Venezuela : Une opposition déboussolée (Resumen Latinoamericano)

07/08/2017 6 min legrandsoir.info #131972

Carlos Aznarez

Si quelque chose a été définitivement clarifiée le 30 juillet dernier, c'est que la force de la réponse chaviste dans les urnes a non seulement ouvert la voie à la mise en œuvre de la Constituante et l'intégration des propositions révolutionnaires, mais a également servi à comprimer dans ses propres défroques une opposition désorientée. Précisément parce qu'elle n'a pas cet instrument si nécessaire aux marins ; ces derniers mois, les appels de la MUD sont allés dans tous les sens. Le résultat de ses propres divagations est que, si certains membres de la MUD se vantaient d'être le paradigme de la démocratie, ils continuaient à soutenir les actions fascistes caractérisées de leurs "jeunes", d'autres, non moins belliqueux, ont commencé à montrer leur lassitude face aux mauvais résultats de ces actions.

Ainsi, à l'occasion de quelques-unes des récentes attaques terroristes majeures comme celle commise à l'aide de bombes télécommandées contre la Garde nationale bolivarienne, exécutées quelques jours avant les élections et répétées dimanche dernier, laissant plusieurs automobilistes grièvement blessés par brûlures, ou lors de l'assaut de la caserne de la Carlota avec grenades et bazookas, il a été constaté que plusieurs membres d'Action Démocratique ont fait part de leur désaccord au membre du Congrès Freddy Guevara, de Volonté Populaire, qui sert de référence aux groupes les plus violents. Non seulement eux, mais aussi certains entrepreneurs liés au parti Primero Justicia, qui ont commencé à manifester leur mécontentement face aux difficultés provoquées par les "guarimbas" dans leurs propres quartiers. Une vidéo, très regardée, montre la femme d'un de ces entrepreneurs, insultée par plusieurs guarimberos de Volonté Populaire qui l'empêchent de passer le barrage routier dans un quartier de Caracas Est, et puis avec son 4X4, elle défonce la barricade de fortune et poursuit les voyous avec l'intention de les écraser.

Tout sent la défaite chez les chats hurlants de l'opposition, et le pire viendra lorsque les candidatures seront ouvertes pour présenter des candidats aux élections régionales et gouvernementales de décembre, puisque sur ces deux secteurs, les dirigeants de l'opposition ne sont pas d'accord sur la stratégie à adopter : participer ou laisser passer l'invitation en rêvant que le gouvernement "va bientôt tomber". Des milliers d'épithètes décriant son "opportunisme" ou sa "légèreté" sont tombés sur la tête du président d'une Assemblée nationale très dévaluée, Ramos Allup, en affirmant qu'il voulait concourir électoralement, laissant en mauvaise posture tous ceux qui souhaitent revenir dans la rue pour brûler des compatriotes, les frapper, les égorger avec des fils d'acier ou leur faire subir des lynchages massifs.

La vérité est que le Chavisme les rend fous. Quand ils ont assuré qu'à la fin juillet le chavisme serait rejeté, le peuple a fait resurgir le potentiel de cette construction politique qui va maintenant plus encore, chercher à générer depuis la Constituante, des avancées dans deux directions différentes. D'une part, envoyer un message vigoureux à sa propre base, à ces millions qui ont brisé les modèles et voté avec un mélange de rage et de joie, par autodéfense. Pour cette grande partie de la population, il est nécessaire de veiller à ce que les pouvoirs de l'État soient réorganisés et que la guerre économique soit vaincue par la volonté politique, par la participation de la base et la mobilisation permanente. L'autre tâche attendue est que le peuple jouisse d'une sécurité absolue pour pouvoir se déplacer, travailler, étudier et se mobiliser. Tout cela avec l'assurance que seul le peuple mobilisé sauvera le peuple. Sans bureaucrates, sans traîtres, sans corrompus. Avec l'héritage d'Hugo Chávez comme drapeau de combat.

D'autre part, adresser un message à l'opposition. A la plus violente, mais aussi à celle qui se dit "démocratique". Il ne devrait plus y avoir de place à la provocation et à l'exécution d'actions terroristes. Il n'est plus possible que de larges secteurs de la population soient menacés, kidnappés ou persécutés par la haine et la perversité que seul un comportement fasciste peut engendrer. Quiconque dépasse les limites et menace les chances de paix et de justice, doit ressentir tout le poids de la loi doit lui tomber dessus. Il n'y a plus de place pour l'impunité, et quiconque contournera cette décision devra faire face à l'unité politico-militaire qui soutient le gouvernement actuel. Par conséquent, que l'on fête le retour en prison des lâches instigateurs qui veulent détruire la cohabitation entre frères, voisins et familles vénézuéliennes. Ni Antonio Ledezma, ni Leopoldo Lopez ne semblent avoir lu que, dans l'histoire du pays des Caraïbes, il n'a jamais été écrit que l'on puisse provoquer tous les jours, des actions aussi brutales, aussi insensibles que celles de leurs guarimbas.

Enfin, face à la meute internationale dirigée par les États-Unis et l'Union européenne (ainsi que plusieurs vassaux latino-américains), il est fondamental de leur démontrer dans les faits que le Venezuela est souverain et qu'il répondra aux menaces en temps opportun. Ne laisser passer aucune sorte d'offense, mais au contraire réaffirmer que les élections jouissent d'une totale légitimité. Ceux qui aujourd'hui, sur notre continent, tirent sur le Venezuela, devraient tourner la tête vers leurs propres territoires, où l'on peut confirmer que ce sont tous des zones où la violation des droits de l'homme est devenu une routine. Ils sont bien loin d'être des porte-drapeaux de la liberté, mais plutôt les geôliers de leurs propres peuples qui, lorsque l'occasion se présente, les répudient et se débarrassent d'eux. Aujourd'hui, il n'y a pas un seul de ces rhéteurs de la déstabilisation internationale qui n'a pas de conflits sociaux internes, de manifestations, de violations des droits de l'homme, de prisonniers, de disparus, de vagues de licenciements et de dévaluations féroces. Cependant, ils veulent convaincre leurs populations que l'ennemi est le gouvernement de Nicolás Maduro. Quand ils s'y attendront le moins, ce mensonge leur explosera en pleine figure.

Personne ne peut rien avec un chavisme déchainé.

Carlos Aznarez
Journaliste argentin, Directeur de Resumen Latinoamericano

traduction Michel Taupin

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