Voici comment il est possible de poursuivre des journalistes qui pratiquent le racolage aux « fuites » dans le cadre du Russiagate

11/08/2017 6 min arretsurinfo.ch #132057

Il peut y avoir matière à poursuites, dans le cas où solliciter des indiscrétions est une incitation à violer la loi et à rendre ainsi inopérante la protection traditionnelles assurée aux journalistes par le Premier Amendement de la Constitution sur la liberté de la presse et la Défense de l'intérêt public.

Alors qu'il n'y a jamais eu à mes yeux aucun doute sur le fait que les « fuiteurs » de la bureaucratie US, qui ont fait courir des histoires dommageables sur Donald Trump et son administration, violaient la loi, je présumais, comme la plupart des gens, que les journaux, les autres médias et les journalistes qui publiaient ces histoires ne la violaient pas.

Cela, à cause de la protection que, comme la plupart des gens, je croyais assurée aux journaux, aux autres médias et aux journalistes qui ont publié ces fuites, par le Ier Amendement de la Constitution US (qui protège explicitement la liberté de la presse) et par la Défense de l'intérêt public.

Mais, depuis quelque temps, j'ai commencé à nourrir des doutes, surtout à mesure que la campagne contre Donald Trump et son administration a commencé à prendre de l'ampleur, et que ces indiscrétions sont devenues de plus en plus cyniques et abusives.

Un reportage de Breitbart, évoqué dans un article de The Duran par mon collègue Alex Christoforou, n'a fait que renforcer ces doutes.

D'après ce reportage, il semblerait que certains journalistes et journaux, dont le New York Times, loin d'être les bénéficiaires passifs de ces indiscrétions, les ont au contraire sollicitées très activement.

Tout en ne me surprenant pas - ni moi ni personne, j'en suis sûr - je trouve que ceci ressemble fort à des journalistes incitant des fonctionnaires publics à violer la loi.

Si c'était le cas, à moins que cela soit fait dans quelque but réel d'intérêt public, je doute que la protection du 1 er Amendement soit d'application. Bien plus : si la sollicitation illégale d'indiscrétions susceptibles de nuire est activement encouragée par les journaux ou autres médias pour lesquels travaillent ces journalistes, je pense qu'il n'est pas inconcevable de penser que nous entrons dans le domaine de la conspiration.

Le point-clé est que - comme je l'ai écrit dans un récent article - les divulgations auxquelles nous assistons depuis l'élection de novembre ne peuvent pas être considérées comme du vrai journalisme d'investigation. Cela ressemble plutôt à une entreprise conjointe de certains fonctionnaires du gouvernement US, travaillant en étroite collaboration avec les médias libéraux pour mettre en difficulté et si possible renverser le Président constitutionnellement élu par le pays.

Je ne suis pas d'accord avec ceux qui nient le besoin d'une enquête de justice en disant qu'elle empêchera le lancement d'alertes. Rien, dans les fuites auxquelles nous avons assisté ces derniers mois, ne ressemble à un lancement d'alerte. Elles n'ont été, au contraire, qu'un cynique exercice de déstabilisation du Président et de son administration, en utilisant les médias pour répandre anonymement, sur lui, des histoires aussi préjudiciables que non corroborées. Ce faisant, elles n'ont pas sauvegardé la démocratie, elles l'ont sapée.

Le vétéran des commentateurs conservateurs Patrick Buchanan est du même avis :

« Mais on est en présence d'une histoire infiniment plus importante, dont le Post n'est qu'un petit signe. C'est l'histoire d'une campagne orchestrée, dans laquelle les médias anti-Trump publient des fuites, y compris des fuites criminelles, en provenance du FBI, de la CIA, de la NSA et du NSC, pour renverser un Président que les médias de la Beltway et leurs collaborateurs du Deep State méprisent et veulent détruire.

« Trump s'est-il associé avec Poutine pour battre Clinton ? exigent de savoir les médias de la Beltway, tandis qu'eux-mêmes s'associent tous les jours avec des criminels de l'État profond pour renverser le président des États-Unis. »

Ceci est une zone relativement complexe du droit - le cas qui fait jurisprudence aux USA semble être Brandenburg vs. Ohio - et je ne doute pas que les journalistes qui ont sollicité des fuites, et les journaux ou autres médias qui les emploient (et, bien sûr, leurs avocats) trouveront beaucoup à dire pour leur défense.

Il est non moins certain que si le Département de la Justice est persuadé qu'il y a légalement matière à poursuites contre des journalistes, ses poursuites devront sans doute être portées devant des tribunaux situés dans les états où les dits journalistes habitent et travaillent.

Comme ces endroits se trouvent, pour leur très grande majorité, sur les côtes est et ouest du pays - là où la fronde contre le Président est la plus virulente - le Département de la Justice aura probablement du mal à obtenir des condamnations devant les tribunaux de ces états.

Néanmoins, et malgré ces réserves, la possibilité de poursuites criminelles contre les journalistes, et peut-être contre les médias qui se sont engagés dans cette campagne d'« informations » préjudiciables au Président, ne me paraît pas aussi tirée par les cheveux qu'elle semblait l'être encore il y a peu.

Alexander Mercouris est un écrivain grec spécialisé dans les questions internationales, qui vit à Londres et porte un intérêt particulier à la Russie et au droit. Il a beaucoup écrit sur l'espionnage de la NSA et les événements d'Ukraine, sous l'angle des droits humains, du droit constitutionnel et du droit international. Il a travaillé pendant douze ans comme avocat pour les Cours Royales de Justice de Londres, plaidant surtout des affaires liées aux droits humains et au droit constitutionnel. Sa famille joue depuis plusieurs générations un rôle éminent dans la politique grecque. Il est aussi conférencier et intervient souvent à la télévision britannique en qualité de commentateur .

Alexander Mercouris | 9 août 2017

Article original : theduran.com

Source: lesgrossesorchadeslesamplesthalameges.skynetblogs.be

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