Suicide d'un cheminot délégué syndical : le management de la Sncf mis en cause

15/03/2017 3 min bastamag.net  suicide 126275

Un rassemblement intersyndical se tient ce mercredi matin, 15 mars, à la gare Saint-Lazare à Paris pour demander des comptes à la direction de la SNCF suite au suicide d'Édouard, cheminot. Celui-ci s'est jeté sous un train le week-end dernier [1 ]. Pour le syndicat Sud Rail, auquel appartenait l'agent qui a mis fin à ses jours, le travail est directement en cause dans le suicide de leur camarade. « Depuis plusieurs années, il était attaqué par une direction qui ne supportait pas son engagement syndical mis au service de la défense de ses collègues et sa lutte contre les injustices », signale l'organisation syndicale dans un communiqué.

Répression syndicale et risques de suicides

En août dernier, suite à un « regard menaçant » qu'il aurait adressé à son manager, qui lui reprochait aussi de « parler trop fort », le cheminot décédé avait été convoqué à un entretien. « Il y a ensuite eu un conseil de discipline, avec une mise à pied de douze jours, décrit Bruno Poncet. Il a aussi eu un "dernier avertissement avant licenciement". À cela s'est ajoutée une mutation disciplinaire, qui lui imposait de changer de lieu de travail, alors même que le médecin du travail avait dit qu'un changement de lieu et de collectif de travail pourraient lui être dommageable, Édouard étant reconnu comme travailleur handicapé. » Selon les syndicats, la répression syndicale est courante au sein de la SNCF, et les conseils de disciplines suivis de licenciements se multiplient.

« Nous avons de plus en plus de dossiers en cours », assure Bruno Poncet, qui signale par ailleurs que les conditions de travail « se détériorent très sérieusement pour tout le personnel », qu'il soit syndiqué ou pas. « On a des systèmes de management proches de ceux un temps pratiqués au sein d'Orange, et qui avaient mené à une vague de suicides », avertit le syndicaliste. Contactée, la direction a renvoyé Basta ! vers la dépêche AFP dans laquelle elle mentionne que le cheminot qui s'est suicidé avait « a priori des relations tendues avec ses dirigeants », et qu'une « enquête de police était en cours ».

bastamag.net

 commentaire