15/05/2017 10 min rescommunis.net #128819

Agriculture Bio : comprendre les dessous d'un business

Bonjour,

Tout au long de cet article, Res Communis révèle, sous un autre angle, les faces cachées du BIO. Il s'agit ni plus ni moins d'un prolongement de l'article Pesticides toxiques : la face cachée de l'agriculture biologique., publié le 02 mai 2017.

A ce stade, vous pourriez vous questionner sur les intentions du site et vous dire : « Mais pourquoi donc s'attaquer au BIO ? ». La réponse est simplissime : parce que certains faits doivent être rapportés. Si vous êtes un lecteur assidu du site, alors vous connaissez pertinemment notre point de vue. En effet, notre position est la suivante. Dire que le BIO est mieux que le conventionnel, à tous les niveaux, est indéniable, mais de là à dire que le BIO est l'idéal... certainement pas.

Avant d'entamer la lecture du présent article, compreniez bien que l'objectif du site est de vous informer sur des enjeux vitaux dont vous n'entendriez pas parler ailleurs. Pour rappel, sachez encore que l'honnêteté et l'objectivité sont les deux valeurs sur lesquelles se base le site Res Communis. Informer et aider, et non divertir et amuser, telles sont les vraies motivations du site.

Pour devenir maître de sa santé, il est bon de savoir ce que les autres ignorent.

Comme le disait Coluche, « ce n'est pas parce qu'ils sont beaucoup à avoir tort qu'ils ont forcément raison ». Ce qui est certain, en termes de nutrition, c'est que la société moderne mène tout le monde en bateau pour maximiser es profits. Ici, sur Res Communis, on s'investit véritablement pour VOUS aider et pour VOTRE santé.

Que vous soyez intrigués, curieux ou intéressés par l'intitulé du sujet... joignez-vous à nous et vous en ressortirez mieux informés.

Maintenant, trêve d'avant-propos et place au sujet du jour !

Petit rappel concernant le BIO

Très simplement, l'Agriculture biologique promeut un mode d'agriculture dépourvu au maximum de produits « chimiques » et visant à revenir à des pratiques plus naturelles (ex : la jachère).

Toutefois, connaissez-vous l'historique de ce terme ? Si ce n'est pas le cas, sachez qu'il est vraiment récent dans la mesure où il n'a même pas 70 ans d'existence. En effet, il est apparu au début des années 50. Il fût créé pour lutter contre le système de production agricole « chimique » (car usage de produits de synthèse), qui s'était alors progressivement installé depuis le 19ème siècle.

En règle générale, les agriculteurs labellisés « BIO » sont tenus de respecter un cahier des charges plus ou moins strict pour conserver leur(s) label(s), dont le fameux label AB. Voici les grandes obligations inhérentes au BIO :

  • Utilisation de produits (engrais) d'origine naturelle ;
  • Interdiction quasi-totale, sauf exception, d'intrants d'origine chimique ;
  • Élevages peu intensifs, rotation modérée des cultures, etc. de façon à préserver la richesse des sols (reconstitution naturelle).

En agriculture BIO, il est obligatoire de fertiliser via l'apport de substances d'origine organique, animale ou végétale, tous répertoriés sur une liste.

Agriculture biologique... une sémantique imparfaite !

Connaissez-vous la définition des termes « agriculture » et « biologique » ? En se penchant dessus, on apprend beaucoup de faits très utiles.

Chez Larousse, on désigne l'agriculture comme étant « l'ensemble des travaux dont le sol fait l'objet en vue d'une production végétale ». Des travaux ? Ah, donc on parle de torturer la Terre, n'est-ce pas ? Malheureusement, c'est bien le cas. Le mot « travail » dérive effectivement du latin « tripalium » qui désignait autrefois un instrument de torture. Donc, faire des travaux dans le sol, c'est lui faire mal. N'oubliez pas que la surface de la Terre, sur laquelle nous vivons, est peuplée d'innombrables espèces et que la vie y est plus qu'omniprésente.

Toujours pour Larousse, biologique est « relatif à la production de denrées naturelles non traitées chimiquement ». Mais cette définition est absolument incomplète puisqu'elle devrait stipuler, à l'origine même, l'absence d'intervention de l'Homme.

Avec un tant soit peu de bon sens, il est aisé de comprendre que ce n'est pas le grand amour entre les mots « agriculture » et « biologique ». Pourtant, on les associe fréquemment. D'un côté, le terme « agriculture » fait part de l'exploitation de la surface de la Terre par l'Homme. De l'autre côté, le terme « biologique » fait part du processus naturel, donc sans intervention humaine, par lequel un aliment voit le jour.

Ainsi, sémantiquement parlant, peut être dit « biologique » tout aliment « sauvage », à savoir un aliment ayant poussé dans la plus lointaine nature et dépourvu d'action de l'Homme. Dans cette dernière, il aura été en mesure de développer ses propres défenses, dans un milieu hostile qui plus est. Enfin, il aura aussi évolué sans la moindre pollution chimico-atmosphérique.

Donc, c'est une aberration d'annoncer que des aliments produits en masse dans des champs dépourvus de pesticides sont BIO.

Au cœur du bio, le conseil de l'UE

A chaque fois qu'on entend parler du BIO, on entend des gens vanter des cahiers des charges soi-disant très stricts, respectueux d'autrui et de l'environnement, dont on ne connaît finalement rien.

En réfléchissant un peu, la question suivante coule de source. D'où vient le cahier des charges de l'agriculture biologique et son application est-elle toujours réglementaire ?

Puisque nous vivons le plus parfait des mondes, où le bien-être général est la priorité (ironie), il est vraisemblable de se dire que cette question va probablement soulever quelques problèmes. Et, effectivement, énormément de faits sont tus... ce qui es consternant. Explications...

Le cœur de l'agriculture est régi par un règlement européen. Il s'agit du « règlement (CE) n° 834/2007 du conseil du 28 juin 2007 relatif à la production biologique et à l'étiquetage des produits biologiques et abrogeant le règlement (CEE) n° 2092/91 »

Pour faire simple, le règlement (CE) N° 834/2007 c'est : « l'ensemble des règles à suivre concernant la production, la transformation, la distribution, l'importation, le contrôle et l'étiquetage des produits biologiques ». Il est enrichi par des règlements d'application, en particulier le règlement (CE) n° 889/2008.

Est-ce que le BIO l'est réellement dans 100% des cas ?

En réalité, le bio est (et peut être) très éloigné de ce qu'on peut imaginer. D'ailleurs, voici d'excellents passages d'un article du Huff Post intitulé « Les produits labellisés agriculture biologique sont-ils vraiment bio ? » et écrit en 2012.

  1. Il ne suffit pas qu'un produit porte la mention « bio », pour que celui-ci soit bio. La mention « bio », qu'on peut trouver sur certains jus de fruits ou dans des soupes par exemple, indique seulement qu'une partie du produit est issue de l'agriculture biologique. Pour savoir dans quelle proportion, jetez un œil sur l'étiquette. Pour qu'un produit soit véritablement bio, celui-ci doit avoir été produit dans certaines conditions qui peuvent varier en fonction des différents labels.
  2. Le label AB garanti que 95% des ingrédients d'un produit sont issus de l'agriculture biologique. [.].. Depuis 2009, les règles définissant le label AB sont alignées sur celles de l'Union européenne. Elles restent strictes et autorisent la présence de traces d'OGM s'ils constituent moins de 0,9% du produit. Le label AB garantit le respect des règles françaises et européennes et la certification placée sous le contrôle d'un organisme agréé par le pouvoir public.
  3. Non [le label AB ne garantit pas que le produit soit d'origine française]. Si, c'était le cas avant, ça ne l'est plus maintenant. Les règles européennes étant harmonisées, tout produit en provenance de l'UE peut porter le label AB. Celui-ci devrait progressivement disparaître pour laisser place au label européen, qui sera bientôt le plus répandu.
  4. En France, le label AB est délivré par l'Agence Bio, qui est une agence gouvernementale.

Le trafic de produits BIO

Toujours selon l'article du Huff Post, on se rend compte qu'il y a beaucoup à redire concernant le trafic de produits BIO. Voici d'autres très bon passages de l'article « Les produits labellisés agriculture biologique sont-ils vraiment bio ? ».

  1. [A propos des produits « BIO » hors UE] C'est là que le bât blesse. Si le produit est originaire d'Europe, alors pas de problème. Les contrôles sont stricts, les certifications sont fiables et les règles unifiées dans l'Union. En revanche, si le produit provient de l'extérieur de l'UE, il peut avoir été certifié par un organisme étranger à l'UE où les règles sont moins strictes et porter le logo agriculture biologique de l'Union, une fois entré sur le territoire.
  2. [Existe-t-il des faux produits « BIO » ?] Oui. Les autorités retirent régulièrement de la vente des produits estampillés bio sur lesquels des traces de pesticides ont pu être retrouvées. Début 2012, c'est même tout un trafic de produits bio entre la Roumanie et l'Italie qui avait été démantelé. Les trafiquants achetaient des céréales issues de l'agriculture conventionnelle en Roumanie, les ré-emballaient et leur faisaient obtenir une fausse certification biologique en Italie, avant de les écouler dans toute l'Europe. Mafia, producteurs mus par l'appât du gain, certificateurs corrompus, cette affaire rappelle que tout n'est pas rose dans le monde de l'agriculture biologique.

Conclusion

Selon l'article du Huff Post, on apprend également que les consommateurs d'aliments BIO sont bien moins exposés aux pesticides. En 2003, l'AFSSA (désormais ANSES) a rassemblé et évalué l'ensemble des données disponibles sur le sujet, dans un rapport intitulé « Évaluation nutritionnelle et sanitaire des aliments issus de l'agriculture biologique ». Sur la base de près de 300 articles scientifiques, l'AFSSA en a conclu que le bio était globalement bien plus riche en nutriments et antioxydants... mais pas tous les produits.

Ainsi, comme vous avez pu le constater à travers cet article, le BIO est loin d'être exempt de tout reproche mais demeure, néanmoins, bien mieux pour votre santé que le conventionnel.

Prenez soin de vous. A bientôt.

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