16/03/2017 4 min ruptures-presse.fr Brexit Royaume-Uni #126306

guy Verhofstadt à propos des Anglais : « ils sont perdus ! »

Lundi 13 au soir, la Chambre des communes a définitivement autorisé le Premier ministre britannique, Theresa May, à déclencher officiellement la procédure du Brexit. Pourtant, les adversaires de ce dernier n'admettent toujours pas leur défaite.

Tant à l'intérieur du Royaume-Uni qu'au sein des instances européennes, ils n'ont eu de cesse, depuis le référendum du 23 juin (51,9% pour la sortie), de multiplier chicanes et manœuvres de retardement. En particulier, ils avaient obtenu que le Parlement britannique se prononce avant le déclenchement du processus de divorce.

Dernier épisode en date : la très aristocratique Chambre des Lords avait ajouté deux amendements au projet de sortie, afin de plomber celui-ci. L'un portait sur les garanties qui seraient accordées aux ressortissants communautaires résidant dans le Royaume, l'autre sur l'obligation d'un nouveau vote parlementaire à l'issue des négociations avec l'UE (censées durer dix-huit mois).

Finalement, la Chambre basse a annulé lesdits amendements. Mme May devrait donc bientôt envoyer une lettre officielle à Bruxelles signifiant la volonté britannique de quitter l'Union en invoquant pour cela l'article 50 des traités européens. Elle pourra ainsi tenir les délais sur lesquels elle s'était initialement engagée, en l'occurrence « avant la fin du mois de mars ». Un Conseil européen extraordinaire devrait être convoqué le 6 avril.

La colère de Mme Sturgeon

Cela a conforté la colère de Nicola Sturgeon, le Premier ministre écossais. Mme Sturgeon a toujours affirmé qu'elle comptait s'appuyer sur le vote de cette province - seule une minorité de 38% s'y est prononcée en faveur du Brexit - pour demander un statut spécial. Le salut de l'Ecosse exige de rester dans le marché unique européen, n'a-t-elle cessé de répéter.

Après l'annonce du vote de Westminster, Mme Sturgeon a martelé que, décidément, Londres faisait preuve d'arrogance. Et a donc confirmé sa volonté d'organiser un second référendum sur l'indépendance de l'Ecosse. Le premier s'était tenu en septembre 2014 ; les Ecossais avaient alors rejeté cette perspective par 55,4% des suffrages.

Mais Nicola Sturgeon, et son parti indépendantiste (le SNP) font valoir que le Brexit a désormais changé la donne. Flanqué des Verts écossais également favorables à l'indépendance, le SNP devrait donc trouver une majorité au Parlement d'Edimbourg pour réclamer une telle consultation. Le débat devrait avoir lieu le 22 mars.

Mme Sturgeon a confirmé sa volonté d'organiser un second référendum sur l'indépendance de l'Ecosse.

Cependant, un tel référendum ne pourra avoir lieu sans l'aval de Londres. Mme May n'a pas dit clairement si elle entendait bloquer cette proposition. Elle semble en tout cas défavorable à ce que le vote se tienne avant l'issue des négociations avec Bruxelles, comme l'exige Mme Sturgeon.

La manœuvre de cette dernière pourrait bien relever du coup de poker. Si Londres refuse un référendum, elle espère bien en tirer argument pour démontrer l'« arrogance » des Anglais. Mais si la consultation devait se tenir, un résultat favorable à l'indépendance est loin d'être acquis. D'autant que plusieurs facteurs économiques pourraient amener les électeurs écossais à infliger un désaveu aux partisans de la sécession peut-être plus sévère encore qu'en 2014. Et même dans l'hypothèse d'une victoire de l'indépendance écossaise, l'adhésion de l'Ecosse à l'UE serait très loin d'être acquise...

« Ils sont perdus ! »

Pendant ce temps, certains, à Bruxelles, continuent à fantasmer. Ainsi, le chef négociateur du Brexit pour le compte du parlement européen, l'eurofanatique Guy Verhofstadt, a affirmé devant les micros de la BBC que les Britanniques étaient sous le coup d'un « choc émotionnel » face à la perspective du Brexit. « Ils sont perdus » a même diagnostiqué le docteur Verhofstadt...

Quant au président de la Commission, il a martelé que la sortie du Royaume-Uni pouvait donner un nouvel élan à l'UE : « j'ai l'impression que le Brexit encourage les autres à continuer (...) l'intégration gagne de plus en plus l'adhésion de la population ». Nul ne sait exactement dans quelle boule de cristal Jean-Claude Juncker a lu cette étonnante analyse, d'autant qu'il y a quelques semaines, il avait avoué, à l'inverse, son profond pessimisme.

A l'issue du Conseil européen informel du 10 mars, il lâchait : « un jour viendra où les Britanniques auront envie de réembarquer, je l'espère ».

Reste à savoir si le bateau n'aura pas sombré d'ici là...

ruptures-presse.fr

 commentaire