Les Etats-Unis laissent des membres de l'Etat Islamique s'enfuir d'une province syrienne

17/11/2017 4 min arretsurinfo.ch #135193

Islamic State's flag. (thierry ehrmann / CC BY

Par Juan Cole | Novembre 15, 2017

Mardi, la Turquie a dénoncé l'accord passé entre les Etats-Unis et ses forces alliées en Syrie, les Unités de Protection du Peuple (YPG) essentiellement constituées de Kurdes, de façon à permettre à 250 combattants de l'Etat islamique et à leurs familles de s'enfuir de Raqqa.

Le premier Ministre turc, Binahi Yildirim s'est exprimé en ces termes :

« Les terroristes des YPG ont choisi de laisser partir ceux de l'Etat islamique avec leurs armes, plutôt que de se charger eux-mêmes de les éliminer. Ainsi un groupe terroriste part pour laisser la place à un autre. Est-ce là votre politique régionale ? »

La Turquie considère les YPG, politiquement situés à gauche, comme une branche du PKK (Parti des Travailleurs du Kurdistan), qui lui est basé en Turquie et revendique davantage d'autonomie pour les Kurdes de Turquie. Mais les Unités de Protection du Peuple (YPG) syriennes n'entretiennent que des liens distants avec le PKK et sont concentrées sur la Syrie. Les Kurdes de Syrie, appelés « Forces démocratiques syriennes » [elles n'ont rien de démocratique ni de Syrien, Ndlr] par les Etats-Unis qui les soutiennent représentaient localement le seul groupe de combattants en mesure d'affronter l'Etat islamique. Avec le soutien de l'aviation et de l'armement américains, ils ont vaincu l'Etat islamique sur le côté syrien de la frontière, dans la province de Raqqa. Le gouvernement syrien ne s'est attaqué à l'Etat islamique dans ce secteur que lorsqu'il est devenu évident que les YPG risquaient de s'en charger et de prendre, par la même occasion, le contrôle de Deir al-Zor.

C'est par la BBC que cette incroyable information a été publiée : les Etats-Unis et leurs alliés dans la région ont conclu un accord avec l'Etat islamique à Raqqa, en Syrie, pour ménager leur fuite. Ce départ concerne les 250 combattants et leurs familles, soit 3500 personnes, qui étaient encore dans la capitale du « califat imposteur ».

La ville de Raqqa avait été réduite en grande partie à l'état de décombres, mais les 250 combattants terroristes auraient pu continuer, eux, à provoquer et infliger des pertes très élevées aux Forces Démocratiques Syriennes - principalement kurdes - qui assiégeaient la cité.

Les YPG ont conclu cet accord, en présence d'officiers de l'armée américaine, après des semaines d'un combat acharné qui n'a pas abouti à la reddition complète des terroristes. Selon une autre allégation, c'est parce qu'il tardait à l'Administration de Trump de voir les Kurdes du YPG s'emparer des ressources pétrolières syriennes, action qu'ils n'auraient pu mener s'ils étaient restés enlisés à Raqqa, que cette issue a été ménagée pour les combattants de l'Etat islamique, comme prix de cette stratégie.

Le Secrétaire américain à la Défense, James Mattis, s'était engagé à « anéantir » les terroristes de l'Etat islamique en Syrie, afin d'empêcher les combattants étrangers de l'organisation de revenir perpétrer des attentats dans des capitales occidentales. Mais il s'est apparemment accommodé du programme des YPG.

Ces 250 terroristes endurcis et formés au combat pourront ainsi poursuivre leurs exactions en Turquie ou dans leurs pays d'origine (puisqu'il apparaît que nombre d'entre eux sont étrangers).

Par Juan Cole | Novembre 15, 2017

Article original: Truthdig.com

Traduit par Sylvie Jolivet pour Arrêt sur info

Source: arretsurinfo.ch

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