La Société-Réseau - Chapitre 2 : Les concepts d'un réseau

17-09-2017 amazon.com 18 min #133133

Extrait du livre "La Société-Réseau", paru aux éditions WALK.

2 - Les concepts d'un réseau

Un système, est un réseau. A partir de ce constat, tout se déduit aisément. Il suffit d'avoir la culture des « choses qui fonctionnent ».

Que ce soit une horloge mécanique, un moteur à explosion d'essence, un logiciel ou un collectif, son fonctionnement sera étudié sous forme de réseau. Ses composants sont liés les uns aux autres de façon mesurable, que ce soit avec des engrenages de différentes tailles, les pièces rectilignes qui produisent un mouvement rotatif, ou, dans un réseau immatériel, des attracteurs de différentes natures, activés de manière plus ou moins intense. Ces activités entre composants sont simples et prévisibles.

Personne n'y pense mais c'est ce qui se passe chaque jour des milliards de fois, les tenseurs qui font le réseau social humain sont la hiérarchie, le respect d'un contrat, la confiance, la générosité, la compassion... Chaque action humaine fait circuler « un produit » en direction des autres, et c'est avant tout cela, notre « Système ».

Mais pour qu'un réseau soit fonctionnel, il faut une seconde sorte de lien, subjectif, qui orchestre la séquence des activités de sorte à former un circuit logique. Dans une radio la pile alimente le transistor, qui reçoit un paramètre (une fréquence bien précise) qu'il va capter, amplifier, et renvoyer ce son vers le haut-parleur (qui à son tour est considéré comme un réseau, autant que n'importe quel composant d'ailleurs), et qui produit lui aussi un résultat simple : l'agitation des molécules de l'air.

Ce réseau (la radio) ne serait pas fonctionnel si la pile était branchée sur les haut-parleurs, puis le transistor, par exemple, branché à la sortie de l'amplificateur. Ou si on les laissait faire comme ils veulent, enfouis dans une boîte ! Les mêmes composants peuvent ne rien produire, s'ils ne sont pas structurés ensemble de façon fonctionnelle, c'est à dire sans avoir eu au préalable « une idée ». Et même si tout est sensé marcher, la pratique a toujours quelques nouvelles règles à enseigner.

Cette radio-réseau, dont les composants communiquent, fonctionnent, et sont architecturés de façon opérationnelle, produit une émergence objective (elle permet d'écouter de la musique). Cette émergence surpasse allègrement la somme de ses composants, ce qui s'illustre dans cet exemple par le fait de capter une fréquence radio. Elle permet quelque chose qui sort complètement du cadre d'analyse du réseau, elle permet à quelqu'un d'être heureux quelques instants. (C'est un peu ça, le schéma publicitaire.)

Les trois piliers d'un système sont ses composants, son fonctionnement, et son émergence.

Un réseau peut être matériel ou immatériel. Ses composants sont reliés objectivement les uns aux autres, et de façon subjective tous ensemble. Son émergence est d'une simplicité plus grande que n'importe lequel de ses composants. La qualité de leur orchestration se nomme l'harmonie, qui peut se définir par l'optimisation mutuelle des composants entre eux. Plus un réseau est harmonieux, plus il est fonctionnel. Et plus un réseau est complexe, plus son harmonie a besoin d'augmenter, pour rester fonctionnel.

On peut donc évaluer l'harmonie, la mesurer, et la relier au niveau de complexité du système.

2.1 - Un système qui n'en est pas un

Dans le capitalisme, qui n'a pas de structure, les liens objectifs entre les composants sont les seules variables d'ajustement qui permettent de juguler son activité, et d'avoir un vague contrôle sur l'émergence produite par cette masse informe. Il n'y a pas de lien subjectif à moduler ; Il n'y a pas de politique possible.

Dans ce cas particulier, l'émergence du système capitaliste est difficile à apprécier, car ça inclue autant les bienfaits d'une minorité que la souffrance d'une majorité, ainsi que les dégâts causés à l'environnement. Même négatifs, ces résultats sont produits par le système, et donc assimilable à des buts désirés.

On peut quand même parler de progrès technique à l'échelle historique, mais on ne peut pas, à proprement parler, mettre au crédit du système social ce qui revient au génie humain  1. En général on ne dit pas merci à celui qui nous a demandé d'attendre qu'il construise un outil complexe pour réparer un problème imaginaire et mal défini, même si cet outil est astucieux.

2.2 - L'utilité de penser en terme de réseau

La recherche de l'optimisation permet d'observer que la finalité de l'opération a consisté à confisquer des facteurs inutiles pour permettre d'en créer des nouveaux. Ainsi avec les mêmes composants mais un ordonnancement différent il peut être possible de produire une émergence qualitativement bien meilleure.

Car dès qu'on a créé une belle mécanique, comme un accouplement entre une mobylette et une dynamo, on ne tarde jamais à avoir envie de l'améliorer. L'émergence, ici la production d'énergie, peut être grandement améliorée si on place la roue directement sur le moteur, et une courroie de la roue vers le rotor, bien plus petit. C'est à dire que topologiquement on n'a fait que de réordonner différemment les composants existants. Le fait de confisquer des facteurs inutiles est très présent tout au long de l'innovation, et cela sera évoqué de bien des manières tout au long de ce livre.

Au-delà de l'aspect technique, penser en terme systémique est difficile quand le sujet est le système social. Cela revient surtout à penser « collectif ». Bien souvent les nouvelles idées sensées « sauver le monde » ne vont consister qu'en une seule proposition, sans remettre en cause l'essentiel, et finissent absorbées par le système-argent, dans lequel ces innovations se dissolvent. C'est pour se hisser à une échelle révolutionnaire qu'il faut penser le monde en terme de réseau.

Et « penser ensemble », en fait c'est ça « le système ». Quand deux vautours du business se parlent, ils sont déjà d'accords sur l'essentiel. De la même manière, il existe des paradis sociaux sur terre, qui devraient être des exemples de probité, dans lesquels les citoyens ne s'autorisent que ce qu'ils accepteraient des autres. Ils placent le bien du groupe au-dessus d'eux-mêmes, et ce faisant, en plaçant leur esprit au niveau du groupe, les problèmes et les défis qui les occupent recouvrent un horizon beaucoup plus vaste. Ils pensent à long terme. Il en faut peut pour sur hisser sur le toit du monde.

2.3 - Un exemple de réseau greffé sur un réseau

On planche sur la question de la production d'énergie d'un immeuble. On veut placer une turbine hydraulique en bas de la colonne des eaux usées. C'est un peu spécial car il faut aussi broyer cette eau, et le résultat, on s'en doute, risque de nécessiter une maintenance. Alors on isole les composants, l'eau, la pression, le débit, la turbine, et on les repositionne autrement, selon un autre circuit.

Il apparaît bien vite qu'on ferait mieux de placer la turbine directement dans la canalisation d'arrivée d'eau de l'immeuble afin de générer de l'électricité au détriment de la pression finale reçue en sortie. La pression exploitable est celle qui est inutile pour l'utilisateur final, mais c'est difficile si l'eau doit gravir de nombreux étages. Alors on peut tout aussi bien placer des turbines moyennes à chaque étage (quand l'eau redescend), ou encore, des petites dans chaque appartement. A la sortie du robinet on n'a besoin que d'un bar de pression, là où il y en a trois.

Topologiquement, ce qu'on a fait alors consiste à créer une toute nouvelle entité en ajoutant un seul composant (la turbine) à un réseau existant (le réseau hydraulique). Pour cela on a exploité la partie acceptablement jugée inutile du premier réseau, la pression excédentaire, pour en faire un composant essentiel du deuxième réseau, qui lui est électrique. Il est évident que le nouveau réseau dépend totalement du premier, qui s'il s'arrête, entraîne l'arrêt du second.

Et à l'occasion de la recherche d'optimisation, quant à savoir où il vaut mieux placer les turbines, la réponse va apparaître rapidement : à tous les niveaux, chacun ayant pour charge de convertir 50 % de la pression hydraulique inutile en énergie, à l'entrée de l'immeuble, aux étages et dans les appartements. Avec cette série de 3 fois 50 % on exploite 87,5 % de la pression inutile, et cela, de façon homogène dans tous les appartements, à tous les étages.

Imaginons à présent un bond évolutif, provoqué par l'avènement d'un troisième réseau, dépendant d'un seul composant, nouvellement capable d'augmenter la pression de l'eau moyennant une faible quantité de courant. Si on redirige l'énergie des turbines vers cet ustensile, elles produiront d'autant plus d'énergie, mais dans une certaine limite. La pression devenant supérieure, il se produit qu'on doit pouvoir ajuster tous les réglages de chacune des turbines (qu'il faut remplacer par des plus puissantes et difficiles à faire tourner) et que le bon réglage pour obtenir une pression d'eau minimale va devenir fluctuant, en fonction du nouvel appareil, qui ne se déclenche que lorsqu'on fait couler l'eau. On se retrouve obligés de créer des turbines à puissance variable, et une console informatique pour les gérer. Et surtout le système dans son ensemble sera plus fragile, car les deux réseaux, électriques et hydrauliques, sont interdépendants, et que leur action mutuelle doit se régler avec finesse.

Cet exemple permet de se faire une idée des remous, circonvolutions, et risques d'une croissance en complexité d'un système. En terme général c'est une leçon d'anti-manichéisme, parce que lorsqu'on obtient une amélioration, c'est souvent grâce à une très grande amélioration capable de compenser suffisamment la grande détérioration provoquée par elle.

Ainsi quand on parle de système social, on se figure la somme incroyablement complexe des interdépendances, et on voit immédiatement comment quelque chose d'aussi subjectif arrive à agir comme de la « colle » à de nombreuses tentatives d'évolutions. Le système, comme l'histoire, comme l'équilibre climatique, comme une roue, a une inertie.

Et c'est bien logique qu'il en soit ainsi, on ne peut s'extirper d'une prison sans en tirer les leçons qui nous empêcheront d'y retourner !

2.4 - D'autres exemples de réseaux

Quand, dans la préhistoire, l'évolution des invertébrés a engendré des cuirassés, il s'en est fallut que d'une très petite modification d'un organisme existant et viable. Seulement l'angle de la structure filaire de la peau, en se modifiant, engendrait une cuirasse. Les écailles de la tortue sont les mêmes que celles de la peau, ou celles de la crevette, que l'ongle. Et c'est surprenant (je sais) mais l'érection, qui intéresse tout le règne animal, reproduit ce même changement d'angle dans la structure filaire du muscle afin de convertir un organe mou, en organe très rigide. Une évolution lente à apparaître a subsisté en tant que paramètre rapide à activer.

Et, à chaque étape évolutive du règne animal, alors que ne nouvelles formes de vie animale apparaissaient, les anciennes perduraient. Les nouvelles venaient s'ajouter aux anciennes sans jamais perturber les équilibres existants, mais en venant simplement compléter leur action (quoi qu'elle soit). Là où on est stupéfaits c'est par l'intelligence de la nature, capable de s'enrichir de façon providentielle tout en préparant très tôt les besoins des évolutions futurs, telles que l'apparition de l'oxygène ou la présence de végétaux, avant-même que les animaux qui y vivront ne se chargent de l'entretien et de leur croissance des forêts. Parmi les milliards d'évolutions génétiques possibles, seule celles qui garantissent la plus grande harmonie de l'ensemble du système (présent et futur) voient le jour. Et cela, Darwin peut dire ce qu'il veut, ça ne relève pas du hasard, parce qu'au niveau des probabilités il faudrait des centaines de milliards d'années pour qu'une seule mutation génétique soit intelligente.

2.5 - Un réseau social

Pour concevoir un système social novateur, on sait déjà qu'on va principalement devoir réutiliser les briques existantes, et probablement en ajouter de nouvelles. On sait qu'on va surtout jouer sur l'ordonnancement des activités pour produire une optimisation. On sait qu'il va falloir sacrifier des choses inutiles, et obtenir des équilibres plus délicats à conserver. On sait que des dogmes vont devenir des paramètres contrôlables. On sait que la lumière du soleil n'est que l'excédent de sa résistance à l'effondrement dû à sa propre gravité. Et on sait que toute cette évolution devra être conduite avec une idée grandiose de ce qui est accompli. Et on sait que le summum que la nature aura créé, c'est un système social. Il se doit de se pourvoir de prérogatives qui honorent sa parenté, il se doit d'adjoindre le subjectif à l'objectif, et il se doit d'être le liant de l'humanité, d'être représentatif de ce dans quoi elle baigne, sa nature et ses aspirations.

Il n'y a pas vraiment de vocabulaire fixé pour dire « système social ». Ce terme est aussi éloigné de « réseau social » qu'une étoile du soleil. Pourtant ce sont les mêmes choses, et personne ne se doute encore à quel point il suffit de peu de paramètres dans la façon dont on relie les choses pour en déterminer l'émergence.

Le bon point de départ, ce sera de la définir, de se fixer des buts. Un réseau, contrairement à un système (dans la dialectique), a une identité, des pratiques, un fonctionnement et surtout des utilisateurs. C'est souvent comme ça qu'on va nommer nos citoyens, veuillez nous en excuser !

Ce qui est important c'est, quand on dessine un réseau, de décider quel sera la rôle des utilisateurs, quelle sera l'interaction entre eux et le logiciel. La question ne serait pas de captiver leur attention le plus longtemps possible, mais de leur servir à tout ce dont ils ont besoin. Si on y pense en terme de dystopie c'est un peu ce genre de supermarché que veut faire Google (dites gogole).

Ce que nous allons présenter, ce sont des concepts, des idées et des fonctionnements qui, indépendamment, sont bien sympathiques, mais mises bout à bout, font système.

En définitive, un système social n'a rien besoin d'être d'autre que le complément de la civilisation, qui permet son unité. C'est en pensant en terme de logiciel clairement dissocié de l'humanité qu'on a le plus de chance de produire un résultat qui, non seulement n'aura pas la fâcheuse tendance à vouloir plier les volontés à son fonctionnement, mais au contraire leur donnera une liberté, réelle et évolutive.

2.6 - Les paramètres d'un réseau

Il est important d'expliquer la puissance et le pouvoir qui sont entre les mains des programmeurs. Dans un réseau social, les conduites sont celles permises par ses dispositifs offerts par le logiciel, l'information à laquelle on peut accéder, sa réactivité, etc.

Il est notable de constater que le lien entre ce qu'il est rendu possible de faire, et les comportements sociaux que cela engendre, est extrêmement sensible. Certains s'interrogent sur la raison pour laquelle des réseau inoffensifs d'adolescents sont devenus, avec le temps, des zones de non-droit où la violence morale atteint des sommets, au point de faire surgir périodiquement des scandales. Et on trouvera la réponse dans les règles que ces communautés s'imposent, ou ne savent pas s'imposer à elles-mêmes.

Twitter a eu à résoudre une telle problématique, quand il s'agissait, pour plaire aux actionnaires, de permettre une plus grande latitude en terme de nombre de caractères (limité à 140 signes). Le succès de Twitter est basé sur la rapidité avec laquelle on peut passer d'un sujet à l'autre, ce qui force les utilisateurs à condenser leur message au point d'en faire des slogans, ou au moins des communiqués concis et efficaces. Changer le paramètre du nombre de caractères, par exemple en le portant à 512 caractères, aurait complètement dénaturé la raison même pour laquelle on peut aimer ce réseau social, son usage et ses utilisateurs. Dans ce cas les messages seraient moins affirmatifs et engendreraient plus de débat contradictoires, alors que cette fonction est délibérément découragée. Le logiciel n'aurait plus été « logique avec lui-même ». Ces utilisateurs auraient été renouvelés.

2.7 - La systémique du droit

Ce problème, on peut le trouver ailleurs que dans les logiciels, tant il est fréquent dans la vie courante que la perte d'harmonie entre les règles et les usages peut arriver par accident, à l'occasion d'un simple glissement de sens, et engendrer des situations radicalement contradictoires.

2.7.1 - Le glissement de structure logicielle

Imaginez qu'on dise aux chaînes de TV de respecter un quota ethnique. Et là, FT  2 va voir le CSA et leur dit « vous voyez, on est sympas, uhuhu, on a même une chaîne purement ethnique : ne pouvons-nous pas considérer nos diverses chaînes, uhuhu, comme un bloc et obtenir une moyenne, afin de ne pas payer d'amende pour le non-respect sur notre chaîne principale, uhuhu ? ». Et là, si le CSA dit « Ok, uhuhu, aucun soupçon ne pèse sur vous, uhuhu, nous sommes entre nous, uhuhu», alors soudain se soulèvent des questions magistrales : « Quel est la raison de la loi, ses buts, et peut-on estimer la justesse des moyens qu'elle se donne ? » et surtout « Cela ne revient-il pas à un apartheid médiatique ? ». En un seul réglage, qui consiste à créer des groupes statistiques (ce que les personnes morales sont aux individus, quand ils se proclament des mêmes droits que les hommes) on vient d'un coup de franchir une limite éthique très grave.

On peut prendre un autre exemple (on peut en prendre pleins) qui peut illustrer comment les moyens que se donnent une loi produisent des résultats antinomiques avec ses buts initiaux.

2.7.2 - L'abus de suppositions

Il y a l'exemple de la loi qui stipule la saison de l'année à laquelle peuvent se produire les expulsions (de locataires qui ne paient pas leurs loyers) : elle veut éviter que les gens se retrouvent dehors en hiver, mais produit strictement ce résultat puisque les expulsions se dépêchent d'avoir lieu en octobre, pour ne pas devoir les reporter à l'année suivante. Enfin, des études ont montré que l'été peut être plus mortel que l'hiver, du moins selon les régions. Le présupposé de base n'était pas valable, et la loi n'était là que pour clamer son innocence face à la dureté du Système.

2.7.3 - Le contre-productif

Un autre exemple, on a imposé à tous les foyers de se doter de détecteurs de fumée, pour prévenir les 8000 victimes annuelles d'incendies domestiques, et la conséquence a été de produire des appareils qui n'ont même pas été pensés pour s'arrêter eux-mêmes en cas de fausse alerte (moustique qui passe devant le capteur, feux d'artifices...), alors que s'il est aussi sensible et s'il y a de la fumée, il pourrait se rallumer aussitôt après s'être arrêté automatiquement. Résultat, après avoir été débordés par des fausses alertes, les pompiers on décidé de ne plus s'inquiéter pour ces sonneries incessantes. Ainsi, tout l'intérêt de la loi s'est vu contrecarré, au point de la rendre contre-productive, en raison d'un seul paramètre qui consistait à faire que les alarmes puissent s'éteindre toutes seules. Le champ de ce qu'on n'avait pas prévu laisse toujours la place pour le remettre en cause.

Cela arrive si souvent qu'en cumulant la somme des erreurs commises on a abouti à une véritable civilisation orwellienne, où la façade imposée par l'autorité fait tout pour garder sa crédibilité malgré la distance aberrante prise avec les effets de leurs politiques.

C'est dire l'importance que peuvent avoir les fonctionnements, dont l'écriture est pourtant uniquement logique, sur l'émergence finale. Et évidemment la loi aura toujours un train de retard sur la façon dont se passent les choses.

2.8 - Les potentiels

Pendant la conception d'un logiciel, de multiples portes s'ouvrent vers des potentiels parfois extraordinaires. On aime ça et à la fois on le redoute, car parmi eux il y a toutes les failles du système. Ce qu'on veut c'est avoir un contrôle sur ces possibilités qui sont offertes, ou faciles à offrir. Par exemple, vous avez remarqué, il est impossible d'utiliser sa carte de crédit pour gagner de l'argent. Pourtant, ça rendrait les choses tellement plus simples. Faire cela aurait facilité la démonétisation, qui elle ne peut avoir lieu que si l'infrastructure est prête pour cela (et qui n'est pas souhaitable si des banques privées détiennent votre argent). Ce n'est qu'une possibilité qui a été bloquée, sans le dire à personne, et dont les enjeux sont d'ordres systémiques.

Il arrive souvent qu'on ne passe pas loin d'une catastrophe en informatique. Mais que voulez-vous, de grands pouvoirs impliquent de grandes responsabilités.

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