15/05/2017 4 min lesmoutonsenrages.fr libéralisme privatisations Véolia #128815

Veolia à La Baule: «Plage privatisée», «Coca à 8euros»... Commerçants et habitants vent debout....

Véolia a obtenu la concession de la plage de la Baule. Y a-t-il eu appel d'offres ? Voilà le néo-libéralisme « en marche », les 35 restaurants et établissements de la plage de La Baule, en Loire-Atlantique, se mobilisent contre le contrat de concession qu'a obtenu Veolia pour 12 ans. Le charme et les couleurs, vont faire place à l'uniformité. Les moutons paieront bêêêêê!!.

Il y a le ciel, le soleil, l'océan... et Veolia. Ce dimanche à La Baule, alors que les touristes mangent tranquillement leur glace sur le remblai, le nom de l'entreprise (spécialisée dans la gestion de l'eau et des déchets) est sur les lèvres d'une majorité de commerçants et d'habitants. « Un gros groupe comme ça, ça n'annonce rien de bon, juge Pascal, qui promène son chien. Attendons de voir, mais je crains le pire. »

Mi-décembre, le groupe a en effet obtenu la gestion, pendant 12 ans, des 5,4 km de la plage de Loire-Atlantique où sont installés 35 établissements, à même le sable. Seul candidat, il a notamment l'objectif de faire appliquer le décret plage de 2006, que la municipalité (qui s'occupait jusque-là de la gestion du site) n'avait pas mis en œuvre, avançant des « lourdeurs administratives ». Veolia sera aussi en charge de la rénovation des accès et de l'entretien de la plus grande plage d'Europe.

« Privatisation sauvage »

Sauf que la nouvelle ne plaît pas à tout le monde. Si Veolia rappelle qu'il s'agit d'une concession, les patrons des restaurants, bars ou clubs de voile (8,5 millions d'euros de chiffres d'affaires), dénoncent de leur côté « une privatisation sauvage ». Car les nouvelles règles, prévues dans un appel d'offres auquel ils ont jusqu'à fin juin pour répondre s'ils veulent espérer continuer leur activité, ne passent pas.

« La redevance va plus que doubler en quatre ans (de 380.000 à 805.000 euros selon l'association des commerçants). Et pour justifier cette hausse, on nous demande de nous agrandir, jusqu'à 40 mètres vers l'eau, explique Patrick Couderc, le patron du Beach Bar. Actuellement, j'ai de la place pour 20 matelas et c'est suffisant. Je n'ai pas envie d'en mettre 80 et de bouffer de l'espace aux familles qui profitent de la plage. De toute façon, on n'aura pas la densité de clientèle pour remplir cet espace. Et ici, ce n'est pas la côte d'Azur ! »

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La Baule va « perdre de son charme »

Un peu plus loin, au Punch in Baule, Alain et Mauricette, pieds nus, sirotent un verre. Les deux retraités, qui s'inquiètent aussi de ce changement de main, craignent que la station balnéaire ne « perde de son charme ». Car d'ici la fin 2017-début 2018, les petits bâtiments en dur seront rasés, et les nouvelles structures, démontables, répondront à un cahier des charges bien précis et uniformisé.

« Ça fait 20 ans que je m'investis dans mon bar, dans sa déco, et je vais devoir tout changer, déplore Doudou, la patronne. Je vais devoir ranger toutes mes couleurs pour qu'au final, on se ressemble tous. Quant à la surface supplémentaire à gérer, ça veut dire embaucher du personnel... Sans compter qu'avec la marée, on va souvent avoir les pieds dans l'eau ! »

Vers une augmentation des prix ?

Selon Loic Durand-Raucher, le président de l'association La plage cœur de la Baule qui regroupe les 35 commerçants, l'objectif de Veolia est en fait « de se faire du pognon sur le dos des exploitants, et donc du public ». « Pour s'en sortir, on va être obligés d'augmenter les prix, le Coca à 4 euros va passer à 8, menace le commerçant. Nous voulons continuer à accueillir les gens dans des conditions qui plaisent tout le monde, et qui soient dans l'état d'esprit familial de La Baule. »

Selon lui, la seule solution est que la ville revienne vite dans les discussions. L'association a également déposé un recours devant le tribunal administratif de Nantes pour casser le contrat accordé à Veolia.

Source 20Minutes

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