le système continue de faiblir, cela pourrait perturber les conditions météorologiques depuis les États-Unis et l'Europe jusqu'au Sahel et provoquer une hausse plus rapide du niveau des mers sur la côte est des États-Unis », avertit la Woods Hole Oceanographic Institution, qui a participé aux recherches.

Plusieurs études ont déjà alerté sur le fait que le ralentissement du courant océanique exacerberait l'élévation du niveau de la mer sur la côte américaine, menaçant directement des villes comme New York et Boston. L'affaiblissement du Gulf Stream aurait des conséquences aussi sur l'Europe en affectant la trajectoire des tempêtes venant de l'Atlantique. Plus généralement, les conditions météorologiques européennes seraient bouleversées avec des vagues de chaleur ou de froid intense. Les météorologues expliquent ainsi que la vague de canicule de l'été 2015 est reliée à une vague record de froid enregistré dans l'Atlantique Nord. Cela semble paradoxal mais s'explique par les variations de la pression atmosphérique qui achemine l'air chaud du sud vers l'Europe.

LIRE DANS UP' :  La fonte des glaces autour du Groenland perturbe gravement le Gulf Stream. Glaciation et montée des eaux en Europe ?

Grains de sable

 L'une des deux études publiées par Nature, celle de l'équipe de David Thornalley de l'University College London, est une première. Elle se penche sur l'analyse des grains de sable déposés par les courants sur les fonds marins au fil du temps. Plus les grains de sable retrouvés dans les sédiments étaient gros, plus forts devaient être les courants qui les ont transportés. Les résultats révèlent que l'AMOC a été relativement stable entre l'an 400 et 1850 et a commencé à s'affaiblir au début de l'ère industrielle. Ces données paléoclimatiques fournissent une confirmation indépendante des conclusions antérieures selon lesquelles la récente faiblesse de la circulation est sans précédent depuis au moins un millénaire.

La seconde  étude s'est penchée sur les températures de la surface de l'océan et en déduit que l'AMOC a décliné au cours des cinquante dernières années, probablement à cause du changement climatique dû à des activités humaines. S'il est difficile de connaître avec certitude le rôle joué par le réchauffement climatique, « le fait que l'AMOC soit resté faible et se soit affaibli au cours du XXe siècle, avec un déclin notable à partir de 1950 environ, est très certainement lié à des facteurs humains », estime David Thornalley. Les scientifiques attestent que la circulation méridionale atlantique a diminué de 15 % depuis le milieu du XXe siècle pour atteindre un « nouveau record ». Cela représente une diminution de 3 millions de mètres cubes d'eau par seconde, soit l'équivalent de près de 15 fleuves amazoniens.
« Je pense que c'est en train de se produire » alerte Stefan Rahmstorf. « Et je pense que c'est une mauvaise nouvelle. » ajoute-t-il.

Conséquences en cascade

La météorologie n'est pas seule concernée par ce dérèglement important. En effet, selon le fond de recherche européen  ATLAS, qui a aussi participé aux études, la pêche commerciale pourrait être affectée par des changements de la position et de la profondeur des courants océaniques et certaines régions manqueraient d'eaux riches en oxygène. « Un affaiblissement de l'AMOC peut aussi conduire à des hausses ou des baisses de températures de plusieurs degrés, affectant certaines espèces de poissons importantes (pour l'homme), ainsi que la quantité de plancton, de poissons, d'oiseaux et de baleines », estime-t-il dans un communiqué.

Pour couronner le tout, si les courants marins perdent encore en force, cela conduirait à « laisser plus de dioxyde de carbone dans l'atmosphère, où il contribue au réchauffement climatique », ajoute David Thornalley. Un véritable cercle vicieux.

Que sera l'avenir ? Stefan Rahmstorf prévoit que la circulation ne fera que s'affaiblir davantage à mesure que le changement climatique progresse. Elle pourrait ne pas être lente et régulière : il y a une grande crainte qu'il y ait un "point de basculement" où la circulation s'arrête brusquement. Nous nous retrouverions alors dans l'hypothèse d'un point de rupture de tout système complexe. Un point non prédictible mais qui peut entraîner un effet de chaos.

LIRE DANS UP' :  Le réchauffement climatique pourrait nous mener vers une nouvelle ère glaciaire

Ce scénario cataclysmique correspondrait à un « changement climatique abrupt » comme l'appellent les scientifiques. Des études de l'histoire de la planète suggèrent qu'un changement aussi soudain dans l'Atlantique Nord s'est produit de nombreuses fois dans le passé de la Terre, la plus récente ayant eu lieu vraisemblablement il y a 13 000 ans. Mais nul ne sait quand ce point de basculement arrivera. « Je pense que le Groenland va fondre encore plus vite, alors je pense que la perspective pour ce système de circulation océanique est qu'il va s'affaiblir encore plus », prédit le professeur Rahmstorf. « Et je pense que cela va nous affecter tous, fondamentalement, d'une manière négative. »

Sources : Nature, Washington Post, AFP

 up-magazine.info pour ses adversaires la figure du "mauvais maître". » On n'a rien lu non plus sur la contribution à la liquidation de la République de ce simple « procureur impitoyable [...] du régime républicain », mais qui l'a ménagé pendant la Grande Guerre, au service de « la victoire sur une "Allemagne éternelle" détestée. Le début des années vingt marque l'apogée de l'influence culturelle de l'Action française mais la condamnation pontificale de 1926 lui porte un coup sérieux. Maurras rebondit au tournant des années trente sur fond de crises et de scandales (Stavisky) qui débouchent sur l'émeute du 6 février 1934. L'épisode met en cause la fonction de chef politique d'un maître dont de jeunes militants, attirés par le fascisme, déplorent l'écart entre la virulence des discours et l'inefficacité des actions conduites contre le régime. »

La notice est muette sur l'antisémitisme de Maurras, mêlé de fureur antibolchevique visant tout juif, même anticommuniste (ce qui est le cas des deux personnalités mentionnées ci-dessous) et de xénophobie : rien n'en est dit entre l'ère Dreyfus réduite à la célèbre dénonciation par l'« anti-dreyfusard » du «" syndicat de la trahison », que symbolise "l'Anti-France [...] des quatre États confédérés (juifs, francs-maçons, protestants et métèques" » et son décès de 1952. La biographie de 2013, presque aussi discrète, trahit un parti-pris d'omission dont témoignent :

1° le passage unique relatif à Abraham Schrameck, ministre de l'intérieur du Cartel des Gauches, évoquant la « lettre ouverte de Charles Maurras à M. Abraham Schrameck » parue dans l'Action française le 9 juin 1925, puis publiée en tract10Lettre citée et commentée par les RG de la Sûreté générale (future Sûreté nationale, SN) depuis juin 1925, F7, 13197, Action française, dossier « Menaces de Maurras contre Schrameck, 1926-1927 », Archives nationales (AN)., double précision qu'a omise Olivier Dard. « Célèbre [notamment] pour son antisémitisme [...], le propos de Maurras vaut aussi pour sa menace d'assassinat », écrit-il : il ne « vaut [pas] aussi pour sa menace », c'est l'« antisémitisme » morbide qui le motive, et que l'historien esquive, comme le prouvent les citations ici ajoutées en italique à l'extrait cité p. 149 :

« Il est vrai que, par votre personne, vous n'êtes rien. Personne ne sait, nul ne saurait dire d'où vous sortez. Pas un Français sur 500 000 ne serait capable de renseigner là-dessus ceux qui sont de chez nous et dont on connaît les pères et les mères. On sait, on sait fort bien que votre collègue Steeg, qu'une bouffonnerie du sort a mis à la Justice, est le fils d'un pasteur allemand qui n'a jamais pu produire ses pièces de naturalisation. De vous, rien n'est connu. Mais vous êtes le Juif. Vous êtes l'Étranger. Vous êtes le produit du régime et de ses mystères. Vous venez des bas-fonds de la police, des loges, et, votre nom semble l'indiquer, des ghettos rhénans. Vous nous apparaissez comme directeur des services pénitentiaires vers 1908 ou 1909. [...] Vos premiers actes connus établissent votre fidélité à la consigne ethnique donnée par votre congénère Alfred Dreyfus le jour de sa dégradation : "Ma race se vengera sur la vôtre". Votre race, une race juive dégénérée, car il y a des juifs bien nés et qui en éprouvent de la honte, la race des Trotski et des Krassine, des Kurt Eisner et des Bela Kuhn [(sic), pour Kun]11Transcription courante dans l'entre-deux-guerres des milieux antisémites, policiers inclus (au contraire de ce qu'avance le lien cité à la n. suiv.), Kuhn étant plus proche du notoire nom « juif » de Cohen : voir les fonds F7, AN, et GA, Archives de la Préfecture de police (APP)., vous a chargé maintenant d'organiser la révolution dans notre patrie.

Mais cela se voit un peu trop. C'est un peu trop clair. Vous symbolisez parmi nous, de façon un peu trop visible, l'Étranger qui s'est emparé par surprise du gouvernement et qui le fait servir à des fins anti-gouvernementales et anti-nationales. Par la force d'un rôle ingrat, et faute de vous être arrêté à temps, vous êtes ainsi devenu, monsieur [(sic), sans la majuscule qu'un juif ne mérite pas] Abraham Schrameck, l'image exacte et pure du Tyran sur lequel les peuples opprimés ont exercé en tout temps leur droit établi et vérifié, à la liberté. Vous nous appartenez aussi. Vous êtes à la lettre, notre homme. [...] En d'autres termes, par position et définition, vous êtes extrêmement bon pour le châtiment.

Tel quel pourtant, vous nous rendrez cette justice : on vous a laissé tranquillement à la place qui n'est pas la vôtre, et vous n'y avez été ni inquiété, ni menacé, ni provoqué. Par amour de la paix et de l'ordre, on n'a songé à punir ni vos usurpations ni même votre domination. Oui, je le dis en rougissant, cette domination est soufferte, elle a été, elle est soufferte courageusement. Elle le sera encore. Mais jusqu'à l'acte d'oppression, je vais plus loin jusqu'à la menace, jusqu'à vos menaces de mort exclusivement. Nous ne souffrirons rien au delà. Et, comme voici vos menaces, monsieur Abraham Schrameck, comme vous vous préparez à livrer un grand peuple au couteau et aux balles de vos complices, voici les réponses promises. Nous répondons que nous vous tuerons comme un chien. » La litanie se poursuit, plus spécifiquement anticommuniste, et s'achève sur un paragraphe comportant cette phrase : « C'est sans haine comme sans crainte que je donnerai l'ordre de verser votre sang de chien s'il vous arrive d'abuser de la force publique pour ouvrir les écluses de sang français sous les balles et les poignards de vos chers bandits de Moscou. »12Je certifie l'honnêteté de mes coupures, contrôlables :  maurras.net. Quel lecteur de bonne foi peut prétendre que, par la brève citation dont il a expurgé la litanie antisémite, Olivier Dard a respecté le sens réel de « [l]a menace » de Maurras ?

Il a en outre attribué ladite menace à une nécessité défensive, « visa[n]t d'abord à rendre la police plus vigilante à assurer la sécurité des militants de l'AF et de ses dirigeants »). Il y voit, leitmotiv de la biographie, un exemple de « la violence [...] canalisée, si ce n'est ritualisée [,...] de l'AF », soulignant le contraste « entre une violence verbale et ses prolongements physiques » bénins (p. 149). Il a préféré, dans sa notice, parler de « virulence des discours », jamais suivie d'effet. Devant Guillaume Erner, il a évoqué l'« aboulie » permanente de Maurras, que lui auraient reprochée ses anciens adeptes, si déçus de sa présumée inaction contre la République qu'ils auraient rompu avec lui. Rupture si sincère, que, entre autres signes de leur intimité maintenue, les RG de la Préfecture de police rappelèrent en février 1941 que Charles Maurras avait été, en juin 1940 « l'un des rares journalistes qui a[vaient] pris la défense des collaborateurs de Je suis partout », si nombreux à rejoindre le PPF13Fiche des Renseignements généraux de la Préfecture de police (RGPP), 7 février 1941, GA, R 6, Lucien Rebatet, APP. (aboulique, aussi?)

Je conseille vivement à Olivier Dard, qui a grimé Maurras en inoffensif Oblomov, la lecture des fonds F7 des Archives nationales et GA de la Préfecture de police sur la bénignité d'entre-deux-guerres des Camelots du roi et autres ligues fascistes. Ils sont formels, d'une part, sur les trésors d'indulgence que l'appareil d'État de la République française dispensa à l'Action française, infiniment mieux traitée que les rouges, y compris par Abraham Schrameck; d'autre part, sur ce que les fondateurs de la Cagoule, créée en 1935-1936 par les membres de la 17e section d'Action française, du 16e arrondissement, devaient à leur vivier du point de vue « physique » ou pratique : c'est à l'Action française, avec la due protection de Maurras, que ces sicaires avaient expérimenté « les balles et les poignards »; uns et les autres imputèrent régulièrement leurs crimes aux « bandits de Moscou », y compris quand, devenus « cagoulards », ils en usèrent constamment à l'ère de la « tactique de la tension » (1936-1937).14Lacroix-Riz, Le Choix de la défaite, Paris, Armand Colin, 2010, chap. 3, 6, passim, et index Maurras, Camelots du roi, Cagoule, Comité secret d'action révolutionnaire et CSAR.

2° les rares passages où est cité Léon Blum. Ne figure qu'un épisode (de 1937) des montagnes d'injures notoires déversées, simple « provocation » (p. 195), de l'avis (habituel) d'Olivier Dard. Lequel ajoute, sans source, que Maurras fut entièrement innocent de l'assaut, qui n'était lui-même pas un « "attentat" », lancé contre Blum par des Camelots du roi, lors des obsèques de Jacques Bainville le 13 février 1936 : « présent en tête du cortège funéraire [,... il] n'a rien à voir avec cette agression qui ne résulte ni d'une provocation ni d'une préméditation » (p. 149).15Les RGPP excluent la rencontre de hasard, notamment fiche 14 février 1936 sur l'attaque des Camelots du roi, GA, B 24, Jacques Bainville, APP.

Et quid des autres agressions antisémites, alors systématiquement préconisées par l'Action française et Maurras, et fortement relancées par les élections d'avril-mai 1936 si décevantes. Je recommande vivement à Olivier Dard, entre autres ressources, le dossier d'alors des « bleus des Renseignements généraux de la Préfecture de police et de la Sûreté nationale » : les dirigeants Action française « tentent d'amorcer un mouvement antisémite. [...] les Camelots du roi se montrent plus agressifs encore contre les juifs que contre les socialistes et les communistes. [...] Depuis quelques jours, dans le journal l'Action française, Charles Maurras s'en prend vivement aux israélites. » La ligue « vient de faire éditer plusieurs milliers de tracts intitulés "D'où vient la révolution?", dans lesquels les juifs sont accusés de fomenter cette dernière. »16« Bleu » sans numéro ni référence, 20 mai 1936, F7, 13983, bleus de la PP et de la SN, 1936, dossier 6. Action française, mai, AN.

Qu'une notice commémorative officielle de deux pages ne comporte pas de références, soit. Mais la biographie repose elle-même sur l'imprimé, tronqué si nécessaire au point d'en perdre son sens, comme l'ont montré les exemples précédents, et sur de la seconde main riche en ouvrages pas cruels pour « le maître ». Et ce alors qu'Olivier Dard se félicite dans ses présumées « sources pour l'étude de Charles Maurras » de l'existence d'« un imposant fonds Charles Maurras (576 AP) [qui] comprend 210 cartons, couvre 29 mètres linéaires et est consultable sur dérogation »17 Maurras, p. 277, notes, p. 301-336 (même celles qui citent des lettres, anodines, des années 1880 ou 1890, sont puisées à des ouvrages antérieurs).. Notons en sus que ces « archives privées » (AP) des Archives nationales, soumises à dérogation particulière, sont complétées par des fonds publics (de libre consultation ou « en dérogation générale ») : fonds français de toute nature, pas seulement policiers et judiciaires, et fonds étrangers (dont les archives allemandes publiées). Comment est-il possible, après les avoir seulement sondés, de soutenir que Maurras n'avait pas eu d'activité politique stricto sensu discernable avant son ralliement brutal à Pétain dont l'arrivée aux affaires aurait pour lui constitué une « "divine surprise" à l'heure de la défaite » (notice); qu'il était sous l'Occupation « resté aussi antiallemand et antinazi que par le passé » (« un germanophobe impénitent et un adversaire du nazisme » qui n'éprouva pas la moindre « attraction pour le nazisme », Maurras, p. 213).

Certes, dans les années 1920, le « nationalisme intégral » avait caractérisé l'Action française. C'est ce qui lui valut la brutale excommunication pontificale d'août-septembre 1926, sans rapport avec le catholicisme défectueux de Maurras. L'Action française demeurait « anti-boche », gênant la tactique vaticane de « pacification » dont Berlin avait alors momentanément besoin pour mieux préparer la Revanche. Le pape Pie XI, aussi pro-allemand que Pacelli (son futur secrétaire d'État puis successeur) et Maglione en Suisse puis en France (et futur secrétaire d'État de Pacelli), fit donc tomber le couperet, pendant un certain temps funeste à la ligue fasciste. La lecture de L'Action française dans la période-clé de l'excommunication, 1926-1932, fournit sur le trio du Vatican, serviteur du Reich en tout point (éventuellement contre l'Italie), des informations aussi précises que les archives. Mais ce conflit (momentané) avec la Curie18Le Vatican, l'Europe et le Reich de la Première Guerre mondiale à la Guerre froide (1914-1955), Paris, Armand Colin, 2010, chap. 1-2 et 5, dont p. 247-258) n'empêcha pas la ligue « nationaliste » d'être stricto sensu fasciste : le mot ne figure ni dans la biographie ni dans la notice, mais l'Action française servit de « matrice » unique, tant par ses membres que par sa ligne et ses pratiques, à toutes les ligues fascistes créées à partir de 1922-1924. Gauche renégate de la SFIO ou du PCF exceptée, tous les ligueurs en étaient issus, Cagoule incluse.

Mais le fascisme maurrassien d'avant-guerre ne fut que très partiellement « nationaliste intégral », même dans les années 1920. Comme toutes les ligues, l'Action française, grassement entretenue, longtemps plus que toute autre, par le très grand patronat français, toucha, d'emblée et d'abondance, des fonds de Mussolini. Dans la décennie suivante, ses liens politiques et financiers maintenus avec le fascisme italien l'incitèrent directement, d'après les archives policières, à célébrer la conquête italienne de l'Éthiopie comme l'acmé de la civilisation occidentale et chrétienne. Son « nationalisme intégral » cessa alors en outre de l'opposer à l'Allemagne, comme l'ensemble du fascisme français. Contre les judéo-bolcheviques et les Soviets, comment contester le champion de la croisade, alors même que Maurras et les siens étaient directement associés au complot contre la République secondé par les fascistes italiens et les hitlériens? L'Action française et Maurras participèrent à chaque étape dudit complot, et plus que jamais depuis 1934, année célèbre non seulement pour son 6 février mais pour le choix définitif à l'été, de l'équipage Pétain-Laval par des bailleurs de fonds de la droite « républicaine » et des ligues. Les sources originales françaises (policières et judiciaires notamment) et étrangères excluent formellement la « divine surprise » de 1940.

Ces impératifs intérieurs conduisirent Maurras et son mouvement, si germanophobes qu'ils se proclamassent encore parfois, à pactiser avec le Reich hitlérien, qui les subventionna aussi.19Le choix de la défaite, chap. 4, « Le financement allemand des ligues », p. 168-171, et chap. 6, « Les ligues et la presse », p. 319-325.. Cette réconciliation s'afficha de plus à dater de 1937, publiquement motivée par la haine commune des Soviets et des juifs et l'amour pour Franco, autre héraut de la civilisation occidentale et chrétienne, dans l'Espagne duquel les chefs de l'Action française ne cessèrent de se relayer depuis le putsch aussi germano-italien qu'espagnol de juillet 1936. Elle n'est gratifiée que de deux lignes de la biographie, sur une « rencontre » culturelle Franco-Maurras de « mai 1938 ». C'est cette nazification de fait, totalement gommée par Olivier Dard, qui incita Pacelli-Pie XII au pardon solennel20Quatre lignes « du début de 1937 » au « décret du Saint-Office [du] 10 juillet 1939 », p. 196, contre vingt-quatre sur l'excommunication et ses conséquences, p. 150-173, sans explication sur « un certain accord avec l'Allemagne » reproché au Vatican fin 1927, p. 171, accord au cœur du conflit. omis par la notice. Le nouveau pape prononça, avec le soutien de son secrétaire d'État Maglione, la levée de l'excommunication à la mi-juillet 1939. La date en avait été à dessein choisie pour proclamer la haine de la République et, à un mois et demi de l'assaut allemand contre la Pologne, l'alliance publique de l'Action française naguère « germanophobe » avec l'Italie fasciste et l'Allemagne nazie. En avril 1938, quand Paris afficha aux yeux du monde, via un article du cagoulard Joseph-Barthélémy, futur ministre de la Justice de Pétain, dans Le Temps, organe du Comité des Forges et voix officieuse notoire du Quai d'Orsay, sa décision de sacrifier la Tchécoslovaquie, l'ambassade allemande à Paris gloussa d'aise en transmettant à Ribbentrop les tombereaux d'outrages antisémites de L'Action française contre Prague. Fin août 1939, elle envoya avec la même allégresse les diatribes pacifistes du journal sur l'absurdité d'un combat contre l'Italie ou l'Allemagne, entièrement voué au fiasco.21Sur l'avant-guerre, toutes allusions explicitées et sourcées, Vatican, chap. 1-2, 5, 9; Choix (dont art. cit., « Conscience angoissée », du 11 avril daté du 12, p. 458, et index Joseph-Barthélémy et Le Temps), De Munich à Vichy, Paris, Armand Colin, 2008; sur l'Occupation, Industriels et banquiers français sous l'Occupation, Armand Colin, 2013; Les élites françaises, 1940-1944, Armand Colin, 2016..

Le biographe a limité à deux lignes le constat que le « germanophobe et antinazi » était devenu fin septembre 1938, « à l'occasion de la crise de Munich », résolument pacifiste, car convaincu « que "cette guerre, [la France] la perdrait" ». Mais il n'a pas exposé au lecteur les motifs et modalités de de cette mutation radicale du « nationaliste intégral ». La notice, elle, ne disait rien de cette option sidérante du partisan forcené de « la victoire sur une "Allemagne éternelle" détestée ».

Le fameux « mot antisémite », qui aurait échappé, « dont acte », au rédacteur de la brève notice, avait aussi échappé au biographe du Maurras de l'Occupation : son chapitre 10, « Le Commandeur au crépuscule » (1940-1952) ne contient qu'une allusion à la « question juive » (sans user du terme) : le soutien de Maurras au « premier statut des juifs d'octobre 1940 [...] au nom du "droit absolu de faire nos conditions aux nomades que nous recevons sous nos toits" » soit deux lignes, p. 211, des p. 199-218. Ladite question surgit enfin, avec le procès de janvier 1945, à l'occasion duquel il fallait bien aborder « l'affaire Worms », un de ses points majeurs : l'assassinat de Pierre Worms, père du célèbre résistant Roger Worms (connu sous le nom de Roger Stéphane), le 6 février 1944, date si symbolique pour le fascisme français (p. 221-223). Ce père, que l'historien appelle « Roger Worms », a fait l'objet d'un article de Maurras du 2 février 1944 intitulé « Menaces juives », « provocateur » selon son fils, le « désign[ant] à l'attention publique ».

L'article étant reproduit (et surligné) sur le site lescrises.fr, comme celui du 3 janvier précédent appelant à faire « tomber à Toulouse comme à Grenoble » (où des collaborateurs notoires venaient d'être abattus par des résistants) « des têtes de communistes et de gaullistes connus »22Reproduit  https://www.les-crises.fr/quand-olivier-dard-fait-preuve-dun-dangereux-laxisme-envers-maurras-antisemite-notoire/#!prettyPhoto, qui inclut mon article « Olivier Dard et Maurras, ni antisémite ni germanophile ni pronazi »; et à nouveau dans  les-crises.fr on pourra lire la prose du « maître » que son biographe ne cite jamais. Quant au massacre (car c'en fut un) de Pierre Worms, au centre du procès, Olivier Dard le réduit à des allusions du président du tribunal de janvier 1945 : Maurras aurait procédé à « une dénonciation formelle », auprès de qui? dans quel but?, ce n'est pas précisé. La réponse de Maurras à cette accusation sybilline est en revanche complaisamment citée : « "Quant à dire comme vous le faites, M. le Président, qu'en février 1944, désigner un juif à l'attention publique, c'était le désigner lui ou sa famille aux représailles de l'occupant, à la spoliation et aux camps de concentration, peut-être à la torture ou à la mort, non seulement j'ignorais ces belles choses, mais je savais le contraire, qu'il y avait une foule de pays dans lesquels les colonies juives étaient florissantes, dans lesquels elles se procuraient tout au marché noir, qu'elles corrompaient profondément les populations paysannes. À ce point de vue je ne nie pas du tout la vérité partielle que vous énoncez, mais je dis qu'elle n'était pas générale. J'ai dit qu'il y avait un grand nombre d'endroits en France où le Juif était florissant, et il y en a encore en Allemagne." » Mais, nous rassure le biographe, « les propos de Maurras sont tenus avant le retour des déportés », d'ailleurs ce dernier condamne, au tribunal, « la violence dont les Juifs seraient les victimes. » De ce salmigondis, ressort, par bonheur, l'innocence de Maurras : « l'avocat donne acte au ministère public d'avoir admis que le défunt avait été exécuté avant la publication de l'article » (p. 223-224).

Si l'historien avait consulté sur son héros, outre la collection de L'Action française de l'Occupation, le dossier de justice BB/18/7113, 8 BL 441 R, « Charles Maurras "Collaborateur" », joint à un dossier « Maurras Charles, de Susini Marc, Arnus Émile » (AN), il aurait découvert qu'il s'agissait d'un gros mensonge. Le tout lui aurait démontré 1° que Maurras, délateur inlassable des juifs, des communistes, des gaullistes, des francs-maçons, avait bien appelé au meurtre du père du résistant, lui-même gaulliste notoire comme toute cette famille Worms, par un article daté du 2 février; 2° qu'en pleine complicité avec l'Action française, six miliciens, agents de la Gestapo (Sipo-SD) de Lyon dûment mandatés par celle-ci, avaient le « 6 février 1944 » investi la « villa Méditerranée » des Worms à Saint-Jean-Cap-Ferrat; qu'ils l'avaient entièrement pillée, bijoux compris, pour « se payer largement pour leur triste besogne »; et qu'ils avaient enlevé Pierre Worms, le « condui[san]t en automobile aux Adrets de Fréjus [pour l']abatt[re] de deux coups de revolver tirés dans la nuque à bout portant » (abandonné sur place, « son corps fut retrouvé le lendemain près de la route par un cantonnier »); 3° que « le parquet de Nice », aussi Action française, vichysto-collaborationniste et peu épuré que ses pareils de France, avait fourni à celui de Lyon de fausses dates tant de l'article de Maurras que de l'assassinat; qu'il avait même osé prétendre impossible de se procurer, en vue de vérification, les numéros quotidiens de l'Action française, édité sous l'Occupation à Lyon.

Tout ceci n'avait aucunement troublé toutes les instances judiciaires intéressées au dossier, d'Aix à Lyon. Le Procureur général près la cour d'appel de Lyon reconnut tout avec un cynisme consommé en écrivant sans inquiétude à de Menthon23 Lettre 385 du Procureur général d'Aix à de Menthon, 10 mars 1945, BB/18/7113, 8 BL 441 R, AN, le 20 février 1945, soit moins d'un mois après le verdict du procès (le 26 janvier), que la plainte du « capitaine Stéphane Roger » irait à la corbeille : « le parquet de Nice a fourni un renseignement erroné, mais il n'y avait aucune intention frauduleuse de la part du rédacteur de cette pièce pour tromper la justice; ce dernier d'ailleurs ne déposait pas sous la foi du serment [quasi aveu que la prétendue erreur n'était qu'une mensonge?]. Il ne me paraît pas possible non plus de rouvrir les débats en l'absence de tout chef d'accusation. Maurras a dénoncé le père du capitaine Stéphane Roger, ce fait a été jugé par la cour de justice et on ne peut y revenir.

Ce qui est punissable c'est la décision et non les effets de celle-ci qui ne peuvent être que des éléments moraux d'aggravation. Il n'y a donc aucun fait nouveau contre Maurras et par conséquent aucune possibilité d'ouvrir une nouvelle information. En outre, une instance en révision ne peut en aucun cas être formée contre un condamné. J'estime dans ces conditions que la plainte du capitaine Stéphane Roger ne peut être l'objet d'aucune suite ». Magnifique symbole du sabotage généralisé de l'épuration qui ravissait le garde des Sceaux François de Menthon et les hauts fonctionnaires de son ministère.24Lettre du Procureur général de Lyon à de Menthon, 20 février 1945, et suites, aussi effarantes, riches en correspondance centrale du ministère, BB/18/7113, 8 BL 441 R, AN.

Last, but not least, l'« antinazi » Maurras avait, dès décembre 1942, peu après l'installation des Allemands à Lyon, reçu de la section lyonnaise de « la Gestapo », autorité de tutelle directe désormais, autorisation du « renouvellement [du] port d'arme » qu'il avait sollicité et obtenu de Bousquet (autre « germanophobe et antinazi »?) pour lui-même et toute la direction de l'Action française. Les Allemands l'appréciaient fort, non seulement pour sa délation et sa prose publique contre les rouges, les juifs, les gaullistes, les francs-maçons, etc., mais aussi pour son « attitude anti-anglaise et anti-américaine dans ses articles de journaux ». Ils lui accordèrent volontiers, en octobre 1943, « le renouvellement [annuel de ce] port d'arme ».25 Les élites, p. 70-74 (et mon prochain ouvrage sur la non-épuration en France).. Car, chacun le sait, l'occupant allemand distribuait libéralement les permis de port d'armes aux « germanophobes et antinazis », pour leur permettre de libérer leur patrie au plus tôt, à Lyon et ailleurs.

Notes [+]

1.Paris, Armand Colin 2013, pas de sous-titre en 1e de couverture, cf. infra.
2.https://francearchives.fr/commemo/recueil-2018/
3.« Écrits antisémites. La France a un problème d'antisémitisme », Handelsblatt, 29 janvier 2018,  handelsblatt.com
4.http://www.lemonde.fr/culture/article/2018/01/27/nyssen-rappelle-son-rejet-total-des-theses-de-l-ecrivain-charles-maurras-qui-doit-etre-commemore-en-2018_5248170_3246.html
5.« La France doit-elle célébrer Charles Maurras en 2018? »,  bibliobs.nouvelobs.com
6.http://www.culturecommunication.gouv.fr/Presse/Communiques-de-presse/Declaration-Livre-des-commemorations-nationales-2018
7. twitter.com en recherchant la date, 1er février; et retwitt de Raphaëlle Bacqué, du 2 février 2018.
8.https://fr.wikipedia.org/wiki/Christophe_Prochasson
9.Avant la violence contre les « gauchistes » contemporains (faire une recherche en ligne), avait triomphé à « la Faculté de Droit de Paris' » la violence contre des juristes « républicains » et les (rares) étudiants communistes et socialistes : sur le déchaînement fasciste éthiopien de 1935-1936 et les attaques Camelots du roi et autres ligues fascistes (dont les Jeunesses patriotes de Pierre Taittinger) contre le professeur de Droit Gaston Jèze, avocat devant la SDN du Négus d'Éthiopie contre l'agresseur italien, assailli comme franc-maçon et juif, voir « l'Affaire Jèze », gros dossier 4-15 mars 1936, F7 12964, notes journalières de la Préfecture de police concernant réunions et manifestations, 1er -15 mars 1936, AN.
10.Lettre citée et commentée par les RG de la Sûreté générale (future Sûreté nationale, SN) depuis juin 1925, F7, 13197, Action française, dossier « Menaces de Maurras contre Schrameck, 1926-1927 », Archives nationales (AN).
11.Transcription courante dans l'entre-deux-guerres des milieux antisémites, policiers inclus (au contraire de ce qu'avance le lien cité à la n. suiv.), Kuhn étant plus proche du notoire nom « juif » de Cohen : voir les fonds F7, AN, et GA, Archives de la Préfecture de police (APP).
12.Je certifie l'honnêteté de mes coupures, contrôlables :  maurras.net
13.Fiche des Renseignements généraux de la Préfecture de police (RGPP), 7 février 1941, GA, R 6, Lucien Rebatet, APP.
14.Lacroix-Riz, Le Choix de la défaite, Paris, Armand Colin, 2010, chap. 3, 6, passim, et index Maurras, Camelots du roi, Cagoule, Comité secret d'action révolutionnaire et CSAR.
15.Les RGPP excluent la rencontre de hasard, notamment fiche 14 février 1936 sur l'attaque des Camelots du roi, GA, B 24, Jacques Bainville, APP.
16.« Bleu » sans numéro ni référence, 20 mai 1936, F7, 13983, bleus de la PP et de la SN, 1936, dossier 6. Action française, mai, AN.
17.Maurras, p. 277, notes, p. 301-336 (même celles qui citent des lettres, anodines, des années 1880 ou 1890, sont puisées à des ouvrages antérieurs).
18.Le Vatican, l'Europe et le Reich de la Première Guerre mondiale à la Guerre froide (1914-1955), Paris, Armand Colin, 2010, chap. 1-2 et 5, dont p. 247-258
19.Le choix de la défaite, chap. 4, « Le financement allemand des ligues », p. 168-171, et chap. 6, « Les ligues et la presse », p. 319-325.
20.Quatre lignes « du début de 1937 » au « décret du Saint-Office [du] 10 juillet 1939 », p. 196, contre vingt-quatre sur l'excommunication et ses conséquences, p. 150-173, sans explication sur « un certain accord avec l'Allemagne » reproché au Vatican fin 1927, p. 171, accord au cœur du conflit.
21.Sur l'avant-guerre, toutes allusions explicitées et sourcées, Vatican, chap. 1-2, 5, 9; Choix (dont art. cit., « Conscience angoissée », du 11 avril daté du 12, p. 458, et index Joseph-Barthélémy et Le Temps), De Munich à Vichy, Paris, Armand Colin, 2008; sur l'Occupation, Industriels et banquiers français sous l'Occupation, Armand Colin, 2013; Les élites françaises, 1940-1944, Armand Colin, 2016.
22.Reproduit  https://www.les-crises.fr/quand-olivier-dard-fait-preuve-dun-dangereux-laxisme-envers-maurras-antisemite-notoire/#!prettyPhoto, qui inclut mon article « Olivier Dard et Maurras, ni antisémite ni germanophile ni pronazi »; et à nouveau dans  les-crises.fr
23.Lettre 385 du Procureur général d'Aix à de Menthon, 10 mars 1945, BB/18/7113, 8 BL 441 R, AN
24.Lettre du Procureur général de Lyon à de Menthon, 20 février 1945, et suites, aussi effarantes, riches en correspondance centrale du ministère, BB/18/7113, 8 BL 441 R, AN.
25.Les élites, p. 70-74 (et mon prochain ouvrage sur la non-épuration en France).

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